4/10

Rivage

Après Initiation, Haruko Kashiwagi avait déjà proposé un manga qui ne manquait pas d'offrir des scènes de nudité à foison incorporé dans une intrigue tenant à peu près la route malgré une relative répétitivité. Bis repetita avec Rivage où la mangaka n'hésite pas à évoquer le sexe sans détour, la nudité sans complaisance au milieu d'un environnement catastrophe. Pour autant, le manga ne stigmatise pas tous les stéréotypes en développant une histoire originale explorant le genre « catastrophe » sans brio et évoquant une société matriarcale... mais loin de posséder le même impact déstabilisant que le précédent titre.

Lost in the sea

Rivage
Rivage
Sur une petite île du Pacifique, une éruption volcanique majeure se prépare, mais le cataclysme qui va avoir lieu au sein même de la petite communauté qui habite les lieux risque d'être encore bien plus destructeur... une peuplade paisible va être amenée à y réagir. Face à l'arrivée de deux éléments très perturbateurs : une « étrangère » et une catastrophe naturelle. Et ce n'est qu'un début...

Trouver la cause des troubles devient une priorité et par conséquent un bouc émissaire apparaît comme la première idée de cette peuplade indigène régie par les codes d'une société matriarcale. Au beau milieu d'une époque s'étalant entre le VII° et le XI° siècle, l'île du Démon avec ses « bons sauvages » forme une communauté soudée et vénérant un dieu obscur dans laquelle la femme prend le pas sur l'homme, un peu comme dans Initiation. La mangaka s'affirme comme un auteur proposant un seinen aux allures « féministe douce » changeant du registre habituel avec des thèmes s'essayant à ces études toutes relatives. Car l'essentiel se concentre bel et bien sur un manga catastrophe mettant en scène trois personnages principaux : Torago et Kukuri, couple d'indigènes plus éclairé et tolérant que la majorité qui court après la prétendue coupable étrangère à la dérive recueillie avant les événements catastrophiques. Celle-ci s'avérant extrêmement bizarre et sosie de la soeur disparue de Torago. Le manga ne devient alors véritablement qu'une course poursuite pour trouver le bouc émissaire entre deux scènes montrant la vie quotidienne sur l'île ou une catastrophe.

Sea, sex and sun

Le sexe fait parti intégrante du manga. Hommes et femmes sont guidés par leur instinct naturel de reproduction jusqu'à... l'extrême. L'auteur joue avec ses personnages instaurant des jeux pervers ou des chantages sans complaisance. Tout et montré ou presque sans pour autant que chaque scène ne serve à faire progresser l'histoire mais la mangaka se révèle suffisamment maligne pour s'en sortir. A l'inverse, le bas blesse concernant l'évolution globale du scénario qui fait du surplace une fois le contexte du huis clos instauré sans parvenir à le faire progresser... encore une fois comme pour Initiation. Mais pire. Rivage ne captive pas du fait de l'absence cruelle d'un protagoniste d'envergure, Kukuri ne servant que d'observateur manquant de caractère.

Copie conforme du trait de son oeuvre précédente, Haruko Kashiwagi ne rend pas personnages attrayants. Ceux-ci ne dégagent aucun charme particulier avec une particularité pour des visages grotesques, voire caricaturaux, presque simplistes s'ils ne dégageaient pas des expressions compréhensibles à la lecture. Le chara design fait la part belle à la nudité mais l'érotisme des personnages se montre proche de la nullité. Le remplissage tout comme le découpage ne relèvent pas le niveau.

Rivage ne restera pas dans les anales même avec l'argument d'étude la société matriarcale à une époque et sur un lieu qui se révélait original. Les amateurs de Initiation trouveront une copie quasi conforme des thèmes déjà développés dans l'oeuvre susdite sans pour autant arriver à se passionner pour.

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