6.5/10

RASH !!

A la croisée des chemins entre City Hunter et Family Compo, Tsukasa Hojo nous a signé en Rash un manga avant tout transitoire, et ce à de nombreux points de vue.

Transition parce qu'il n'est composé seulement que de 2 tomes. De ce fait, ce manga ne reste pas dans les mémoires des lecteurs ni dans les grandes oeuvres de l'auteur, et on le range un peu dans la catégorie des petites nouvelles.

Transition aussi dans le style des dessins, car on sent naître dans Rash le grand changement graphique qui apparaît dans Family Compo, et qui a perduré dans Angel Heart. Rash reste cependant encore très proche des dessins de City Hunter. Il est vraiment entre les deux et semble être le meilleur de ce que pouvait donner Hojo (car entre nous soit dit, même si les nouveaux dessins de Hojo apparus dans Family Compo sont très bons, quand l'on voit que l'auteur n'a pas su redessiner correctement Ryo Saeba dans Angel Heart, on se pose des questions...).

Au-delà de cet aspect de transition, que retenir de Rash ?


1) Un bon Hojo

Rash !!
Rash !!
Tous les ingrédients d'un très bon manga Hojo sont sans conteste là, pour le plus grand plaisir du lecteur. Rash ne mérite pas d'avoir été oublié et, dans la catégorie des courtes oeuvres de Hojo, c'est une des meilleures qui aurait largement pu devenir une grande série.

D'abord, les bonnes franches rigolades et coup de délire typiquement propres aux mangas et toujours particulièrement bien maniés par Tsukasa Hojo. Les gags apparaissent toujours aux moments les moins attendus et sont toujours aussi stupéfiants par leur complet décalage.

Ensuite, du sentimentalisme et de l'émotion, toujours aussi subtilement amené par l'auteur. Le schéma reste assez classique : deux personnages qui masquent leur émotions et font semblant de se mépriser alors qu'ils s'aiment, entourés d'autres personnages suffisamment nombreux pour étoffer et pimenter l'histoire.

Enfin, un personnage principal, la jeune Dr Yuki Asaka, très bien menée. A l'instar de Ryo Saeba, la première impression n'est qu'une apparence trompeuse : on nous la révèle petit à petit, on découvre la profondeur de sa vraie personnalité et on l'apprécie à chaque page un peu plus.

Et cerise sur le gâteau, une intrigue générale, tout d'abord paraissant légère, mais qui, au fil des chapitres, s'avère finalement on ne peut plus sérieuse, voire tragique. Le thème médical, traité de façon complètement irréaliste, sert surtout de prétexte pour mettre en exergue la complexité de l'âme humaine, nous donner à réfléchir sur les causes réelles de nos maux et l'éternelle question de savoir jusqu'où les moyens peuvent être justifiés par la fin.


2) Un acte manqué

Néanmoins, en définitive, ce manga a le défaut de sa qualité : il aurait pu faire une excellente longue série en quinze à vingt tomes et Tsukasa Hojo ne nous offre que deux malheureux volumes et un arrière-goût de « pas fini »... C'est vraiment dommage.

Certes, les fins de Tsukasa Hojo ne sont jamais des vrais fins, mais il y avait toujours une conclusion, un coup de théâtre final, un gros changement et puis, après une dizaine ou une trentaine de tomes, on se disait que l'on avait eu notre compte. Là, Rash est plus frustrant qu'autre chose.

C'est à se demander s'il n'y a pas eu un problème avec les éditeurs japonais et si l'auteur n'a pas été obligé de s'arrêter en cours de route.

Quelle que soit l'explication, Rash reste de toute façon un peu un acte manqué.

A découvrir

Candy Life

Partager cet article
A voir

Salon Game

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques