1.5/10

Rai, la légende des héros de la guerre galactique

Il fut un temps où un manga banal aurait pu donner satisfaction par la méconnaissance de certaines perles des productions japonaises. Ce temps est révolu... et désormais ces mangas sont à juste titre oubliés ou passant inaperçus aux yeux de chacun pour ne plus être que de vagues pages de papier assemblées les unes aux autres avec ce qui ressemble à un dessin dessus. Ce temps est d'autant plus révolu que ces oeuvres n'ont quasiment jamais vu le jour en France et personne ne s'est risqué à sortir ces séries à quelques exceptions près. Dans le rayon bien pourvu de la science-fiction, Kami sort le pari fou de proposer Rai, la légende des héros de la guerre galactique. Pari perdu.

I-Rai-sponsable

Rai
Rai
Après la chute de l'Empire galactique, une bataille s'engage pour le contrôle de la voie lactée. Deux forces finissent par se partager l'espace et tendent à étendre leur domination. Dans cette période de chaos, un jeune guerrier apparaît, Rai, qui cherche à ramener à paix dans la galaxie. Avec un tempérament bien trempé, le héros va particulièrement se distinguer par son inaptitude à diriger stratégiquement les troupes mais son courage n'a d'égal que sa bêtise. Le chemin sera long et difficile jusqu'au succès...

Petit navet de vingt-sept volumes, Rai est le stéréotype même de ces mangas inconcevables qui ont pourtant trouvé un écho suffisant au Japon pour être édité par la suite en France. La lecture d'un volume suffira à mettre tout le monde d'accord sur les maigres qualités et les énormes défauts d'un titre complètement dérisoire. Premièrement à travers un scénario aussi risible que basique pour une space oddysey, à savoir une bataille parmi les astres entre les bons... et les méchants. Et au milieu de tout cela un homme. Ou plutôt une grande gueule armée d'un courage à faire trembler Rambo et John McLane réunis, sans cervelle mais avec de sacrés bijoux familiaux produisant une surdose de testostérone. Accompagné de ces petits copains - bien pourvus en la matière eux aussi -, Rai déambule dans la galaxie prêt à tout faire péter sur son passage en se forgeant progressivement un nom à grands coups d'exploits dus - bien évidemment - à ses capacités insensées de courage drapé dans un vent de folie... et de testostérone. Manquerait plus que de pets et des rots et on s'y croirait fidèlement...

La légende de Zzzzzz...

La rivalité intestine au sein de l'armée du Nord ajoute encore un peu plus de « douceur poétique » à l'ensemble qui ne sera compensé que par la romance convenu entre la princesse du coin et le courageux Rai. Tout ce beau petit monde se balade en armure de samouraï (on se demande bien pourquoi mais on n'est plus à ça près) et s'éclate entre combats de type guérilla et batailles spatiales. Bim, Bam, Boum. Dans ce gigantesque capharnaüm sur lequel viennent se greffer des dizaines de personnages, l'histoire devient vite obsolète (une vague histoire d'unification de l'empire) pour ne plus être regardé qu'avec des yeux incrédules devant la niaiserie rétro version des années 1950 de films avant coureurs du genre. Un vrai bon navet dont la seule qualité repose sur le rythme élevé sur lequel s'enchaînent les démonstrations de force.

Si une vague ressemblance faciale lie Rai et Fly, le premier est définitivement irrécupérable avec un dessin supra-moche qui sa sauve parfois par une profusion de détails mais globalement assez ignoble. Ceci est d'autant plus visible que le moyen format du manga le montre bien. Pathétique, disproportionné et stéréotypé sont autant d'adjectifs résonnants chez Jôji Manabe (Outlanders). La totalité est à jeter, excepté les vaisseaux spatiaux moyennement passables.

Rai, la légende des héros de la guerre galactique ne se laisse même pas lire, il est tellement désappointant qu'il peut servir de relique aux côtés de perles répondant aux doux noms de Shiori & Shimiko ou encore King of Bandit Jing. Le navet japonais essaye de s'implanter chez nous mais il a bien du mal à passer au test de recevabilité alimentaire de la critique. Mais après tout, il en faut bien certains pour mieux estimer les vrais bons mangas...

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Goth

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4 commentaires

  • Anonyme

    10/12/2006 à 13h01

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    Apparemment,ce manga n'a qu'une seule qualité:la critique que tu viens d'en faire,qui est croustillante à souhait;
    J'ai toujours pensé qu'il était bien plus amusant de faire la critique d'un navet que celle d'un chef d'oeuvre!

  • juro

    10/12/2006 à 16h34

    Répondre

    J'ai toujours pensé qu'il était bien plus amusant de faire la critique d'un navet que celle d'un chef d'oeuvre!
    Je confirme

    Déjà le titre donne le ton.

    Et encore, je pense que bien des titres shojô actuels sont bien plus chargés que celui-ci

  • Prospero

    10/12/2006 à 19h29

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    En quatre mots : Monument émouvant de nanardise.

  • eldready

    11/12/2006 à 19h39

    Répondre

    J'ai presque envie de le lire après avoir lu cette critique...sans blague, ça me manquait un bon nanard comme ça !

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