5.5/10

Pilgrim Jäger

Blasphème ! Inquisition ! Sorcières au bûcher ! Brûlez, brûlez, rôtissez pour expier vos pêchés. Criez, criez pour votre rédemption. Dansez, dansez au beau milieu des flammes. L'Eglise romaine a décidé de se débarrasser de la lie de l'humanité constituée des pires espèces peuplant la bonne terre toscane du début du XVI° siècle. Avec toute la force spirituelle qui se cache derrière les organisations « para-épiscopales », la damnation n'est plus qu'une question de temps pour tous les prophètes de Satan pullulant dans les rues. Ivrognes, prostitués, saltimbanques, hérétiques de tout genre, tremblez, tremblez car le jour du Jugement Ultime sera fatal à votre âme. Hahahahaha ! Mais qui sont ces deux jeunes femmes qui se dressent contre le saint ordre ? Des Pilgrim Jäger ?

Pèlerins chasseurs

Pilgrim Jäger
Pilgrim Jäger
An de grâce 1521, la région napolitaine post-Renaissance est en effervescence depuis que les événements étranges se multiplient. L'Eglise prend une place déterminante, omniprésente, étouffante, menant une inquisition démentielle. Usant de tout son poids, le Vatican mène sa chasse aux sorcières personnelle tout en livrant parallèlement la guerre. Dans ce contexte politique profondément difficile, l'exercice du métier de saltimbanque se révèle particulièrement compliqué. Persécutés par les croyances religieuses qui leurs confèrent des pouvoirs diaboliques, deux jeunes femmes saltimbanques livrent pourtant une guerre impitoyable contre les événements étranges. Karin Atlantic et Adel Nahseed combattent le Mal en utilisant leurs capacités propres : voyance et croix Alpha. Dans un monde ne réalisant pas le danger qui l'entoure, les deux jeunes femmes vont devoir faire face à plusieurs dangers : monstres, secte et se dresser contre l'Eglise... Pour cela, elles rejoindront les pèlerins chasseurs, appelés aussi Pilgrim Jäger.

Dans le genre ésotérique, la référence reste Priest et ce n'est pas Pilgrim Jäger qui viendra contester l'ordre par son manque d'ambition et sa confusion croissante avec le dénouement de l'intrigue. Pourtant, l'univers médiéval fantastique avait de quoi attirer l'attention avec un mélange d'Histoire et d'héroïc fantasy, flirtant avec Berserk ou Les Chroniques de la Guerre de Lodoss mais l'originalité du scénario fait défaut. Dès les premières pages, l'impression sous-jacente d'assister à une redite de toute oeuvre du genre. La mise en place d'un complot pseudo machiavélique est déstabilisante car incompréhensible tellement le récit part dans tous les sens et les transitions sont mal amenées. Pas facile de se concentrer sur une narration approximative multipliant les personnages (une bonne vingtaine). Si les héroïnes et les grands méchants sont stéréotypés, l'insertion de personnages historiques réels est une bonne initiative contribuant à faire découvrir en surface les grands noms de l'époque.
Cependant, le gros problème reste une confusion permanente mettant en cause les membres du Pilgrim Jäger qui nous sont présentés indirectement et sans véritable réflexion, tombant un peu comme des cheveux sur la soupe. Les scènes d'action sont elle aussi confuses, ne permettant pas de bien suivre l'action, le côté sombre de l'oeuvre laissant une appréciation dubitative sur le tout. On ne sait pas bien par quel bout prendre le manga, comique ou non ? Sombre ou non ? Car pour l'instant, il surfe entre shônen et seinen. Seul l'avenir nous dira sa véritable nature même si un durcissement du ton est à prévoir...

Fourre-tout à la napolitaine

Historiquement, c'est plutôt du bon travail avec une restitution de l'univers assez remarquablement fidèle à l'époque : les bâtiments, les vêtements, l'ensemble dénote d'un gros travail de recherche. Quelques citations en latin et de nombreuses références mystiques ou ecclésiastiques donnent une petite touche intéressante pour immerger le lecteur mais celles-ci contrebalancent avec le ton humoristique, dont on se demande bien l'intérêt ! Sans atteindre des sommets, Pilgrim Jäger suscite l'intérêt qui retombe à cause de travers compliquant la lecture. Un manga qui se perd dans les méandres de son scénario.

Côté dessin, on retrouve Mami Itou qui parvient à mieux se dépatouiller que sur Japan. Son trait est plus fouillé avec moult détails, un découpage intéressant et un poil plus de rigueur dans la forme. Cependant, la mangaka livre encore ses faiblesses à travers des portraits faisant très shôjo et toutes les caractéristiques communes allant avec pour les personnages féminins tandis que les personnages masculins tirent plus sur un vrai seinen. A forcer de mélanger les genres (shônen, shôjo, seinen), Pilgrim Jäger en devient déroutant, confus, bâtard. Et même si l'édition d'Asuka n'est pas parfaite surtout à cause d'un encrage trop fort gâchant quelques cases, le manga se lit agréablement, tenant bien en main et avec un papier correct.

Si ce n'est pas un gros manga d'héroïc fantasy qui débarque, Pilgrim Jäger comprend ses qualités et ses défauts, laissant toutefois des regrets quant au potentiel exploitable après les recherches historiques pour le scénario. Bilan définitif de l'instant : 50-50, il ne reste plus qu'à attendre que l'intrigue s'étoffe un poil plus pour prendre plus de plaisir à suivre le quotidien des pèlerins chasseurs.

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1 commentaires

  • Anonyme

    02/01/2008 à 19h17

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    perso, j'aime bien, mëme si c'est un peu lourd par moment

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