4/10

Reload

La dure loi du show business à l'épreuve de l'amitié. Et le tout en musique. Song Yang revient à la charge avec les héros de Matous et Pingouins.

Song Yang s'entête. Après nous avoir proposé Matous et Pingouins, sorte de relation à trois sans fin et lassant à force de tourner en rond, voici sa suite intitulé basiquement Reload, reprenant les mêmes personnages dans un style graphique changeant mais pour un scénario reprenant les mêmes bases. Cette fois-ci, les pingouins (les filles) sont presque hors-jeu et le matou (le garçon) se la joue solo pour un titre porté sur un choix entre l'ambition et l'amitié. Mouais. Encore une fois, un grand décalage est créé entre la jeunesse chinoise hype et la naïveté des actions des personnages pour un résultat qui joue en défaveur du titre.

Matous et Pingouins 2

Reload (c) Xiao Pan
Reload (c) Xiao Pan
Après leur premier succès musical (voir Matous et pingouins) Jia, Meng et Minette star suivent chacun leur chemin, tout en espérant bien percer un jour. Meng se concentre sur son boulot, Jia, lui, compose et envoie des samples aux maisons de disques. Jusqu'au jour où l'une d'entre elles remarque son talent, et lui propose d'abandonner la formation de ses amis pour rejoindre “Fresh Oxygen”, le groupe qui monte...
Dilemme donc : va-t-il privilégier l'ambition ou l'amitié ?

Song Yang veut faire du Benjamin. Mais Song Yang n'est pas Benjamin. Ou du tout du moins, on ne ressent pas les mêmes sensations à la lecture de ces récits en partie autobiographiques. Car l'auteur conte s'emmêle les pinceaux en proposant de bouts d'intrigue par ci par là qui ne forment pas un tout cohérent. Un grave manque dans la construction du scénario qui voit un protagoniste hésitant évoluer dans un rêve qui va se transformer en cauchemar miné. Les sentiments du personnage évoluent dans une sorte de spirale bizarre, sorte de tourmente dans laquelle les prises de tête débouchent sur des décisions prises sur un coup (de tête, justement). Le manhuaji oublie l'idéal de son personnage créé dans son précédent opus pour tout remettre en cause et repartir véritablement dans une sorte d'autre chose pas vraiment défini. Au gré du vent. Et des idées. Comme celles-ci sont rarement porteuses, on se retrouve à laisser son esprit vagabonder et se perdre peu à peu dans le scénario de cet opus décevant.

Nothing remains but dreams

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le manhua est vendu avec un CD 2 titres interprété dans la langue locale dans un style pop peu en rapport avec l'esprit rock du manhua. Moins étonnant, Song Yang propose une galerie de portraits pleine page en fin de volume, comme nombre de ses compatriotes. Ces personnages répondent aux grandes cases entrevus dans Matous et Pingouins. Même si les dmeoiselles n'ont plus qu'un rôle secondaire, le perosnnage Jia passe par tous les états à tel point qu'il est difficile de suivre ses pérégrinations et ses pensées, définir ses sentiments complexes de réussite teinté d'amertume dont il ne semble jamais se remettre avant de découvrir le cruel destin du monde dans lequel il évolue nouvellement. Une critique du show business bien exagérée (à la manière de Yonen Buzz sans le côté démonstratif) mais parlante de la manière dont le manga le voit se retrouve aussi dans le titre.

La palette graphique de Song Yang fait des ravages. Mais cela ne suffit pas à combler le flou scénarisitique régnant. L'auteur nous montre des corps élancés, libérés, dévorant l'epsace de couleurs artisitiques dont il fait preuve. Là encore, pas de véritable charte graphique, c'est un univers complétement nouveau auquel le lecteur doit faire face avec un reavail admirable sur l'image, sorte de photos parfaites mettant en avant la "coolitude" des personnages. Cela ressort d'autant mieux que l'édition est de grande qualité dans un format moyen sur papier glacé.

Matous et Pingouins pêchait à d'autres niveaux, ce Reload est plus adulte mais manque d'une ligne directrice concrète pour séduire réellement. Ce n'est peut-être pas la fin des aventures de Jia avec cette fin en pointillés. Il serait urgent de réagit pour avoir (au moins) un final correct...

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