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Patlabor - WXIII

Patlabor est décidément un univers qui ne se démode pas. Depuis sa première apparition à l'écran en 1988, il y a eu plusieurs mini-séries, des OAV et des films, le plus récent étant celui dont il est question ici : Patlabor WXIII. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis le film précédent, fait en 1993, et c'est une mini-révolution pour l'univers de Patlabor. Une révolution qui ne se fait hélas pas toujours dans le bon sens.

De nombreux accidents surviennent parmis les labors travaillant près de la baie de Tokyo. Et dans le même temps, des pècheurs ont commencé à attraper des Gobis géants dans leur filets. Mais le plus étonnant reste cette équipe d'océanographe dont le robot manipulateur sous marin s'est fait attaqué et détruire par une créature étrange. Deux enquèteurs se chargent de l'enquète, avec pour premier indice le fait que tous les problèmes ont survenus sur des machines d'une marque bien précise. Les choses se compliquent très vite lorsqu'ils découvrent que ces évènements sont liés au développement d'une arme biologique, le WXIII-Wasted Thirteen.

Par rapport aux deux opus précédents, ce film de Patlabor représente une révolution, que ce soit sur le plan technique ou scénaristique.

Tout d'abord, on remarque la quasi absence de la section 2 des véhicules spéciaux, qui était auparavant le centre de toutes les attentions. Bien sûr, on les croise ici et là et ils jouent tout de même un rôle important dans le dénouement, mais ils ne tiennent plus du tout le premier rôle. Celui ci est laissé à deux inconnus parfait qui ont presque tout du cliché jeune flic/vieux flic. Le premier est jeune, fort et beau, un peu naïf, séduisant, mais solitaire. Le second est boiteux, fatigué, rusé, c'est un vieux de la vieille à qui on ne la fait pas. Lui aussi est un grand solitaire, qui s'est fait quitter par sa femme et ses enfants, et qui se réfugie dans sa musique classique. Des clichés donc, qui font parfois un peu penser aux personnages de Ghost In The Shell. D'ailleurs, la ressemblance avec cette autre série va un peu plus loin que celle entre les personnages. On trouve dans ce film de loooooongues scènes pendant lesquelles un personnages va faire ses courses par exemple, ou bien tout autre action inutile au développement du film, mais servant à établir une ambiance. Et c'est réussi. Le film possède sa propre atmosphère, lente, posée, mais pas relaxante pour autant. Hélas, les scènes d'action en patissent. Au milieu de tout ce calme, elles n'arrivent pas à nous surprendre. Elles sont elles aussi un peu traînantes, ce qui est plutôt dommage. D'autant plus que leur issue est à chaque fois quasiment certaine.
Et c'est là le gros point noir de cette série : rien ne nous surprend. Une fois que les personnages principaux ont été identifiés, on sait qu'ils s'en sortiront toujours, mais que les personnages très secondaires (en dehors des deux héros, et d'une personne bien précise, on ne peut pas dire que les autres personnages soient fouillés) ne sont que de la chair à canon. De la même manière, on peut en déduire l'issue de l'intrigue. Il suffit de faire attention aux détails, car rien, vraiment rien, n'est là par hasard. Tout ce que vous pouvez voir vous sera à un moment recraché au visage en tant qu'élément indispensable dans l'enquète. Vraiment dommage. Quitte à faire de longues scènes pour s'intéresser aux personnages, autant faire des scènes vraiment inutiles pour nous les faire découvrir afin que l'on s'attache. Mais il aurait fallu pour cela sortir du carcan des clichés habituels sur les enquèteurs.

Côté technique, par contre, c'est irréprochable. Peu de 3D “visible”, mais tout s'anime bien, les mouvements sont fluides, le trait est net et précis, les couleurs un peu passées collent parfaitement à l'ambiance du film... Vraiment, de ce coté c'est une réussite. Mais pour un film de 2002, c'est assez normal. D'autant plus que c'est le studio MadHouse (Beck, Abenobashi, Tokyo Godfathers...)qui s'est occupé de la réalisation.

Patlabor WXIII est un film un peu décevant, bien qu'apportant son lot de nouveautés à l'univers. Il se regarde bien, mais on n'en retiendra pas grand chose. Les ficelles sont trop grosses, les personnages trop peu fouillés pour qu'il soit une vraie référence.

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Texhnolyze

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