7.5/10

Shiba Inu

Habitué des drama school sportifs à rallonge, Masanori Morita montre aussi ses oeuvres plus courtes dans Shiba Inu, recueil de six nouvelles diverses faisant la part belle à un humour détonnant et aux valeurs traditionnelles du shônen. Traités de manière subtils, ces histoires courtes prennent des chemins inattendus, fortes d'une narration impressionnante. Après Racaille Blues et Rookies, le mangaka tient un nouveau succès entre ses crayons...

Clowns tristes

Au travers de 6 nouvelles écrites entre 1991 et 2004, Masanori MORITA nous livre sa vision de la société japonaise. Ces instants de vie croqués et mis en scène avec maestria sont autant de clichés pris sur le vif qui célèbrent la vie aussi bien au travers de la joie que de la douleur. Avec deux « short short » et quatre nouvelles ressassant les thèmes de la boxe, de l'amour et de l'amitié à travers des protagonistes qui ne sont pas sans rappeler ses oeuvres précédentes.

Après deux « short short » de six pages mettant en scène un terroriste prenant conscience de ses actes et un boxeur cherchant le rachat auprès des yeux de son fils, la nouvelle éponyme du recueil met en place un duo de comiques du manzaï, sorte de théâtre à sketchs complètement délirants et absurdes. Avec celle-ci, Morita parvient à mélanger les émotions, passant du rire aux larmes avec une facilité déconcertante, usant de ses méthodes déjà approuvées consistant à créer une situation idéale avec des personnages bancals. Succès pour Racaille Blues. Succès pour Rookies. Et pour montrer un autre exemple, succès pour GTO de Toru Fujisawa. Alors Shiba Inu n'y échappe pas et la recette fonctionne toujours autant pour une histoire mettant à l'épreuve l'amitié de deux comiques.

Boxe et yakuza

Et tant qu'à faire, autant reproduire ce schéma s'il marche. En le replaçant dans un délire enfantin avec des personnages hauts en couleur, Gang Age met à l'épreuve une classe de sales gamins prêt à tout pour conserver leurs professeurs. Histoire d'amitié encore une fois. Et encore une fois on se laisse prendre. Le discours usuel est amené par des moyens détournés, déroutant, permettant au mangaka de se lâcher totalement avec un clin d'oeil poussé à ces protagonistes de Racaille Blues et Rookies pour un personnage secondaire déterminant. Mais le meilleur reste certainement Le désert qui montre la boxe sous un angle nouveau, celui du point de vue de l'arbitre. Avec un détachement qui ferait penser parfois à un récit de Taniguchi, Morita crée le suspense sans créer de véritable action, oeuvrant en faveur de la remise en question du personnage. Pour conclure, Les tueurs rient aussi perd en intensité et en qualité graphique avec une histoire d'amour dans le milieu des yakuzas.

Masanori Morita propose un trait d'exception. Sans innover par rapport à ces précédents succès, il prouve qu'un trait caressant des formes de visages tout à fait réels (et non arrondi) peut aussi satisfaire le lecteur de shônen. Grandement expressif par ses dessins favoris de sourcils se levant et de bouche en ‘O' qualifiant ses personnages de grande gueule leur donnant immédiatement un caractère sympathique. Remplissage de premier ordre et détail impressionnant parachèvent la qualité graphique intrinsèque de ce one-shot.

Shiba Inu est à placer directement dans la bonne bibliographie de Morita. En tant qu'oeuvre courte, elle ne possède pas le même impact que celles parues jusqu'alors mais prouve une nouvelle fois la qualité graphique et - à moindre titre - scénaristique de son auteur. On en redemande, encore, encore, encore...

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