8.5/10

Pavillon des Hommes (Le)

Surprenant et diablement prenant, Le Pavillon des Hommes est à considérer comme une référence du jôsei.

Un drame a fragilisé le Japon ! Une terrible épidémie - la variole du Tengu qui touche exclusivement les êtres masculins - tue de nombreux jeunes et moins jeunes gens, sans distinction de classe. Le shôgun Iemitsu fait partie des victimes. Six ans plus tard, le pays ignore encore le décès d'Iemistu, et à l'intérieur du palais, persécutions et manipulations se nouent afin de préserver ce secret. En se rendant au palais pour présenter les hommages de l'empereur au shôgun, Arikoto - jeune et beau religieux - ne se doute pas qu'il va se retrouver prisonnier des intrigues de la cour, faisant ainsi face à l'inhumanité des pratiques et des membres de la cour.

Le Pavillon des Hommes
Le Pavillon des Hommes
Fumi Yoshinaga (All my Darling Daughters) arrive avec un nouveau titre plein de promesses dans un genre totalement différent de son one-shot. Le Pavillon des Hommes est une uchronie sur la prise de pouvoirs par les femmes du shogunat à la suite de la diminution de la population masculine. Devenant une société matriarcale, c'est l'ensemble des règles change : le quartier des plaisirs devient le lieu de prostitution masculine, les femmes assument l'ensemble des tâches agricoles, les hommes représentent de véritables marchandises... Mais l'auteur se centre sur le lieu de décision, ce fameux pavillon, sorte de harem du shogun, où s'engagent luttes de pouvoirs, complots et dissimulations en tout genre. Intriguant, ce jôsei parait plus vrai que nature. L'auteur redéfinit le cadre et les règles du jeu du Bakufu, de l'époque des samouraïs.

Par ailleurs, les histoires de cœur possèdent une âme. Elles se révèlent troublants et profondément touchantes dans l'expression des relations humaines. Dramatiques à souhait. D'autant plus qu'elles sont vus par les yeux d'hommes (Mizuno puis Arikoto) aux trajectoires différentes. La subtilité de Yoshinaga et sa narration pleine de surprises suscite l'intérêt du lecteur à chaque nouvel événement arrivant au pavillon.

Le coup de crayon de l'auteur est aussi doux qu'un sac de plumes. Les visages très féminins des principaux acteurs masculins de l'intrigue laissent une impression d'harmonie. Le sens du détail et le remplissage de Yoshinaga suffit à faire le reste. L'ensemble est concret et de bonne facture, sans surcharge inconsidéré. D'une sobriété à toute épreuve.

Une référence en la matière. Le Pavillon des Hommes se montre sous son meilleur jour. Seul reproche minime, Kana a déjà quasiment rattrapé l'édition japonaise, par conséquent le rythme de parution risque d'être longuet. Subtil et intelligent, ce titre se destine à tous, faisant l'étalage d'une situation à réfléchir.

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2 commentaires

  • Anonyme

    27/07/2010 à 19h29

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    Voilà une critique qui donne envie de lire la suite!Cependant, si je puis me permettre, c'est Bakufu et non Bafuku 

  • juro

    27/07/2010 à 23h09

    Répondre

    Corrigé !

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