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La Princesse au bol enchanté

Au pays de Kawachi, la princesse Haruka grandit dans l'affection de ses parents. Mais un jour, la maladie frappe sa mère bien aimée. Dans son dernier souffle, elle lui pose un bol sur la tête et fait une prière afin que celui-ci la protège dans son avenir. Le sort fait que Haruka ne peut plus ôter cette coiffe de bois qui lui dissimule le visage. Devenue différente aux yeux de tous, elle est soumise au dédain et aux moqueries. Elle décide de partir loin et devient simple servante chez un grand seigneur. Son chemin croise alors celui du prince Kaito qui s'éprend de Haruka malgré la malédiction qui pèse sur elle. Pourtant, ne dit-on pas que l'amour est le plus grand des sortilèges ?


Des illustrations qui laissent sans voix

Mon premier contact avec une princesse au bol est dû à Kazé Manga. C'est cet éditeur qui a sorti Moonlight Act par Kazuhiro Fujita qui utilise la fameuse princesse comme personnage clé de son récit. Dans la légende d'origine, la princesse ne s'appelle Haruka mais Hachi-Kazuki. C'est là que se trouve la première simplification de l'histoire originale car oui, il y un gros travail d'adaptation qui a été fait pour que le public européen trouve ses marques facilement.

Le petit résumé de l'histoire permet d'ailleurs de souligner immédiatement l'une des qualités principales de La Princesse au bol enchanté : sa simplicité. Très efficace, la narration insiste plusieurs fois sur la belle famille et sur la condition d'esclave à laquelle se soumet la jeune fille, éléments qui ne sont pas sans rappeler l'histoire de Cendrillon. Cette simplicité s'exprime dans le texte : la scénariste à le souci du détail en peu de mots. Ils réussissent à tout conter et sans jamais rien oublier.

Le gros point fort de cet ouvrage réside dans ses graphismes. Le trait d'Ein Lee est tout simplement incroyable. La jeune artiste taïwanaise découverte sur le site DevianArt possède un talent incontestable, que ce soit au niveau du dessin ou de la mise en couleur. Les personnages sont sublimés par des jeux de lumières et des couleurs chaudes ou froides selon leur personnalité. Les positions sont aussi très expressives. On ne voit pas une seule fois la princesse au bol debout pendant qu'elle est esclave, preuve de sa soumission. Une fois reconnue, c'est une position qu'elle abandonne totalement.

Les éditions nobi nobi ont fait du très bon boulot car le livre en lui-même est un très bel objet grâce à une édition de très grande qualité. Le format équivaut à celui de deux tomes traditionnels mis côte à côte (l'épaisseur en moins puisque l'ouvrage ne fait qu'une cinquantaine de pages) et s'avère très agréable à la prise en main. Le papier glacé fait honneur aux dessins en proposant un rendu luxueux au toucher qui donne un côté objet de collection au titre. Petit coup de cœur aussi à la police de caractère utilisée : simple (oui, encore !), jolie et lisible immédiatement, elle reste dans le ton de l'œuvre.

Avec sa troisième coopération entre Ein Lee et les éditions nobi nobi (après Princesse Pivoine et Le Secret de la grue blanche que je ne peux que vous conseiller), la jeune artiste qui sera cette année à Japan Expo (ne la ratez pas !) nous montre une fois de plus toute l'étendue de son talent. Ouvrage de qualité que ce soit au niveau de la finition ou des dessins, ce conte fait office de petit morceau de Japon occidentalisé. Les adultes qui auront apprécié auront peut-être la curiosité d'aller voir la version originale et pourquoi pas de comparer les deux versions avec leurs enfants. Les éditions nobi nobi commencent d'ailleurs à avoir un petit catalogue d'excellents livres d'images qui feront de parfaits cadeaux pour tous les amoureux de contes. La Princesse au bol enchanté rentre parfaitement dans cette catégorie, c'est un conte qui ravira les petits et les grands que je ne peux que vous conseiller.

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

1 commentaires

  • Anonyme

    29/05/2013 à 21h38

    Répondre

    cette h'istoire et tais triste

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