4.5/10

Pluie du Paradis (La)

Trois histoires courtes, trois déceptions scénaristiques mais un emballage graphique attrayant pour un manhua inabouti...

Vimoksa, mot de sanskrit ancien exprimant l'idéal de paix et de tranquillité vers lequel doivent tendre les êtres par-delà les événements de leur vie terrestre, réunit une série de courts récits de Yu Lu, dont c'est la première traduction en langue française. Histoires d'amour, d'apprentissage ou de don de soi, presque toutes ont pour cadre la ville de Suzhou, cité lacustre de Chine méridionale très célèbre pour la beauté de ses décors, parsemée de jardins, parcourue de nombreux canaux, et que l'on désigne parfois du qualificatif de "Venise chinoise".

La Pluie du Paradis
La Pluie du Paradis
Si le cadre est beau et l'emballage somptueux, les trois histoires courtes de La Pluie du Paradis ne sont pas du même niveau. Trois intrigues n'ayant pour seul point commun la peinture. Si les deux premières (Gardenia et Mousson) ne sont que des mises en bouche, la troisième au titre éponyme se révèle romantique jusqu'à tomber dans le sentimentalisme. Gardenia n'est qu'anecdotique avec ses trois pages dans un univers de SF, Mousson se révèle inabouti avec certainement le pitch qui proposait le plus d'intérêt parmi les trois nouvelles proposés... Arrive alors La Pluie du Paradis mélangeant amour, amitié et l'ensemble du package que les auteurs chinois aiment souvent nous servir. Alors, on n'y trouve pas plus d'intérêt que dans un récit plus complet tel que Wild Animals. Bien au contraire. Si l'histoire ne s'embarasse pas de contrariétés et de quiproquos bêbêtes, il tombe dans un sentimentalisme exacerbée, à la limite de la miévrerie. Les quatre personnages de l'intrigue ne jouent oas un rôle prépondérant, on se resserre sur la relation entre la belle Ling et un héros lisse Haojie, sorte de couple parfait mais auquel le destin risque de jouer de biens mauvais tours...

La déception scénaristique passée, il ne reste alors que le dessin sur lequel se concentrer. Et ce sera certainement le seul et unique point positif. Car La Pluie du Paradis est magnifique. YU Lu, comme nombre de ses compatriotes, n'a pas hésité à passer à un dessin tout ordinateur colorisé du plus bel effet. L'univers chatoyant de la ville de Suzhou est rendu avec un magnifique habillage, les ponts sont omniprésents et souvent le cadre d'événements révélateurs. L'expressivité des personnages rappelle sans cesse ceux de Benjamin tandis que le chara design se laisse admirer. Le déluge de couleurs et de tons choisis se montre du meilleur effet faisant du manhua un bel objet à regarder.

Mais uniquement à regarder car si vous cmptez le lire, vous serez sans doute rebuter par la faiblesse des dialogues et le peu de rebondissements dont font preuve ces intrigues linéaires et simples. Pour un one-shot, on manque de rythme et d'intensité Du coup, on n'ira pas se mouiller sous (et pour) La Pluie du Paradis.

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1 commentaires

  • Anonyme

    16/06/2009 à 10h06

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    La pluie du paradis, c'est le plus beau livre que j'ai lue de toute ma vie. Cette histoire d'amour est magnifique. et les images, Alors la, c'est la plus belle choses.

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