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Pi - le manga

Après tout, pourquoi pas ? Faire une énième série sur le thème des portes amenant vers l'au-delà avec des histoires courtes et le personnage récurrent d'un guide effectuant la transition entre monde des vivants et celui des morts. Si Tsutomu Takahashi avait déjà tenté l'aventure avec son coup de crayon griffonnant des hachures à tout va dans Skyhigh, Aera et U.go voulaient suivre ces traces faites de succès... mais force est de constater que toute bonne volonté mal exploitée se termine généralement par une défaite aussi bien dans l'estime que sur le papier. A ce titre, Pi endort, déçoit et se révèle particulièrement ennuyeux. Un titre à éviter.

Pi²

Pi
Pi
Une succession de nouvelles au goût morbide emmené par le personnage récurrent du guide vers l'au-delà, Nihil. Humains de tout bord aux comportements déviants sont soumis à une mort et des phénomènes étranges. Les vengeances et autres vendettas personnelles ne peuvent souffrir de compassion ou de pardon, l'action sera sanglante... jusqu'au bout.

Dans une atmosphère gentiment mortifère, un délire personnages du monde des morts s'impose aux humains, émettant des pseudo philosophies de comptoir sur l'intérêt de la vie et de la mort abordé du point de vue romantico-gothique. Les humains, brefs héros déchus, n'apparaissent que l'espace de quelques pages de chaque nouvelle pour s'évertuer à ne montrer que leurs côtés manichéens. Réellement sans profondeur, Pi s'adresse certainement à un public adolescent, voulant « apprendre » à se faire peur. Les classiques de l'horreur y sont développés sans apporter davantage d'attraits au genre. Plus soft que ses concurrents, Pi prenait bien la tournure d'un manhwa construit autour d'une histoire en fil rouge dans laquelle Nihil s'avérerait comme le personnage central de l'oeuvre mais le scénario tarde à prendre forme. Le lecteur s'ennuie sévèrement au travers des frasques sanguinolentes et pas toujours très folichonnes de l'horreur made in Korea. Et finalement, un certain dégoût se dégage du tout...

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Les morales sont faciles, manichéennes, peu développées et tout bonnement inintéressantes à tel point que le discours se veut être : « le mal c'est pas bien » ou « attention, ma vengeance sera terrible ». On voudrait développer avec plus de conviction ces avis mais ils reflètent tellement concrètement l'essence même du manhwa qu'ils se révèlent suffisants. Même les personnages aux allures morbides comme Nihil ou Watcher en deviennent risibles en s'appropriant des comportements humains jusqu'à tomber dans la romance pure et simple... Le ratage complet n'est plus très loin...

L'outrecuidance des auteurs se perpétue dans le développement du dessin. Resucée d'un banal titre d'horreur, les visages cubiques correspondent d'histoire en histoire sans qu'aucune intelligence graphique ne soit perceptible pour donner de quelconques émotions aux personnages évoluant au travers un découpage des plus classiques. Le remplissage est inexistant, les détails aussi. Le sang coule, à plus forte raison, il déborde certainement. Pas comme les idées des auteurs...

Le manga/manhwa d'horreur possède certainement de beaux jours devant lui mais depuis Parasite, rares sont ceux qui peuvent se targuer de s'approcher de sa cheville. Incontestablement, Pi n'est pas fait parti et constitue, bien au contraire, une lecture procurant peu de sensation, vide de sens. Bref, une valeur indéterminée... vers le négatif.

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