6/10

Réincarnation

La fin de l'année 2005 a décidément marqué un tournant dans le petit monde de l'édition de manga. Jusqu'alors, seul Sakka (ou presque) publiait ses mangas dans des éditions grands format très soignées.
Mais depuis, tous les éditeurs s'y sont mis, pour notre plus grand bonheur.

Réincarnation
Réincarnation
Etonnant de commencer une critique par l'édition non ? Et pourtant, celle ci vaut vraiment le détour. Il n'y a pas de jaquette comme c'est d'habitude le cas. La couverture est du type des débuts mangas Glénat : cartonnée, avec des rabats. La matière utilisée est très agréable au toucher et reste rigide même après plusieurs lectures et feuilletages. Pour vous c'est peut être un détail, mais si comme moi vous attachez beaucoup d'importance à l'objet, vous serez ravis. Ce one shot s'ouvre sur quatres pages couleurs, qui comme d'habitude, sont très soignées. Le reste de l'édition est de très grande qualité : le papier est vraiment blanc (et pas vaguement jaune comme c'est le cas avec certaines nouvelles éditions), les noirs sont vraiment noirs et l'impression est irréprochable. Cela doit sans doute être l'édition la plus réussie qu'il m'ai été donné d'avoir entre les mains, si l'on exclut Remember, qui ne joue pas vraiment dans la même catégorie.

Réincarnation est un receuil de nouvelles d'Ochazukenori, connu en france pour sa série Le Manoir de l'Horreur, éditée elle aussi chez Delcourt. Et à la lecture de ces deux oeuvres, ont est en droit de penser que l'auteur ne se renouvelle pas beaucoup.

Ces nouvelles sont des nouvelles d'horreur. Enfin, c'est ce que l'on voudrait nous faire croire. Je pencherais plus pour des nouvelles fantastiques. A aucun moment on ne se sent horrifié. Au mieux on peut se sentir un peu choqué par la violence ou la cruauté de certaines scènes, et encore. Des mangas comme MPD psycho ont fait bien pire, et de manière bien plus explicite. Ce sont donc plutôt des nouvelles fantastiques, dans le sens où elles font intervenir des phénomènes paranormaux, des animaux fantastiques, et une certaine cruauté de la part des personnages.

Les idées de ces histoires sont plutôt bonnes. On ne tombe pas dans le trop classique, et l'auteur possède un certain talent pour le genre. Quasiment toutes les nouvelles ont une chute, une vraie. Pas juste un dénouement innatendu, mais une fin qui donne une nouvelle siginification à l'histoire. Dommage que les histoires soient aussi courtes.

Le principe d'une histoire fantastique, c'est de nous plonger dans l'intrigue, de nous immerger dans un monde étrange et dérangeant. Pour qu'une telle histoire soit réussie, il faut des personnages hauts en couleurs, attachants, auxquels on puisse se ratacher. Ils sont en quelque sorte un point de repère pour le lecteur, puisqu'il ne peut pas se repérer dans l'univers. Ochazukenori l'a bien compris, et il n'y a pas un personnage qui ne soit fade, à part bien sûr certains seconds rôles qui ne servent que de faire valoir. Le hic, c'est qu'en dépit de tous les efforts auxquels veut bien consentir l'auteur, rendre un personnage perturbé attachant en une vingtaine de pages, c'est presque impossible. Et ce n'est pas le dessin qui nous aide. Il est un peu à part dans le monde du manga. Le style est un peu vieux, mais ce n'est pas ce qui gêne. Ce qui gêne vraiment, c'est le manque de détail. Le dessin est simplifié à l'extrême, rendant les personnages totalement inexpressifs. Dommage, surtout dans ce manga ou le non-dit a une aussi grande part.

Réincarnation est en manga qu'on lit de manière totalement détaché. Bien loin de susciter un quelconque sentiment d'horreur chez le spectateur, il est tout de même original (il faut dire que les mangas fantastiques et sombres ne sont pas légions). Il est surtout servi par une édition exceptionelle, qui ne remonte pas l'intéret pour autant. Dommage.

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