9/10

Planètes - la série

Encore une adaptation.

Planet ES est l'adaptation en anime du manga du même nom. Celle ci était un pari risqué, car il s'agissait de transposer 4 tomes de manga en un anime de 26 épisodes, sans perdre en qualité, et surtout sans diluer l'intrigue, comme c'est trop souvent le cas (on se souvient de Naruto et de ses combats sur 13 épisodes). Autant annoncer la couleur tout de suite : Planet ES est un très bon anime.

Fraîchement sortie de l'école, Tanabe Ai, 20 ans, célibataire, est une jeune fille pleine d'idéaux. Mais ses mauvaises notes ne lui ont pas permis d'intégrer une section plus prestigieuse que la section débris, le niveau 0 de la hiérarchie. Elle débarque donc avec toutes ses illusions, son innocence et sa bonne humeur chez les éboueurs de l'espace. Le premier contact est rude : elle y trouve deux personnes proches de la retraite en train de faire la fête avec serpentins et confettis, un scaphandre spatial transformé en fumoir et un astronaute en couche culotte...

Si vous avez lu le manga, vous avez sans doute remarqué que ici le personnage de Tanabe prend de l'importance. Elle passe au rang de personnage principal. En effet, pour pouvoir faire une adaptation correcte, les auteurs ne pouvaient se limiter à un simple « portage » du papier à l'écran. Ils ont donc procédé à ce petit changement, qui permet d'introduire tous les autres personnage et qui, grâce à la naïveté de Tanabe, apporte un peu de fraîcheur dans cet univers pas toujours drôle.


Un univers plus que crédible

Il existe un domaine dont les animes sont relativement absents : l'anticipation. Lorsqu'il s'agit de parler de S-F, les japonais aiment bien soit faire prendre place l'action dans un univers parallèle, comme dans Samuraï 7, soit dans un monde complètement différent, soit dans une uchronie (Akira). Mais dans la catégorie anticipation proche, c'est-à-dire dans un monde prenant place dans au plus une centaine d'année du notre, on ne trouve pas beaucoup (voir aucun) candidat. En livre, les grands représentants du genre sont 1984 ou bien le meilleur des mondes, mais ces deux livres montrent un futur peu glorieux dans lequel le monde est devenu un cauchemar pour l'homme « éclairé ». Planet ES se positionne plutôt aux cotés de « Demain, une oasis », dans le sens ou le monde présenté est une évolution très probable du notre : la conquête spatiale a repris, les disparités pays riches / tiers monde se sont aggravées, mais tout le monde continue son chemin, sans grande guerre planétaire, sans héros qui sauve le monde etc...
Et c'est là qu'est la première force de cet anime : le monde n'est pas seulement convaincant, il est une évolution logique, ou du moins très probable du notre et du coup le spectateur retrouve ses marques, et est beaucoup plus immergé que dans un anime plus classique. Bien sûr, on pourrait s'étonner qu'en soixante ans la mode change si peu, ou bien que les objets aient peu changés de formes, mais ce sont là des détails qui ne choquent pas et que l'on ne remarque que lorsqu'on y fait attention.

Mais un monde convaincant ne suffit pas. Dans un anime, le centre de tout, ce sont les personnages. Et là, c'est à nouveau du grand art. A chacun une vraie personnalité, à chacun un background fouillé, à chacun une famille, des amis, des rêves, des illusions, des désillusions. Tous les personnages sans exception sont vivants, attachants. Le character designer s'est certes basé sur un manga de très bonne qualité sur ce plan, mais les personnages introduits pour l'anime évitent eux aussi les clichés et possèdent la même profondeur que les protagonistes « originaux ». Avec une mention spéciale pour Tanabe qui bien qu'un peu niaise au début muri au fil des épisodes pour devenir un personnage véritablement intéressant. Elle garde un peu son coté midinette, mais on sent que les chara designers ont fait un effort pour qu'elle puisse pleinement jouer son rôle de personnage « centralisateur ».
Et grâce à cette flopée de personnages, le studio Sunrise fait transpirer une ambiance, une émotion qui fait que cette série passe de bon à très bon.

une technique un peu en retrait face à la qualité globale.

Techniquement, on ne peut pas dire que Planet ES soit un anime qui en mette plein la vue. Tout y est correct sans plus. C'est le cas pour les musiques qu'on ne remarque presque pas, mais aussi pour l'animation. Certes, celle-ci est très convaincante, notamment pour les passages dans l'espace, mais il n'y a ni la 3D époustouflante de Macross Zero, ni la finesse de la HD de Samourai 7. Mais de toute façon, l'histoire transcende ce que l'on pourrait faire passer pour une petite faiblesse technique.

En un mot : Planet ES, c'est grand, c'est magique, c'est un univers crédible, des personnages attachants et une émotion rare qui permet à cette série de devenir une vraie référence pour les animes adultes.

A découvrir

Katsu !

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    1 commentaires

    • Anonyme

      07/12/2009 à 09h12

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      Je donne une note similaire : 9/10.


      Pourquoi enlever ne serait-ce qu'un point à cette série ? Simplement à cause d'un léger affaiblissement des épisodes 15 à 20. Sinon, le reste de la série est parfait. Planet Es, c'est touchant, c'est magique, c'est beau. Il n'y a pas besoin de super pouvoirs explosifs façon shônen pour faire battre votre coeur à 120 pulsations par minutes. Planet Es le fait aussi avec ses rares phases d'actions et son scénario étonnament bien ficellé.


      Tout est présent dans Planet Es : Humour, amour, conflits, surprise; peine, regrets... C'est définitivement un des meilleurs animes jamais créés. Moi, j'en sors ému, habité par un sentiment de nostalgie quand je repense à toutes les aventures de Tanabe et Hachi.

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