6/10

Sadamitsu le Destructeur

Sadamitsu n'est pas vraiment un lycéen comme les autres. Il est bien censé aller en cours, mais bon. Il faudrait voir à ne pas perdre de vue le plus important : se mettre sur la gueule avec les bandes rivales, dans la joie et la bonne humeur. Mais attention, il n'est pas question de faire mal pour le plaisir : se battre oui, mais dans le respect de la personne. Une conception de la baston un peu à part qui l'amène à voler toute sorte de médicaments à l'infirmerie du lycée.
Les blasés pensent déjà avoir affaire à un énième clone de GTO, mais ils se trompent. Cette petite intro ne sert qu'à présenter le personnage principal, pas l'histoire.
L'histoire est beaucoup plus « imaginative » : des monstres criminels, les Ryukeitai, débarquent sur la terre. Moyennant une petite pirouette scénaristique, notre héros se retrouve dans le rôle du traqueur et a pour mission de retrouver les Ryukeitai pour les « récupérer » (en gros, les renvoyer dans l'espace).

A la limite de la parodie

D'aucuns pourraient me reprocher de donner dès le début un a priori négatif sur l'anime, mais ce n'est pas tout à fait vrai. L'anime ne se prend pas vraiment au sérieux. Le scénario hautement improbable (mais il faut bien reconnaître qu'on a déjà vu bien pire) est surtout un prétexte pour faire apparaître des dizaines de monstres qu'on dirait sortis d'un sentaï. Pour ceux qui ne le savent pas, les sentaï, ce sont les séries avec des vrais acteurs et des monstres en latex, du type Power Rangers. Des gros monstres bien laids, avec pleins de cornes, de griffes et de dents, avec des tentacules (assez inévitable) et des langues qui font peur. Des gros monstres violet fluo, tout bariolés, et qui parlent tous la langue locale, avec des voix a mi-chemin entre celle de HAL et celle de Rocky. Le coup du casque que l'on enfile et qui habille le héros de la tête au pied façon magical girl (sans fan service, faut pas non plus abuser) fait aussi beaucoup penser aux sentaï, tout comme les objets qui sortent de boules lumineuses (objets = épées).
Les trois premiers épisodes sont vraiment agréables, grâce à leur coté second degré revendiqué. C'est coloré, vivant, sympathique, avec des vrais dialogues en bois, des sobriquets ridicules, de l'action, des gros seins, des culottes, un lycée, des motos, bref, tout ce qu'il faut pour une bonne caricature.

Malheureusement, au bout de ces trois épisodes, le manque de renouvellement commence à se faire sentir. Le délire sentaï, ça va bien un moment, mais il faut bien reconnaître que c'est globalement creux, et que ce n'est pas du tout divertissant. Pour palier à ce manque, les auteurs ont alors amorcé un virage plus sérieux dans l'histoire : un brun de sadisme, de la violence gratuite, du sang et une histoire d'amour impossible.

Le début de la fin

Et c'est sans doute ce qui a perdu cet anime. On se retrouve au final avec un anime bas de gamme au niveau du scénario et du chara design. Pour le scénario, c'était à peu près évident. Mais pour le chara design, c'est plus surprenant. Il semblait à peu près logique qu'avec une intrigue aussi faible (mais voulue), l'histoire allait être pleine de personnages secondaires, et pas uniquement de monstres. Et il n'en est rien. On trouve le héros, dans toutes les scènes, se battant sur tous les fronts, seul à défendre le monde. On trouve sa « copine » qui l'aime (lui aussi il l'aime, mais il ne le sait pas encore - suspense ! ). Et on trouve des monstres. Plein de monstres.
Mais c'est tout. Personne d'autre, pas de second rôle ayant plus de deux répliques par anime, pas de copains qui donne un coup de main, rien. C'est un peu dommage, d'autant plus que le personnage principal est franchement convenu.

Au passage, vous serez sans doute heureux d'apprendre que pour une fois, les musiques ne contribuent pas à un sentiment d'énervement. Loin de là ! Pour une fois, je dois bien dire que je suis tombé sous le charme. C'est bien simple, j'ai regardé le générique d'ouverture de chaque épisode tant les musiques sont sympathiques. On pense très vite à la BO de Kill Bill, un cran en dessous tout de même, mais ce n'est pas pour rien. Un très bon point pour la série. En revanche, oubliez le générique de fin, terriblement convenu.

Coté animation, c'est bien, sans plus. On n'est jamais surpris ni déçu par la réalisation du studio DEEN. C'est de bonne facture mais on ne s'attardera pas dessus.

Dybex ne se moque pas du monde

Il ne sera pas dit que Sadamitsu n'est pas original pour un sou ! En temps normal, une série de type shônen dure au minimum 24 épisodes, voire beaucoup plus si elle a du succès. Une série courte, c'est une série en 13 épisodes. En deçà, on parle d'OAV, et ils vont au maximum par 4 ou 5. Ici, la série dure 10 épisodes. Et c'est bien une série, avec opening, ending et épisodes de 20-25 minutes. Que faire lorsque l'on doit éditer une telle série ? Faire 3 DVD vendus séparément au prix fort et voir les clients grogner ? Faire un coffret 2DVD ? Ni l'une ni l'autre de ces situations ne sont très satisfaisantes. Dybex à eu une idée : mettre la série avec des bonus réduits à leur plus simple expression (en gros, des trailers) sur deux DVD, les mettre dans un digipack avec un troisième DVD rempli de bonus en tous genres. Plutôt pas mal. On salue l'initiative.

Sadamitsu le Destructeur est un pur shônen. Le problème, c'est que le coté très second degré ne sera sans doute pas perçu par le public auquel il s'adresse. Et les autres spectateurs seront sûrement déçus par le scénario bien faible. Reste une édition de grande qualité, et des bonus à la pelle.

Partager cet article
A voir

Jenni

A propos de l'auteur

    0 commentaires

    Participer à la discussion

    Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

    Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

    Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

    Rubriques