6.5/10

Rouge Bonbon

La condition féminine vue par Kiriko Nananan à travers Rouge Bonbon, ce n'est pas toujours la vie en rose. Les femmes, leurs préoccupations et leurs attentes vue par la relève féminine du manga, dans la lignée d'Amour Blessantes.

Dix-huit saynètes, dix-huit femmes qui prennent le temps de faire une pause dans leur vie quotidienne et qui regardent : leurs amis avec une pointe d'envie, leurs amours passées avec nostalgie, ou encore leurs envies de se foutre en l'air, comme si c'était juste un passage à vide, et enfin la vie en général, toujours droit dans les yeux. Mais tout en sachant se raconter des histoires : Qui sait ce que l'avenir lui réserve ? Il faut bien se sentir vivre ! Parce qu'au final la meilleure façon de vivre sa vie, c'est d'en être l'héroïne, et que l'important est que l'histoire continue à tout prix, quitte à se faire violence, tourner la page quand on a le coeur brisé... et revenir feuilleter avec tendresse l'album de sa propre vie.

 

Rouge Bonbon
Rouge Bonbon
Brosser un portrait de femme sur cinq à six pages relève de l'exercice de style et Kiriko Nananan en est une spécialiste après un premier essai concluant avec Amours Blessantes. Après des titres sensibles et magnifiques comme Blue, ce leader de la nouvelle génération de mangaka porte le seinen destiné aux femmes dans une autre sphère, celle d'une réflexion sur la condition féminine en dix-huit courts récits. A travers ceux-ci, Rouge Bonbon s'accroche à ses quelques moments où les décisions et les questionnements valent chers. Pour s'en détache aussitôt... Le choix des saynètes montre bien l'aspiration de l'auteur sur une seule et même idée qu'elle développe posant de nouvelles questions et sans réel conclusion. Juste histoire de laisser poser une question sur un thème, posant le débat la plupart du temps. Comme souvent pour ce genre de titre, le choix du format est à la fois une force et une faiblesse. Alors, peu de lecteurs s'étonneront de rester sur leur fin et de ne pas pouvoir assister à une réflexion plus poussée sur certains thèmes dont le contenu pouvait laisser supposer un dénouement étoffé.

La sensibilité à fleur de peau de l'auteure se retrouve dans un dessin au graphisme fin et aux expressions développés grandeur nature. Le format moyen offert par Sakka permet de rendre à sa juste valeur le travail. Un travail qui puise ses sources dans les anciennes parutions de Nananan. On ne s'étonnera donc pas de la narration importante et du manque de remplissage chronique.

Rouge Bonbon n'est pas un brulot féministe mais uniquement un titre dont les femmes sont les héroïnes. De tout âge ou condition, elles portent en elles des problèmes en relation avec la société actuelle et s'insèrent dans leur temps aussi bien qu'elles le peuvent. A quand le même titre avec des hommes ?

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