7.5/10

Quartier de la Lumière (Le)

Inio Asano signe un nouveau manga intéressant à se mettre sous la dent, totalement dans la lignée du précédent.

Inio Asano nous avait déjà impressionné avec son Monde Formidable, sorte de chroniques contemporaine de la jeunesse nippone. Cette fois-ci, il reprend le même schéma pour nous montrer le désespoir au quotidien d'anti-héros aux caractères divers et variés. Lorsque dans un grand quartier correspondant à un ensemble de barres HLM les gens s'animent au Quartier de la Lumière, les faits ne tournent pas toujours très rond...

Quartier chaud

Le Quartier de la Lumière (c) Kana
Le Quartier de la Lumière (c) Kana
A travers les yeux et les destins de plusieurs personnages allant du yakuza au père dépressif, en passant par le gamin étrange, les habitants du Quartier de la Lumière passent comme des âmes en peine, traînant leur passé, leur présent ou leur futur comme un boulet. Drôle ou psychopathe, ces êtres dégagent un certain pathétisme éloquent de la société d'aujourd'hui. Plusieurs personnages, chacun avec ses problèmes et ses rares réjouissances défilent dans une chronique acerbe d'un monde individualiste...

Le Quartier de la Lumière offre immédiatement un tableau parlant de la société japonaise non romancée. Inio Asano dissèque à la manière d'un sociologue quelques cas - parmi les pires - d'un milieu social difficile. Bien évidemment, l'auteur rend son manga éreintant par l'étude social d'un groupe de personnes vivant des histoires extraordinaires : des kidnappings à vertu éducative, des accompagnements au suicide, des prises de conscience travailleuses qui se transforment en rigolade rocambolesque... Inio Asano parvient à user de sa narration à toutes les sauces, mais plus encore, il garde le même ton et arrive à débiter un impressionnant paquet d'émotions en barres. Gardant sa petite touche personnelle, l'auteur réalise ses transitions en une case et instaure un personnage faisant le fil rouge entre toutes les intrigues de ces tranches de vie.

Idée lumineuse

Pas une suite mais le parfait complément de Un Monde Formidable, Le Quartier de la Lumière apparaît comme un nouveau pan du manga de tranches de vie sous forme d'histoires courtes. Dans son domaine, Inio Asano se révèle comme un maître en la matière avec une densité et des dénouements assez exceptionnels en leur genre. Passant du thriller au fantastique avec une facilité déconcertante, le mangaka charme avec ses atouts qu'il sait utiliser avec parcimonie. Les portraits de personnages sont criants de vérité et évoluent très rapidement avec des événements marquants et intenses.

Copie conforme de son précédent opus, le style d'Inio Asano n'a pas changé d'un pouce et c'est tant mieux. On y retrouve cette aisance à brosser des portraits de personnages originaux comme seul en serait capable Urasawa. C'est beau, les yeux en profitent autant que la tête et le découpage contribue à rythmer à bon escient l'action. Le Quartier de la Lumière se pose d'ores et déjà comme un excellent one-shot de la collection Made In Kana, dans une édition tout ce qu'il y a de plus correcte. Une bonne habitude prise depuis un bon moment déjà.

Inio Asano signe un nouveau manga intéressant à se mettre sous la dent, totalement dans la lignée du précédent. Une vraie chronique sociale non reluisante d'un pays montré plus vrai que nature car le Japon, c'est aussi autre chose que Tokyo et les néons permanents de ces quartiers hype. Il fallait le dire, Asano l'a fait.

Partager cet article
A voir

Salitai

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques