6.5/10

Serpent Rouge

Hideshi Hino ne s'adresse pas à n'importe quel type lecteur. Son Serpent Rouge est représentatif du style hermétique de l'auteur de par son ambiance toujours plus malsaine et son graphisme quelque peu explicite. Ici, pas de concession : le public lambda n'y trouvera pas son compte. Est-ce forcément un mal ?

Serpent Rouge
Serpent Rouge
Le narrateur nous conte son enfance, durant laquelle il vécut seul avec sa famille dans une énorme maison. Cette maison était elle-même située en plein milieu d'une forêt d'où il était impossible de s'échapper.
Le petit garçon est perpétuellement fasciné par un miroir. Situé en plein milieu d'un couloir, il sert de protection contre les démons qui habitent l'autre partie de la bâtisse.
D'autre part, c'est sa famille elle-même qui terrorise le jeune garçon. Et à dire vrai, cela se comprend aisément. Nul besoin d'aller dans les détails, mais sachez qu'entre autres, sa soeur a des affinités assez particulières avec les vers de terres, et qu'ils sont tous en général des sado-masochistes avérés. Il est alors bien sûr assez compréhensible que le narrateur avoue avoir eu du mal à s'épanouir parfaitement dans un tel environnement. La vie aurait suivi son train de la manière la plus monotone qui soit, si, une nuit, après un rêve assez étrange du jeune garçon, le miroir ne s'était ébréché, en laissant sortir un serpent rouge.

Dès les premières pages, la couleur est annoncée. Le narrateur de Serpent Rouge suit son but tel une flèche vers sa cible. Hideshi Hino profite de la stabilité du scénario pour nous pondre un chef-d'oeuvre d'horreur graphique. L'histoire sombre peu à peu dans le délire le plus total, où les personnages perdent de plus en plus leur morphologie humaine, et où règne une ambiance de folie absolue. Seul le narrateur reste un repère à peu près viable pour le lecteur, du moins dans la première partie. De nouveau, Hideshi Hino nous assène d'une oeuvre assez dure, ‘un truc de malade' comme diraient les jeunes. Son style reste néanmoins très proche de la caricature, et l'on se surprend souvent à rire devant certaines situations aussi immondes qu'incongrues.

C'est vers la conclusion que Serpent Rouge prend toute son ampleur, avec un final complètement surréaliste - encore plus surréaliste que le reste de l'oeuvre, faudrait-il dire. L'ultime coup de théâtre n'en reste pas moins assez conventionnel, mais plutôt inattendu. Une bonne dernière impression, pour une oeuvre qui après tout ne casse pas des briques, mais possède des qualités assez rares pour être soulignées. On sent que Hideshi Hino a le coeur à la tâche, et son oeuvre est l'antithèse parfaite du manga formaté grand public. Un bon point pour lui, qui nous confirme que le bilan mitigé de Panorama de l'Enfer semble n'être qu'un simple faux pas.

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