8.5/10

Ratman T.1


Les tailles sont respectées !
Une super introduction digne d'un super-héros !
Shûto Katsuragi est un lycéen d'1m52. Oui, c'est petit surtout pour quelqu'un qui est complètement obnubilé par les super-héros et qui souhaite en devenir un plus tard ! Dans le monde où vit Shûto, devenir un super-héros est accessible à plus ou moins tout le monde moyennant une licence à passer (et donc un test d'aptitudes). Le jeune garçon vit sa passion à fond et parle de super-héros à tout bout de champ, même à sa camarade de classe Mirea Mizushima, une jeune fille pourtant assez réservée. Alors qu'il s'est fait enlever par une organisation mystérieuse, il découvre Mirea ligotée et suspendue au dessus d'un bain d'acide. Un autre homme ligoté lui propose une montre qui lui permettra de se transformer en super-héros et de les sauver. Il accepte sans réfléchir (il signe même un contrat sans chercher à le lire) et devient Ratman ! Il s'avère que tout ceci n'était en fait qu'une mise en scène de l'organisation maléfique Jackal dans le but de l'enrôler en tant que super-vilain. Lié par un contrat, Shûto ne va pas avoir d'autre choix que de collaborer. Cependant, il va se rendre compte que les héros qu'il adulait ne sont pas forcément ceux qu'il croyait...

Pourquoi acheter Ratman plutôt que d'aller payer un ticket de cinéma à 10 euros pour aller voir The Avengers ? Ratman est le nouveau shônen des éditions Kana qui, comme d'habitude, ont sorti les deux premiers tomes d'un coup. Le scénario est parfaitement posé dès le premier volume et on découvre un monde très particulier où être un super-héros est devenu un véritable business. Un peu à l'image des publicités sur les voitures, les super-héros vendent leurs noms et leurs costumes à des sociétés qu'ils vont ensuite promouvoir. Cet aspect de la série fait qu'on s'interroge sur ce que c'est que d'être un super-héros. C'est le raisonnement de Shûto tout au long de ce premier volume. Comment peut-on être un héros si on ne souhaite pas défendre la justice mais simplement s'enrichir ? Pourquoi faire un tel choix de carrière si ce n'est pas pour des valeurs nobles ?

Le trait de Sekihiko Inui est sublime, rien à redire. Les personnages sont fins et correctement proportionnés, c'est à dire que quand Shûto (avec son mètre cinquante-deux) est parmi d'autres personnages, on le voit tout de suite (ou on le voit pas, ça dépend de sa position en fait) ! L'auteur arrive à mélanger plusieurs styles : Rio, une amie de Shûto, a de grands yeux ronds, comme dans les shôjo alors que Crea Mizushima (la soeur de Mirea) a des yeux carrés, ce qui est typiquement shônen. Cette distinction est parfois faite pour distinguer les gentils des méchants (même si ça reste assez vague). Au début de chaque tome, on a aussi le droit à de superbes pages couleurs (la colorisation est digne d'un animé d'ailleurs !) auxquelles Kana a réservé un papier un peu plus résistant.

Cependant, la force de Ratman réside indéniablement dans ses personnages. Shûto, héros par excellence, possède une morale à toute épreuve et un sens de la justice très poussé, malgré sa faiblesse. Il n'hésite pas à se jeter sur la route pour sauver un chat ou à aider une personne qui se fait attaquer par trois autres plus grandes et plus fortes que lui... Il est aussi capable de réfléchir par lui-même et lorsqu'il est forcé de rejoindre l'organisation Jackal, il se trouve face à un véritable dilemme : comment faire pour accepter l'idée qu'il est devenu l'antithèse de ce qu'il voulait être ? Les deux "prétendantes" de Shûto, Rio et Mirea, sont diamétralement opposées. Rio est extravertie, parle avec tout le monde, très forte et se trouve être la fille du président de l'association des super-héros. Mirea est réservée, difficile à aborder et la soeur de la chef d'une organisation maléfique. Pourtant, les deux personnages se contrebalancent plutôt bien et Shûto ne semble faire aucune différence entre les deux. Même s'il est devient rapidement évident que Mirea a un faible pour Shûto, rien ne laisse penser que Rio en pince aussi pour lui (en tout cas pour le moment).

Je ne pouvais pas parler de ce premier tome de Ratman sans faire un paragraphe complet sur les Jacky. Ces petits personnages au déguisement de squelette qui ne parlent pas sont mes personnages préférés. On les retrouve partout et à n'importe quel moment (à tel point que même Shûto se demande "Qui sont ces gens et quand est-ce qu'ils sont arrivés ici ?") et servent comme gros atout comique de la série. Parfois, on peut les voir pêcher ou encore faire le ménage... Ces hommes de main savent absolument tout faire et se révèleront être des alliés de poids pour aider Shûto dans sa première mission.

Le mot de la fin : Kana ne se moque pas de nous en ce qui concerne l'édition. En tant que shônen, il est vendu au prix d'entrée de gamme (donc le même prix que Prince du Tennis, Gintama...) mais possède une superbe couverture glacée, un format plus long et des pages couleurs. Il faut croire que Kana a décidé de faire passer la dernière augmentation des tarifs en augmentant la qualité de ses volumes ! Au final, le titre est drôle, intéressant et propose une vision du métier de super-héros totalement inédite. Outre les transformations et autres pouvoirs, il y a une vraie réflexion sur ce qui fait un héros. Avec ses personnages hauts en couleur et son graphisme taillé pour le genre, Ratman est assurément la nouveauté shônen de ce premier semestre !

Sur ces belles paroles, je vous laisse avec le trailer :

 

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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