6.5/10

Ray

Passionnés des exploits médicaux ou des délires cybernétiques, les auteurs japonais nous ont souvent proposé des séries mettant en scène des personnages utilisant aussi bien le stéthoscope que les clamps (l'instrument, pas le mangaka !). Mythiques (Black Jack), rigolos (Dr Slump) ou passionnants (Monster), les mangas possédant une touche médicale réussissent à faire mouche auprès du public averti avec un suspense et une montée d'adrénaline à chaque nouvelle opération. Pourtant, il existe aussi des ratés ignobles comme avec Amazing Nurse Nanako... et c'est donc dans ce contexte qu'une nouvelle série débarque en mettant en scène une nouvelle héroïne qui va devoir assumer et relever ce lourd héritage où se sont si souvent illustrés les hommes. Pour le plus grand bonheur de tous les amateurs de Black Jack, voici Ray, une sorte de continuité au devoir de médecin solitaire et bon samaritain.

Oeil pour oeil... pour du sang pour sang médical

Ray
Ray
D'emblée, le mangaka Akihito Yoshitomi (Eat-man) ne cache pas ses intentions en faisant intervenir le personnage du docteur Black Jack éponyme du même manga. Sur la table d'opération, Ray vient de subir une opération mais sans développer, l'auteur enchaîne directement sur l'histoire mettant en scène des personnages secondaires. Du coup, on sent à plein nez une trame qui va dévoiler peu à peu les événements qui se sont passés auparavant...

En effet, enfant, Ray a été élevé dans un orphelinat où aucun des pensionnaires n'avait de nom établi. Du coup, chacun se vit remettre un surnom en fonction des références qui le caractérisait... pour Ray (zéro en japonais), cette appellation est due à sa malice et son intelligence. Ce manque d'identité n'est que la facette qui va révéler au grand jour que ces enfants perdus n'ont pas eu une jeunesse des plus heureuses, bien au contraire. Voués à être utilisés comme marchandises vivantes par la revente de leurs organes, ses enfants et Ray en particulier voient disparaître leurs amis les uns après les autres sans jamais revenir... ou alors revenir traumatisés, jusqu'au jour où l'héroïne est elle-même victime du trafic d'organes. Enucléée de ses deux globes oculaires, la vie de la jeune orpheline semble détruite et promise au calvaire...

Le temps a passé et Ray est une femme d'action qui a appri les pratiques médicales possédant deux yeux bien réactifs, l'oeuvre du docteur solitaire Black Jack. A la recherche de son bon samaritain de sauveur dont elle ignore l'identité, elle pratique de la même manière le devoir de médecin ce qui signifie que Ray est un médecin un peu spécial puisqu'elle n'opère que dans l'ombre et surtout elle dispose de capacités spéciales suite à son opération. Au fur et à mesure, l'histoire va rapidement évoluer et retrouver l'organisation qui lui a tant pris et particulièrement son leader connu sous le nom de « H » mais dont le visage et l'identité reste inconnus.

Serment d'Hippocrate et autres banalités du même genre...

Sous la forme de petits chapitres avec des histoires indépendantes à la manière d'Osamu Tezuka (Nanairo Inko, Le Ara Aux Sept Couleurs), Ray se caractérise par des petits chapitres dans lesquels, l'histoire se dévoile peu à peu mais si celles-ci défendent les valeurs auxquels on pouvait s'attendre il est difficile de trouver une innovation du côté du scénario car l'histoire de vengeance et de recherche se mêlant à travers la quête de l'héroïne est sympathique mais sans atteindre des sommets. L'intérêt de l'histoire passe d'ailleurs plus dans la recherche de « H » que de Black Jack sûrement dû au mystère qui réside travers cette organisation.

Au niveau du dessin, l'ensemble proposé par Yoshitomi est constant et plutôt bien dessiné avec des traits nets et un remplissage assez complet cependant les personnages manquent de style et de charisme, le tout est organisé autour d'un découpage classique réalisé à la précision du scalpel. Doucement mais simplement, le dessin s'apprécie à sa juste valeur en y regardant à plusieurs fois avec une multitude de détails techniques et de représentations du corps humain lors des opérations.

Par ailleurs, bien que le manga soit très orienté sauvetage et opération, peu de langage médical est utilisé mais ce sont plus les rapports entre docteur et patient ou leur entourage qui est à l'ordre du jour. De plus, Ray opère sur le terrain au mépris des règles conventionnelles ou bien en tant qu'infirmière dans un hôpital, ce qui peut paraître déroutant d'un chapitre à l'autre puisque aucune transition n'est élaborée pour nous montrer le changement d'une situation à l'autre. Quelques bizarreries qui sont décevantes pour un manga qui ambitionne de reprendre le thème de Black Jack.

Finalement, Ray ne s'en tire pas si mal et personnellement même si le résultat est différent de ce à quoi je pouvais espérer, j'ai passé un bon moment à lire les aventures de la femme médecin. Les inconditionnels de Black Jack et de la série télévisée Urgences y trouveront sûrement leur compte les autre ne verront rien d'autre qu'un manga de plus. Et pire, si l'histoire n'évolue pas plus vite dans les volumes suivants, le risque de désintérêt se manifestera aussi vite qu'un arrêt cardiaque après un jogging de dix kilomètres...

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