5/10

Rozen Maiden

Il est fini le temps de jouer aux poupées. Pourtant les mangakas adorent sortir ces petites créations pour en faire des Chucky en puissance capable des pires atrocités dans le monde d'humains pris dans leurs tourments. Si Le Portrait de Petite Cosette se révélait admirable dans un scénario mélangeant gothique et intrigue de haute volée côté animation, son pendant manga sent le roussi avec Rozen Maiden, crée par Peach-Pit, déjà auteur de DearS.

Gothic dolls

Rozen Maiden
Rozen Maiden
Jun Sakurada est un élève persécuté qui a décidé de se retirer de la vie scolaire quelques temps et passer ses journées enfermé chez lui, refusant quasiment tout contact avec le monde extérieur. Son seul et unique passe-temps consiste à effectuer des achats par le biais de l'électronique... jusqu'au jour où il est déclaré gagnant d'un lot intéressant : une poupée unique, une Rozen Maiden. Rapidement, Jun va se rendre compte que cette poupée se révèle loin d'être ordinaire et surtout particulièrement... loquace. Son nom est Shinku et elle compte bien se servir du jeune homme pour arriver à ses fins.

En mettant en scène un hikikomori (individu vivant reclus sur lui-même durant une période indéterminée) comme héros, Peach-Pit présente un héros manquant de charisme mais pas de caractère. Le scénario apparaît dès lors gros comme une maison, une quête pour l'affirmation de soi à travers une aventure aux confins du fantastique dans une ambiance gothique fait de combats de poupées avec en tête de bille devenir Alice, la Rozen Maiden la plus puissante parmi les sept existants. Vont s'enchaîner combats et recherche de la vérité sur l'origine de ces poupées pour un scénario qui ne se tarit pas mais manque cruellement d'intérêt au départ pour progressivement commencer à se développer. Il manque tout de même un petit quelque chose pour atteindre le plein potentiel de l'intrigue des poupées...

« Oh, oh, oh, jolie poupée... » (Bernard Menez inside)

Le scénario ne traîne pas, l'histoire avance à grands pas, sans prendre le temps de tergiverser. Rozen Maiden s'émule lui-même en prenant et tenant à bout de bras une ligne directrice claire et nette mais manquant de ficelles suffisamment novatrices pour passionner réellement. A trop jouer sur le côté kawaï des poupées, le studio Peach-Pit tombe dans la facilité du « tout mignon, tout beau », tombant parfois beaucoup trop dans sa propre admiration. Le côté fantastique donne la dimension nécessaire pour que l'intrigue prenne son envol après quelques pages mais met véritablement un léger temps d'adaptation pour devenir convaincant. Et il manque toujours cette étincelle permettant au manga de se révéler positif, même le SD n'y arrivant pas...

Parfois comparé à Clamp, Peach-Pit possède des qualités démesurément supérieures en ce qui concerne la diversité et la qualité du chara design. Sans présenter d'éphèbes au visage triangulaire, l'histoire tient aussi la route. Les poupées sont bien évidemment les plus travaillées avec leurs tenues vestimentaires impressionnantes de détails. Le remplissage est quasiment absent mais le découpage suffisamment réussi pour parvenir à mettre en valeur les personnages, Peach-Pit n'hésitant à faire valoir une case en demi page pour exposer la pose d'un de ces personnages fétiches.

Adapté en animé, Rozen Maiden a aussi connu son petit succès mais qui reste inférieur à celui de DearS plus complet et sans doute plus drôle. Et certainement avec un personnages central plus charismatique. Aussitôt lu, aussitôt oublié, Rozen Maiden manque du petit plus qui lui aurait permit de devenir intéressant. On pourra se consoler avec Cosette...

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Banya

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5 commentaires

  • XIII

    24/12/2006 à 01h59

    Répondre

    Je suis un peu déçu par la critique qu'à reçu ce manga (surtout par sa note en faite) et j'ai trouvé certains arguments peu pertinents


    Juro a dit :
    Le scénario apparaît dès lors gros comme une maison, une quête pour l'affirmation de soi à travers une aventure aux confins du fantastique dans une ambiance gothique fait de combats de poupées avec en tête de bille devenir Alice, la Rozen Maiden la plus puissante parmi les sept existants.

    Je ne crois pas que Rozen Maiden soit si prévisible que cela malgré que le début nous fait curieusement penser à du Fate Stay Night. D'habitude je suis moi aussi parfaitement rebuté par les clichés ou autres lieux communs dans la fantasy mais je trouve que la chose est bien amené dans Rozen Maiden.

    [quote][b]Juro a dit :
    Vont s'enchaîner combats et recherche de la vérité sur l'origine de ces poupées pour un scénario

    Encore une fois, c'est un peu rapide et c'est oublier la découverte des autres "maiden", dont les personnalités sont magnifiquement dépeintes : toujours excentriques, toujours entières, allégoriques mais jamais déshumanisés(je pense notamment à Suigintô avec ses croix renversées sur sa robe ou à Hina Ichigo et son caractère enfantin).


    Juro a dit : [/b]
    un scénario qui ne se tarit pas mais manque cruellement d'intérêt au départ pour progressivement commencer à se développer.[/quote]

    Je pense que c'est tout simplement parce que le critique est passé dessus comme un rouleau compresseur. En effet :

    Juro a dit :

    Jun Sakurada est un élève persécuté qui a décidé de se retirer de la vie scolaire quelques temps et passer ses journées enfermé chez lui, refusant quasiment tout contact avec le monde extérieur.


    Est-ce du spoil ou encore une fois un raccourci utilisé par le critique ? Car pour les volumes déjà parus il n'apparait nulle part que Jun est persécuté par d'autres élèves, (on comprend même qu'il est assez populaire) plutôt qu'il ne supporte plus le regard des autres ou plus précisément leur jugement vis-à-vis d'une facette de sa vie qui n'a pas encore été présenté! Et je crois que l'intrigue est justement là : quel est cette face cachée de Jun, celle qui l'a fait rejeté la société qui l'entoure ou encore l'affection de sa soeur?

    Voilà voilà! C'était juste quelques remarques pour rendre justice à ce bon manga que j'ai découvert il y a peu, entre un Négima plus vraiment interressant et un gantz dont l'intringue s'éternise un peu trop...

    Bref, le reste de la critique est vraiment excellente et j'ai juste voulu donné mon avis personnel.

  • juro

    24/12/2006 à 12h43

    Répondre

    Bon, on ne peut pas toujours être au top de sa forme et j'ai peut-être été un peu dur avec la note de Rozen Maiden mais je peux l'expliquer !

    XIII a dit :
    Je ne crois pas que Rozen Maiden soit si prévisible que cela malgré que le début nous fait curieusement penser à du Fate Stay Night
    Le problème reste sans doute que j'ai une référence essentiel sur le sujet qui se nomme Le Portrait de Petite Cosette, anime définitivement bluffant dont je parle dans la chronique. Et à comparer les deux, le choix est rapide...

    Encore une fois, c'est un peu rapide et c'est oublier la découverte des autres "maiden", dont les personnalités sont magnifiquement dépeintes : toujours excentriques, toujours entières, allégoriques mais jamais déshumanisés(je pense notamment à Suigintô avec ses croix renversées sur sa robe ou à Hina Ichigo et son caractère enfantin).

    Euh... je ne suis pas d'accord. Les personnalités des poupées sont tout de même assez clichés : la courageuse leader, l'enfant, celle qui doute, la méchante, etc... c'est tout de même très typé et représentatif des valeurs shônen (même si c'est un seinen).

    Pour le reste, ton avis est constructif

  • XIII

    24/12/2006 à 18h35

    Répondre

    *Non, je crois que tu vas un peu trop vite, mais si c'est vrai qu'en forçant un peu on peut faire entrer les différentes poupées dans les cases que tu décris.

    Shinku n'est pas vraiment une leader courageuse mais plutôt un personnage flegmatique, une espèce d'aiguille qui trotte imperturbable et qui n'hésite pas à remettre les pendules à l'heure quand il est nécessaire. ( d'ailleurs elle évoque elle-même cette symbolique à plusieurs reprises et ouvre souvent sa montre gousset) Bizarrement Shinku est très peu mise en avant : elle parle peu et on la trouve le plus souvent bien gentiment devant la télé ou devant un livre, aux antipodes d'une Aï dans "Video girl Aï".

    Le trait de caractère dominant de Suiginto n'est pas vraiment la méchanceté, je la vois plutôt comme un personnage opportuniste qui attaque aussi vite qu'elle s'enfuit, ou, s'allie aussi vite qu'elle trahit. Comme chacun, elle aime jouir de la situation et n'apprécie pas d'être blessée. Elle est certaiment un concentré interressant de Nakago (froid, implacable) et de Yui (tenaillée par un sentiment d'imperfection, de vengeance) dans "Fushigi Yugi".

    Pour Hina Ichigo, je dois le concéder qu'elle n'est qu'un énorme cliché (non pas celui de l'enfant mais celui du bébé). C'est surement voulu mais je trouve qu'elle a place dans l'histoire, ne serait-ce grâce à une réplique de Jun : "Regardez-moi cette tête de petite chieuse!" (vraiment culte, je trouve )

    Ensuite tu parles d'un personnage qui doute, tu dois faire référence à SuiSeiki... Non. Suiseiki est... (comment dire?) elle aime que tout reste à sa place et n'apprécie pas le changement ou la nouveauté. ( On peut la comparer à la Yumi de Chobbits et là on se rend compte qu'elle sont franchement différentes). Elle possède un arrosoir qui évoque le jardinage, le changement long et presque imperceptible; au contraire, son jumeau possède des sécateurs, symboles d'un changement brusque, d'une rupture nette.


    **Il est vrai que Rozen Maiden fait pâle figure comparé Au Portrait de Petite Cosette qui à un univers graphique bien plus fort, bien plus choquant. Mais personnellement j'ai trouvé l'anime un peu vide, trop tourné vers des tableaux gothique-psychédélique surchargés qui défilent l'espace de quelques secondes...
    Rozen Maiden offre, au contraire, une gallerie de personnages plus riche mais pèche effectivement à cause de son aspect (trop) kawaii.

    ***Si on doit reprocher Rozen Maiden de reprendre des clichés se sont globalement ceux du fonctionnement de la naration du manga : quête qui implique forcément dès le début de la baston, des scènes entièrement tournées vers le burlesque, les maidens qui viennent les unes après les autres vers shinku (?)...

    **** Je voulais préciser que, malgré ma véhémence, j'ai beaucoup de respect pour le travail que le critique a fourni que je trouve tout de même très pointu.

    P.S. : Bon Noël à tout le monde!

  • Anonyme

    24/05/2009 à 19h03

    Répondre

    je trouve ce manga super je veux bien avoir une poupé magique comme les joumelles par exemple

  • Anonyme

    16/12/2015 à 12h54

    Répondre

    Les Rozen Maiden sont réelles !! Ce n'est pas une plaisanterie, je suis la médium des 3 et 4ème poupées et je suis actuellement enfermée dans la N-Field par Kirakishô !! Au secours !

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