6/10

Role Playing Girl

Rhéa, une jeune fille vient d'être désignée, contre toute attente, pour faire partie des 50 apprenties héros. Une décision tout à fait inattendue quand l'on sait que la caractéristique première du héros est d'être un homme. Bien que Rhéa clame haut et fort son appartenance au sexe faible, personne ne lui prête la moindre attention du fait de sa silhouette masculine. La menace de l'exécution fini par convaincre enfin notre héroïne du bien fondé de son nouveau statut. Bon gré, mal gré, Rhéa se voit donc partir courir les terres du royaume. Au programme de ces aventures bucoliques : combat, expérience et piécettes d'or à la clé.
Role Playing Girl
Role Playing Girl
Pourtant, pour Rhéa, rien ne va se passer comme prévu. Après une rencontre malencontreuse avec un duo d'aventurier : Médium, la prêtresse bourrine et Welldone, le héros fragile qui meurt toutes les 30 secondes, notre pittoresque groupe va se retrouver au coeur d'un complot. Et là ce n'est pas moins que devoir sauver le royaume qui attend nos héros.

Role Playing Girl se présente sous la forme d'un one-shot, c'est-à-dire un manga en un volume. L'histoire ne souffre donc d'aucun temps mort et l'action va croissante sous un rythme trépidant. En bref, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. La mangaka, Kome Akita nous propose ici une histoire simple mais efficace se déroulant dans un univers de type mediéval-fantastique dans le genre de Donjon & Dragon ou encore Warhammer. L'auteur de Role Playing Girl ne se contente pas de nous conter une aventure de Rhéa. En effet, l'histoire est avant tout un prétexte pour parodier le jeu de rôle et son univers. Et la moindre occasion est bonne. D'ailleurs la satire commence par le titre Role Playing Girl. En anglais, un jeu de rôle ce dit « role playing game », soit RPG. Kome Akita a donc légèrement transformé l'appellation. On peut supposer que de cette idée fait certainement partie son histoire. Une histoire où pour une fois dans ce type de monde, une fille aurait le rôle principal. Le fait que Rhéa, une fille devienne héroïne malgré elle car on la confond avec un garçon est sans doute une manière d'aller plus loin dans la dérision, la critique et la parodie de ce milieu.
Ainsi, Role Playing Girl se veut avant tout être une oeuvre drôle, dépeignant et caricaturant l'univers du rôliste. Tous les clichés sont donc repris et exagérés comme par exemple la mort ou plutôt les morts à répétition de Welldone, les monstres vaincus qui se transforment en pièces, l'équipement qui apparaît de nulle part... Une grosse parodie quoi.
Les personnages sont bien entendus là pour renforcer encore plus l'aspect farce et grotesque du manga. Stéréotypés juste comme il faut, les protagonistes sont souvent les éléments déclencheurs de gags. Le filon du comique de personnage doit d'ailleurs être épuisé à la fin du manga. Ainsi, outre l'héroïne Rhéa qui se fait chambré sur son physique androgyne continuellement, Welldone tabassé à mort à chaque case et Médium prêtresse ratée, garçon manqué au tempérament de Shwarzy, la mangaka développe une petite galerie de personnages possédant tous un potentiel comique important. Burne, euh... Burn joue la carte du mystère bien qu'il soit un grossbill incontesté tandis que le Dieu du mal est aussi méchant que... non lui je vous laisse la surprise.
Kome Akita n'a donc pas à avoir honte de Role Playing Girl. Le manga est fun, l'auteur a souvent de bonnes idées comme les petits strips proposant plusieurs solutions à une situation, Alors que le lexique et les fiches personnages sont déjà quand à elle plus communes. La mangaka n'est pas non plus dénuée de talents de dessinatrice. Role Playing Girl bénéficie d'un dessin correct. Le style graphique de l'auteur ne casse pas des briques mais est lisible sans difficulté. Certes, les détails sont rares et les décors peu présents mais cela est amplement suffisant pour ce genre d'histoire. Ce graphisme épuré par certains côtés permet en outre de mieux comprendre une situation, de tout de suite mettre en avant les nombreux gags. En fait, on peut surtout regretter la mise en page assez classique de Role Playing Girl .

De plus, l'oeuvre n'est pas exempte d'autres défauts. Ainsi, le scénario est basique et le suspense est inexistant. Mais surtout, à vouloir faire drôle, Kome Akita fait souvent lourd. Les gags s'enchaînent et se ressemblent. Pourtant, l'univers de rôliste est une source inépuisable de caricatures et autres scénettes à parodier. Dans le même style, Yureka s'en sort déjà un peu mieux.

Au final, Role Playing Girl partage. D'un côté on aurait aimé que l'auteur nous propose une histoire en plusieurs volume afin qu'elle puisse mieux développer son scénario. Mais dans un autre sens, on est tout de même bien content de fermer ce one-shot et de pouvoir passer à autre chose. Un avis mitigé donc pour un manga tout de même à découvrir pour peu que l'on aime bien les univers fantastiques et surtout qu'on n'ait pas envie de se prendre la tête.

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques