6.5/10

Salitai

D'un monde à l'autre, un jeune homme vogue de nuit en nuit avec l'espoir de ne plus cauchemarder mais le renouvellement nocturne n'a d'égal que le caractère prémonitoire de ses rêves. Dans une épopée fantastique, le drame d'un lycéen perdu entre deux époques vire au règlement de compte entre samouraïs. Mais l'intrigue de Salitai se montre bien plus dense qu'elle n'y paraît au premier abord... mais aussi pleine de défauts barbants.

Samouraï trip

Salitai
Salitai
1999. Moon-Bin, un jeune lycéen, vit un cauchemar récurrent : une femme aux cheveux noirs et aux yeux tristes hante ses nuits, et tourmente ses rêves ; il se retrouve parfois parachuter à l'époque Koryo, en 1230. Ces visions semblent si réelles... Mais tout bascule, il sombre dans le coma, voyage dans le temps et se réveille finalement à... Koryo. Étrange, on semble même le connaître sous le nom de Kim Sakyung. Quand la réalité prend le pas sur le rêve...

Ca commence comme un film de David Lynch, on se demande à peu près dans quelle partie de l'univers on se trouve sans pour autant savoir clairement ce qu'il en est. On pourrait parler d'anachronismes en s'arrêtant aux premières pages mais tout se met progressivement en place, avec un semblant de cohérence s'affirmant au fil des pages défilant. Salitai devient dès lors attirant. Le mystère aide pour beaucoup dans l'appréciation de l'oeuvre et ses deux pans qui se superposent, confondant rêve et réalité. L'époque est propice à une violence latente qui ne tarde pas à se montrer clairement avec l'arrivée de l'armée mongole à la frontière coréenne pour le déclenchement d'une guerre inexorable entre deux parties armés jusqu'aux dents, annonçant un dénouement musclé.

Hero from Korea

Noh Mi-Young s'amuse à perdre son lectorat dans son ensemble soigné avec son personnage ayant des flashs de lucidité et persuadé de connaître les portraits crachés de ses congénères situés à proximité. Mais la manhwaka s'y perd, passant de l'un à l'autre de plus en plus difficilement pour l'occulter progressivement et se recentrer sur une banale histoire de samouraïs avec une bataille historique en toile de fond. Pas de doute, Salitai passe à côté de quelque chose qui aurait pu être bien plus grand, bien plus intéressant.

Le trait de Noh se trouve dans la norme des manhwa d'action avec des personnages sur lesquels la coupe de cheveux est extrêmement travaillée mais où le reste du chara design se confond dans la normalité la plus simple. C'est plutôt chatoyant à l'oeil mais le manque d'originalité s'ajoutant au manque d'intérêt progressif de l'histoire donne peu un résultat peu convaincant.

Un manhwa ambitieux qui se perd dans ses propos pour ne plus devenir qu'une banale histoire supplémentaire dans la collection manhwa de Soleil, Gochawon. Les qualités graphiques rendent l'oeuvre largement acceptable mais la déception gagne tout de même car le potentiel globale de Salitai laissait espérer bien mieux.

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