6.5/10

Peach Girl

Dans la vie, au Japon, il y a des filles blondes et bronzées. La société n'aime pas ces filles blondes et bronzées. Elle les stigmatise, devant l'absolu, comme étant à proprement parler des filles de petite vertu. En effet, dans une société où les conventions sociales sont des murs sociaux qu'il ne vaut mieux pas tenter d'escalader, les filles blondes et bronzées sont, aussi rapidement que la foudre atteignant le joyeux bûcheron truculent au fond de la forêt se brossant les dents, assimilées à ces jeunes lycéennes qui vendent leur corps afin de faire subsister leur collection de produits de luxe.

Peach Girl
Peach Girl
Mais Momo Adachi est une fille blonde et bronzée pas comme les autres. Elle est gentille et innocente. Elle est secrètement amoureuse de Tôji (que nous appellerons, pour des raisons dialectiques, Krostoff), un ami d'enfance. Leur relation naissante et déjà tumultueuse sera ébranlée par des canaux extérieurs, et à l'échelle interne, par la légendaire ineptie de Krostoff. Ainsi, Sae (que nous appellerons, pour des raisons tantriques, Crakën), amie un peu faux-cul sur les bords et même au-delà des bords (et, qui sait ? Peut-être même encore plus loin, transcendant ainsi la notion même de faux-cul !!!) qui fera tout pour briser leur union idyllique.

Car, effectivement, Crakën est, à l'intérieur, une fille blonde et bronzée ; une fourbesse pervertie par un matérialisme rutilant, dont l'avatar capitaliste s'exprime avec une fougueuse intensité dans la société nippone. Pourrie, Crakën l'est jusqu'au bout des ongles, car elle n'a jamais appris à n'avoir d'égard qu'à son identité propre et à ses référents extérieurs. En l'occurrence, sa sensibilité à l'égard du regard des autruis autour d'elle la pousse à se camoufler derrière une apparence trompeuse de bienséance et d'innocence. Ce reflet erroné d'un karma destructeur, possessif et immature cache au cosmos sa véritable nature en tant que telle. Crakën, perdue par son absorption à l'intérieur de sa propre identité, est trop emmurée dans sa matrice mentale égocentrique. Elle se révèle inapte à extérioriser de quelconques sentiments sincères tournés vers autre chose que son propre soi-même. Il faut alors insister sur la puissance et le rôle que jouent les métastases idéologiques répandues par le consumérisme qui glace tel un glaçon géant les coeurs les plus brûlants d'exaltation transcendantale. Car, en effet, par delà le glaçon, il y a l'Arctique des sentiments, une mer qui sépare inlassablement Crakën de toute humanité viable. La douce mégère n'a d'actes que pour rendre jalouse son amie Momo et ainsi supplanter son bonheur.

Un tel profil dénote assurément des connivences sataniques dignes d'un grand méchant loup dans un mixer. Tout comme son homologue canin, Crakën cumule d'une part une dimension profonde et réaliste parlant un langage pierreux, celui des entrailles les plus profondes des recoins de l'âme humaine. D'autre part, elle représente une resucée des thèmes manichéens dont elle incarne l'aspect vil et ténébreux. Le brouillis des facettes se fait au bénéfice de la seconde, qui s'étend dans des dédales complexes d'identités brumeuses pour n'en ressortir qu'en étouffant la première.
Ainsi, voilà que l'un des acteurs de ce néo-drame, malgré une noble et réussie tentative d'osmose entre archétype et dynamique humaine, devient, sans doute par ses actes, la représentation juvénile du MAL. Que faire, que dire encore, face à tant de MAL ? Un seul antidote est connu de nous pour endiguer les effets d'un tel cercle dévastateur : le BIEN. D'où vient-il, quel est-il ? Il ne nous incombe pas de répondre à de telles considérations, touchant largement par nature la sphère de l'existentiel. Cependant, en restant à la lumière de notre oeuvre, il n'est que de constater la pâleur excessive de certains personnages, dandinant leurs apparats psychiques estompés d'un bout à l'autre de l'oeuvre.

Ce simulacre de vie quotidienne n'irriguera que les esprits transis par les horizons bourbeux, néfastes et romantiques vaporisés par Miwa Ueda. Hurlant sa douce mélodie diluvienne, Peach Girl fait de ce qu'est son essence sa plus grande arme mais aussi son plus redoutable marasme. Car si ce manga n'est pas forcément con, il faut bien dire ce qui est : appelons un chat un chat et disons bel et bien, haut et fort sur tous les toits de la ville en liesse et en délire extasié que le dessin, les dialogues et autres supputations primaires du même ordre font perdre toute la crédibilité emmagasinée par les supputations secondaires et tertiaires que sont les messages sociaux et humains d'une jeunesse japonaise et dépravée fondée sur l'apparence et des codes stricts et hypocrites comme l'est Crakën, qui représente en quelque sorte l'élève japonais modèle.

S'il ne fallait retenir qu'une seule chose de ce manga, c'est sans nul doute sa quintessence burlesquement absurde, qui verse, dans une amphore aux allures gargantuesques et effilochées de toutes parts, l'originel postulat d'une fringuante gargarisation de l'âme humaine. Cette saga déboutonne et déshabille le sempiternel qui s'empare du rubicon social sylleptique atteint par l'infamie spirituelle. Mais est-ce qu'au delà de telles assimilations perdues, nous pourrons destituer fatalement l'aporisme crémeux et délateur d'une mission perpétuelle et catalytique de l'envers masqué ? Dans la clepsydre momentanée et crapottante, s'insinue l'entier genre humain, certes décontenancée par la turpitude d'une valse à trois temps et d'un genre qui est sien entre tout autre. Mais, malgré toute différentiation plurielle et post-embryonnaire, la vie de ce manga suppure dans un caveau vénal d'une destinée hantée par le tapir flamboyant de la colère rougeoyante et irraisonnable. De cette conception brechtienne, désaxée dans toute ses mandibules retorses, émane une abstraction teintée d'ego traduite par les paroles de Momo même : 'Je... Me... Je... Je...'.

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Cobra

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19 commentaires

  • Danorah

    04/02/2006 à 12h23

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    J'adore cette critique

  • juro

    04/02/2006 à 12h27

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    Pour votre santé, l'abus de substances illicites en écrivant une critique est dangereux... la preuve

  • Koven

    05/02/2006 à 01h23

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    Ce manga ne méritait pas une critique pédante et stérile de la sorte... =(

  • Djak

    05/02/2006 à 13h18

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    le style est certe pédant mais surtout une grosse blague.
    Après qu'au final on ne comprenne pas complètement les propos de l'auteur sur la critique certes.
    Mais bon il me semble que regarder la seul couvertue de Peach Girl te donnera le ton du manga.
    heureusement que un ton comme celui la a été donné sur un tel manga et non sur un manga traitant de sujets plus sérieux.

    Libre a toi de compléter la critique

  • Koven

    05/02/2006 à 15h25

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    Je me doute bien qu'il s'agit d'une blague, mais je ne vois pas l'intérêt d'écrire entièrement l'article de cette façon. Au début de la lecture, je pensais que Jade prenait ce ton pour plaisanter le temps d'un paragraphe.
    En ce qui concerne les couvertures, je les trouve particulièrement hideuses. Elles laissent supposer une histoire mièvre et pleine de bons sentiments. Mais je trouve que ce n'est absolument pas le cas et qu'elles ne reflètent pas à mon sens le contenu du manga (bon je triche un peu en disant ça vu que j'ai seulement regardé l'anime, qui est cependant très fidèle au manga).
    Tant qu'à s'intéresser à ce manga, autant en faire une critique qui serve à quelque chose, là je doute que quelqu'un ait pu se faire une petite idée de Peach Girl.

  • juro

    05/02/2006 à 15h42

    Répondre

    Je suis plutot d'accord avec Koven sur le fond que la critique ne présente pas de manière convenable l'oeuvre mais bon, une fantasie dans le style de temps à autre, pourquoi pas ?
    Pourtant, les trois premiers paragraphes sont totalement compréhensibles et mis à part le dernier qui part véritablement dans un délire "nimp", on arrive tout de même à se forger son petit avis sur Peach Girl.

  • Undomiel

    05/02/2006 à 19h56

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    Oui mais à 7h du mat' ça fait mal à la tête
    Mais bon, ça m'a aussi donné envie de jeter un oeil à ce manga, c'est l'essentiel

  • Jade

    06/02/2006 à 14h25

    Répondre

    Toute cette critique du debut a la fin a un sens (sauf le dernier paragraphe, j'avoue ) et si quelqu'un n'arrive pas à comprendre le sens d'une phrase qu'il m'envoie un mp je lui expliquerait mot à mot.
    Je pense avoir fait une critique valable du manga, en tout cas elle exprime mes vraies impressions sur le sujet et tout à été fait pour que cela se ressente. Maintenant je m'excuse si des fans comme koven n'apprécient pas, mais je ne crois pas que ce jeu de style (sans aucune volonté de passer pour un érudit ou un pédant, donc)porte une atteinte à la crédibilité du propos ou du manga.

    Puis bon, merci à ceux qui ont apprécie

  • Koven

    08/02/2006 à 05h47

    Répondre

    Je n'ai pas dit que ta critique portait atteinte à la crédibilité du manga mais qu'il s'agissait là d'un "exercice de style" comme tu l'appelles inutile. Inutile dans le sens où ça n'aborde pas clairement le manga et qu'à la fin de la lecture, on n'en retient quasiment rien.
    Pas la peine de t'excuser, tu as le droit d'avoir tes petits délires comme tout le monde, mais je ne pense pas qu'il s'agisse là d'une critique valable. J'ai bien relu l'article et il n'y a pas que que le dernier paragraphe qui est tiré par les cheveux (et oui, j'ai compris tes phrases, mais ça ne me convainc pas).

    elle exprime mes vraies impressions sur le sujet et tout à été fait pour que cela se ressente


    J'ai quand même du mal à te croire quand tu dis ça. Si tu avais voulu retranscrire tes véritables impressions tu n'aurais pas utilisé ce ton si peu naturel. A moins que Peach Girl ait éveillé en toi des pulsions sophistes, ce qui serait étonnant.

    Koven, un adepte des critiques plus conventionnelles

  • Anonyme

    15/03/2008 à 14h55

    Répondre

    bien écrire ne signifie pas forcément enrober ces phrases de mots dont on ignore le sens juste pour se donner un air intellectuel.


    Que celui ou celle qui à écrit cette critique apprenne la modestie. 

  • Kei

    15/03/2008 à 16h04

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    Il faut bien évidemment voire cette critique comme un exercice de style fait là où on ne l'attend pas et pas comme une attitude hautaine.


    Si je me souviens bien, il était même question d'écriture sous influence... de l'alcool. 

  • Danorah

    15/03/2008 à 16h17

    Répondre

    (Après relecture, je trouve cette critique toujours aussi énorme )

  • Anonyme

    26/05/2008 à 20h42

    Répondre

    Je trouve que ce dernier paragraphe de la critique de ce manga est complètement absurde. Et je doute que cette oroka(mot japonais),qui a écrit cette critique est tout son esprit![img]/manga/../forum/images/smilies/gnark.gif"%20border="0[/img]

  • Anonyme

    22/06/2008 à 18h22

    Répondre

    Cette critique est d'un pathétique... Quand on essaie de dissimuler l'absence de réflexion derrière des termes alambiqués... bouh.

  • Anonyme

    30/08/2008 à 03h16

    Répondre

    Waouh t'as consulté combien de dictionnaires pour écrire ton texte?
    J'ai compris 13% de tout ce que j'ai lu mais pitié n'écrit pas un mot
    sur moi car tu pourrais m'insulter de manière si noble que je passerai
    à côté!


    Sinon l'anime est pas mal, je dirai un manque total de réalisme mais
    ce qui me plait c'est qu'il démontre qu'une attitude amusante drôle
    parfois enfantine et perçue comme impulsif cache une intelligence sans
    égal et un coeur noble


    J'adore Kairi

  • Anonyme

    07/10/2008 à 12h16

    Répondre

    Moi perso j'ai regardé l'animé et j'ai vraiment adoré c'est une histoire qui peut arriver à n'importe qui. Par contre j'ai vraiment rien compris à la critique j'ai décroché au 2ème paragraphe lolll !!!!

  • Anonyme

    25/12/2008 à 16h53

    Répondre

    J'aimerai savoir si sur ce site il existe une seule bonne critique de shojo ? non pas que je sois contre les critiques , au contraire c'est trés utile quand on veut commencer un nouveau manga. Mais jusqu'ici je n'ai eu droit qu'a des critiques acerbes , oeuvres visiblement du personne trés en froid avec le style shojo (...)


    A en croire toutes ces critiques on peut en déduire que 99,9 pour cent ( je cherche encore la critique qui ne soit pas teintée de "mais" ) des oeuvres publiés en France soient des "grosse merdes à l'eau de rose".

  • Anonyme

    01/01/2009 à 18h07

    Répondre

    ^^ Riien à diire, j'ai été dedans du début à la fin...

  • Anonyme

    02/03/2009 à 15h52

    Répondre

    Il faut que tu arriveras a laminer tes ranceurs dialectiques, meme si je suis convaincu que c'est tres difficile. Mais comme moi dis-toi qu'il est tellement plus mieux d'eradiquer les tentacules de la dereliction, et tout deviendra clair.


    L'hemorragie de tes desirs s'est eclipse sous l'azur bleu derisoire du temps qui se passe, contre duquel on ne peut rien. Etre ou ne pas etre, telle est la question sinusodale de l'anachorete hypocondriaque.


    Mais tu dis que le bonheur est irreductible,

    Et je dis que ton espoir n'est pas si desesepre, a condition d'analyser que l'absolu ne doit pas etre annihile par l'illusoire precarite de nos amours, et qu'il ne faut pas cautionner l'irralite sous les asprites absentes et desenchantes de nos pensees iconoclastes et desoxydes par nos desirs excommunis de la fatalite destitue.




    Et vice et versa, et vice et versa

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