Mon été avec… Pika (bon OK, j’ai triché et ajouté quelques tomes de septembre) 2/2

L’idée : Vous parler de ce que j’ai lu cet été de manière rapide et concise mais aussi de vous donner quelques guides pour vos lectures à venir tout en discernant coup de cœur et coup de gueule. Trois rubriques  (je les assume et vous pouvez dire que je n’ai absolument aucune créativité en termes de nomenclature): le très bon, le « mleh » et le très pas bon.

L'été, dans la croyance populaire, c'est avant tout une période de relaxation. Pour tous ceux qui fréquentent le milieu du manga, c'est surtout Japan Expo début juillet qui pompe un maximum d'énergie. Eh oui, même si vous avez déjà eu quelques articles sur Krinein,  c'est loin d'être fini et de nombreuses interviews devraient faire leurs apparitions dans les mois qui viennent. En attendant, il faut quand même un endroit pour parler des lectures d'été. Eh oui, même si votre serviteur s'est un peu baladé sur la Route 66 (à peine trois semaines, ne me jugez pas !), j'ai quand même pris le temps de lire ma petite dose de manga. Pour les séries terminées et courtes, vous aurez, comme d'habitude, le droit à une critique complète mais pour les tomes, j'ai pensé qu'il était plus intelligent (mais aussi économique, pratique) de faire un petit article spécial été par éditeur (ceux qui diront que c'est juste pour rattraper le retard faramineux accumulé pendant que je me la coulais douce sur les routes américaines sont de fieffés menteurs !!!). Bon allez, on attaque tout de suite avec la première rubrique.

Il y avait tellement de titres à lire chez Pika qu'il a fallu que je coupe en deux sous peine d'avoir un peu trop de contenu !

   

Le très bon. 

Ici, vous n'aurez que la crème de la crème ou du moins ce qui m'a bien fait vibrer et que j'estime nécessaire à votre vie de mangaphile. 


Quand un tome de Billy Bat est de sortie, difficile de ne pas le retrouver dans les meilleures  lectures… Le tome onze ne fait pas exception à la règle et Naoki Urasawa continue à nous régaler en nous faisant voyager à travers les époques. Kevin retrouve son âme de dessinateur et va montrer à Duvivier quelque chose qu'il avait oublié. Dans le passé, Zôfu erre et recherche son maître qui lui a  (normalement) laissé de quoi modifier un futur bien sombre… Les va-et-vient temporels, sont un peu devenus la marque de fabrique de la série et quand le lecteur est baladé avec une telle aisance à travers des époques et des pays aussi éloignés, on ne peut que crier au génie. Urasawa sait gérer le suspense comme aucun autre mangaka et il le prouve une fois de plus en mettant ses personnages dans des situations stressantes au possible qui provoqueront chez le lecteur une envie compulsive de tourner les pages encore et toujours plus rapidement. Pour ma part, tout ce que j'espère, c'est qu'il ne nous ponde pas une fin à la 20th Century Boys ; je croise les doigts.    

 

Dans le sixième opus de Space Brothers, les choses avancent tranquillement. L'auteur prend son temps pour développer l'histoire de Mutta au rythme des succès d'Hibito. Eh oui, alors que le jeune frère s'en va sur la Lune, l'aîné se retrouve perdu dans ses pensées en attendant le verdict du jury qui déterminera son avenir. Ce dernier ne sait toujours pas s'il va devenir astronaute ou non mais semble avoir l'impression d'avoir tout donné. J'ai cru retrouver dans le ressenti de Mutta cette sensation de plénitude que l'on expérimente lorsque l'on a fait quelque chose de notre mieux. Il paraît détendu, d'un côté, presque sûr de lui (pas forcément pour le résultat mais surtout pour la manière). Evidemment, l'auteur ne rate pas le départ du petit frère pour l'espace et lui laisse une place de choix dans le volume. L'examen est ainsi totalement éclipsé par le départ de la fusée qui fera d'Hibito le premier japonais à aller sur la Lune. Space Brothers fait partie de ces seinen qu'il serait vraiment dommage de rater. Avec ses personnages inoubliables et sa narration parfaite (que ce soit au niveau du rythme ou même du découpage des cases), il mérite de faire partie de la mangathèque de tout amoureux du genre qui se respecte. 

 

Miki Yoshikawa soigne ses derniers volumes de Drôles de racailles et nous propose, une fois n'est pas coutume, un tome qui mêle humour (l'auteure manie l'absurde avec un talent certain) et suspense (il y a même des tensions !!). Alors que nos héros passent l'examen pour entrer à Tonosama, Hana disparaît petit à petit dans le décor. L'auteure est douée pour attirer l'attention du lecteur sur Shinagawa et le concours. Tout comme les personnages, on en vient même à se demander où est passée la jeune fille ! Le jeune garçon fait d'ailleurs la rencontre d'un personnage bien sympa au centre d'examen, une voisine (eh oui, c'est encore une fille !) qui pourrait influer énormément sur son entrée à l'université. Avec un tout petit volume restant, on sent que la série ne veut pas perdre en qualité (d'où la multiplication des personnages et des situations) et à ce niveau là, ce n'est pas moi qui irait me plaindre. Tout ce que j'espère, c'est que la deuxième série de l'auteure arrivera aussi chez nous !

   

Le « Mleh ».

Derrière ce nom un peu barbare se cache (vous l'aurez sûrement deviné) le moyen et tout ce qui ne m'a pas particulièrement titillé même si la lecture n'était pas mauvaise. 


Les « Mleh » du jour s'ouvrent avec les deux premiers volumes d'Area D. Defense Devil venant de tirer sa révérence, il était tout naturel que Pika s'attèle à la nouvelle série de son dessinateur, j'ai nommé Yang Kyung-Il. Cette fois, il est associé au scénariste Kyôichi Nanatsuki (connu chez nous pour The Arms Peddler) pour nous proposer un shônen qui s'annonce comme survolté. Ils y mêlent pouvoirs étranges et marginalisation (aussi connu sous le nom de syndrôme X-Men) puisque les  possesseurs de pouvoirs, ou alter, sont emmenés sur une île appelée Area D (oui oui, c'est le titre de la série, je sais), loin de la population. Une fois sur place, c'est chacun pour sa vie et les détenus vont devoir faire des alliances pour survivre. Hum… Comment dire… C'est super beau. Graphiquement, il y a vraiment du niveau, que ce soit pendant les scènes d'action ou même au niveau des décors. L'auteur n'a rien perdu du talent qu'on lui connaissait depuis Le Nouvel Angyo Onshi et nous propose une déferlante de capacités parfaitement illustrées. Le scénariste ne lui rend d'ailleurs pas la tâche facile en lui proposant des choses très variées dont certaines pourront même surprendre le lecteur. Cependant, l'histoire n'a pour le moment, absolument rien de différent de n'importe quel shônen lambda. Vous retrouverez donc (ordre d'apparition aléatoire) : le jeune faible qu'il faudra protéger, le ténébreux au passé mystérieux, le personnage kawaii qui va bien et les boobs aux dimensions surréalistes que l'on retrouve généralement dans ce genre de titres. Pour le moment, c'est loin d'être mauvais mais c'est aussi très loin d'être le hit annoncé. Je réserve donc mon avis définitif pour plus tard (oui oui, je fuis !) et ça tombe bien, le troisième volume ne devrait plus tarder. 

 

On atteint déjà le sixième volume de Bloody Monday Saison 2 (sur les huit qui composent la série) et force est de constater que l'on tombe un peu dans les clichés. Les scènes de combats intenses sont remplacées par des mini-sketchs de comédie romantique qui sont stéréotypés au possible avec des «Je t'aime donc si je viens, c'est pour te protéger » et autre « Oh le coquinou, viens me faire un bisou *Smack* *smack* *smack* ». Le lecteur n'est pas vraiment habitué à ce genre de scènes dans la série qui vient faire tomber la tension de manière drastique (cette coupure de rythme n'est pas forcément bienvenue) mais on voit assez rapidement que ce n'est qu'un passage puisque l'on revient aux affaires importantes dans les deux derniers chapitres qui révèlent la finalité du plan de Peter Pan qui, il faut le dire, n'a pas froid aux yeux. En fait, Bloody Monday, ça va très vite, il y a de l'action, de la romance, du suspense… soit tous les éléments du bon shônen manga. N'hésitez pas à vous lancer ! 

 

Le quatrième tome de Jeux d'enfants était aussi au programme de mes lectures cet été et il semblerait que les auteurs soient décidés à ne rien nous révéler sur les tenants et aboutissants de l'histoire avant le cinquième tome. On se demande comment les auteurs vont réussir à conclure leur histoire en quelques chapitres mais on leur laisse le bénéfice du doute. Ce qui me plait toujours autant dans le titre, c'est son côté complètement « What the fuck » pour piquer l'expression à Akata. Il n'y a, pour l'instant, absolument aucune logique aux jeux proposés par Kamimaro et tout cela à plus l'air d'une boucherie gratuite qu'autre chose. La série fait presque office de défouloir offert aux auteurs pour s'amuser sans restriction ! Alors que la dernière épreuve commence, Shun pète carrément un câble et se met à insulter l'organisateur sans retenue. Cette folie va se retrouver un peu pendant sa course où il va presque courir à l'aveugle en se fiant uniquement à son instinct. Une fois que vous aurez lu ce tome, vous ne demanderez plus vraiment pourquoi Amaya était attiré par le jeune homme… Bref, le titre continue sur sa lancée et ne laisse filtrer aucun signe qui indiquerait que sa fin approche ; est-ce que ça laisse présager une mauvaise surprise dans le prochain ? Rien n'est moins sûr…

 

Mokke est arrivée à son sixième volume et l'auteur introduit un changement non négligeable dans le quotidien de Shizuru et Mizuki : la séparation. Le moment est venue pour Shizuru de voler de ses propres ailes et de ne pas se laisser retenir par la peur de laisser sa petite soeur toute seule. En effet, avec leurs pouvoirs complémentaires, leur duo avait su repousser les esprits malins mais, chacune de leur côté, qui sait ce qui pourra arriver ? C'est cette voie que va explorer Takatoshi Kumakura à partir de maintenant. Evidemment, le tout aurait été impossible sans un gain de maturité des deux héroïnes et on le voit lorsque Shizuru fait son choix : la jeune fille a grandi. Elle est maintenant capable de prendre ses propres décisions mais aussi de laisser filer ce qui n'a pas lieu d'être retenu. Au fil des années, le lien de confiance entre les deux soeurs a énormément évolué, à tel point que Mizuki n'hésite pas à montrer clairement à sa frangine qu'elle peut se débrouiller sans elle et qu'elle n'a plus vraiment besoin de chaperonne (malgré son pouvoir qui peut très vite être dangereux). Vous l'aurez compris en lisant mais le grand-père n'a pas un très grand rôle dans ce tome, symbole, peut-être, qu'il est temps de laisser la jeune génération voler de ses propres ailes. 

   

Le très pas bon. 

Alors oui, je sais que le nom annonce quelque chose de très mauvais mais ce n'est évidemment pas à prendre au premier degré. Ce sont surtout les titres qui m'ont déçu et dont les tomes n'ont pas spécialement fait avancer l'intrigue.  


Triage X est une de ces séries qui n'avaient pas particulièrement bien démarré. Manque de chance, elle n'a pas super bien continué non plus. Dans les volumes cinq et six, les protégés du Dr Mochizuki vont devoir faire face à une prise d'otage. Véritable tentative de scénario ou création d'opportunité pour faire bouger des poitrines ? Seule votre lecture vous le dira (ou peut-être pas en fait). Même si l'auteur diversifie les cas et tente de mettre en place de véritables intrigues (je peux au moins lui donner ça), le résultat reste très bof et pas franchement  folichon. Avec sa patte graphique reconnaissable entre mille (ce qui montre un talent d'illustrateur certain, pour les armes en particuliers qui sont super bien rendues), il pourrait faire beaucoup mieux en étant associé à un vrai scénariste. En fait, le plus drôle dans tout ça, c'est que la série semble bien marcher au Japon puisqu'elle va être adaptée en anime… Nos amis nippons ont dû voir quelque chose que j'ai loupé ! 

 

Cela fait déjà plusieurs tomes que Love Mission se trouve dans les lectures les moins bonnes du mois. Pourquoi ? La faute à un renouvellement qui ne s'opère pas et, ce qui est triste, c'est que ce ne sont pas les tomes 8 et 9 qui vont me faire changer d'avis. C'est excessivement dommage quand on voit le très bon départ que la série avait pris (avec sa tournure assez fraîche, on avait l'impression que la série allait se démarquer un peu de ses concurrents). Le jeu de séduction entre Yukina et Shigure a vraiment trop duré et il serait temps de faire en sorte que les deux tourtereaux arrêtent de se tourner autour. Les choses vont être encore plus compliquées lorsque le premier amour de la jeune fille va débarquer et que l'on va enfin en découvrir plus sur son passé, un flashback tellement classique qu'il n'en était pas vraiment indispensable. Alors non, ce n'est pas particulièrement agréable à lire et ça ne restera pas forcément dans vos mémoires mais Love Mission possède quand même une héroïne assez sympathique qu'on aurait voulu voir mieux utilisée. 

   

Les résumés éditeurs (par ordre d'apparition).

Il ne serait pas très logique de vous laisser partir sans les résumés éditeurs. Pas la peine de tout lire, il suffit de piocher dans ce qui vous intéresse !

Billy Bat 11 : Piégés par Duvivier dans le petit village de Kômori en 1964, Kevin Yamagata, Jacky et son père tentent de persuader le fanatique que son “Billy”, celui qui est la référence absolue pour lui est un imposteur, mais rien ne semble pouvoir le convaincre... Zofû qui se trouve, lui, à Los Angeles quarante ans plus tôt, parviendra-t-il à rectifier le futur où se trouve son disciple ?

 

Space Brothers 6 : Tandis que le lancement est imminent pour Hibito et l'équipage de la première mission de séjour de longue durée sur la Lune, Mutta, quant à lui, se prépare à passer l'entretien fatidique devant un jury d'astronautes accomplis. Parviendra-t-il à les convaincre pour être sélectionné ? Et comment va-t-il réagir au départ de son petit frère qui réalise son rêve ?

 

Drôles de Racailles 22 : Après des mois passés à réviser avec acharnement, les Drôles de Racailles sont prêtes à affronter le test du Centre national des admissions à l'université, qui leur permettra (ou pas) de passer l'épreuve finale du concours d'entrée à Tonosama ! Mais rien ne se passe comme prévu et tous, malgré leurs efforts, ne sont pas admis à Tonosama. Est-ce la fin de la bande ? Et qu'est-il arrivé à Hana ? Pourquoi a-t-elle soudain disparu ? L'avenir du groupe repose à présent sur les épaules de Shinagawa. Parviendra-t-il à rester la glu qui soude les Drôles de Racailles ?

 

Area D 1 & 2 : Depuis le jour où une étoile a explosé, des humains ont soudainement développé des pouvoirs hors du commun. Ils sont appelés Altered. Considérés comme des ennemis de la société, ils sont arrêtés puis envoyés dans un endroit dont le lieu est gardé secret : l'île D, appelée également Area D. Ceux considérés extrêmement dangereux en raison de leurs pouvoirs sont classés dans la catégorie S. Ils sont coupés des autres Altered et placés dans un conteneur pendant toute la durée du trajet jusqu'à l'île D. C'est ici que les aventures de Jin commencent. Il fera la connaissance d'autres Altered, avant de poser les pieds sur l'île inconnue tant redoutée… 

 

Bloody Monday Saison 2 6 : Fujimaru et les agents du Third-i sont parvenus de justesse à empêcher la fusion du réacteur, mais les principaux membres de l'organisation terroriste ont réussi à s'enfuir. Hino, le leader des francs-tireurs, se fait cependant tuer après avoir été trahi par le hacker Peter Pan, dont les motivations restent troubles.

 

Jeux d'enfants 4 : Shun, Ichika et Amaya font partie de ceux auxquels la chance a souri, et ont été libérés sains et saufs du cube sur le toit de l'hôpital. Trois mois plus tard, ils ont repris le cours de leur vie mais celle-ci a été profondément bouleversée. Et s'ils n'étaient qu'en sursis ? C'est le coeur rempli de vengeance envers ceux qui ont organisé ces jeux cruels que Shun retrouve ses compagnons d'infortune devant l'hôpital, une fois tous les survivants des 108 cubes japonais libérés...

 

Mokke 6 : Mizuki est désormais séparée de sa soeur Shizuru qui est partie faire ses études à Tokyo. Elle devra alors affronter toute seule les esprits qui tentent de la posséder. De son côté, Shizuru fait la connaissance de Tôko Misaki, une fille de son lycée qui semble avoir le même don qu'elle…

 

Triage X 5 & 6 : Les studios de la télévision NeoTV, où Oriha était en train d'enregistrer une émission, ont été envahis par des malfaiteurs ! Ils prennent toutes les stars en otage, et diffusent sur les ondes des vidéos où ils se présentent comme des “chasseurs”, de l'organisation Wild Hunt.... Mais que cherchent-ils vraiment ? Oriha, la star explosive, s'empresse alors de contre-attaquer de l'intérieur, pour venger le sang versé sur le “terrain de chasse”...

 

Love Mission 8 & 9 : Yukina et Shigure continuent leur jeu de séduction… Mais le jeune homme se rend progressivement compte qu'il tombe amoureux de sa camarade de classe. Celle-ci, de son côté, est perturbée par le retour dans sa vie de l'homme qui a brisé sa confiance et l'a obligée à se réfugier derrière des lunettes. Shigure aussi s'inquiète de ces retrouvailles et réalise rapidement que l'homme en question joue un rôle de composition avec tout le monde... Comment Yukina parviendra-t-elle à démêler les sentiments qui ressurgissent en elle ?

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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