6/10

Shibuya Love Hotel

Un nouveau manga de Mari Okazaki. Pas d'innovation majeure mais c'est loin d'être le plus mauvais dans la bibliographie d'une auteure fort inspirée (en quantité).

On connaît le quartier de Shibuya pour être l'un des fleurons de la dépravation tokyoïte et nippone au sens le plus général du terme. Si celui-ci était entrevu avec plus ou moins d'humour dans Gals ! ou d'un point de vue urbain par Taniguchi dans Le Sauveteur, c'est avec la plume sentimentale que Mari Okazaki s'attaque à Shibuya Love Hotel. Tout pourrait être dans le titre sauf que…

Couple en péril

Au cœur de Shibuya, célèbre arrondissement de Tokyo bouillonnant de vie, se trouve le quartier de Maruyama, où s'alignent sans complexe les love hotels, ces établissements spécialement conçus pour accueillir les couples d'amoureux. Quatre jeunes filles vont venir se perdre à Shibuya, les unes espérant rencontrer l'amour, les autres afin de panser leurs blessures…

Shibuya Love Hotel (c) Akata
Shibuya Love Hotel (c) Akata
Le texte et sa couverture ne sont qu'un vague prétexte pour faire un peu de bruit autour d'un manga, appelant les esprits les plus pervers à tourner la première page… Ils seront bien déçus car Mari Okazaki, fidèle à elle-même, exploite des histoires courtes pour développer joies et peines de cœur. Axé essentiellement autour de personnages féminins, le manga s'attache plus à montrer le changement d'état d'esprit de ces protagonistes plutôt qu'à tenter – vainement – de vendre du sexe. Les aficionados de l'auteur l'entendent de cette oreille et Shibuya Love Hotel ressasse de nouveau un schéma classique, passant d'une situation de départ pas franchement rigolote à un final plein d'espoir. Le tout avec son lot de rebondissements plus ou moins bien amenés au sein même du quartier des plaisirs de la capitale japonaise. Les nouvelles s'enchaînent avec suffisamment de variété pour ne pas lasser mais avec ce même schéma répétitif en toile de fond…

Sex in Tokyo

Les fameuses scènes de sexe se comptent sur le bout des doigts, l'auteure préférant très largement n'en montrer qu'un bout (c'est le cas de le dire !) pour se concentrer uniquement sur les relations entre des adolescents dont l'idéal est le plus souvent symbolisé par l'harmonie du couple homme / femme. Comme tout bon shôjo se respectant, Shibuya Love Hotel crée une large place au style des personnages. L'ensemble se montre réussi avec des jeunes gens souvent taillés pour la mode du moment sans qu'Okazaki n'ait trop besoin de faire dans la démesure.

Trait fin, personnages aisément reconnaissables, prototype retrouvable – sûrement – dans ses futures œuvres et sens aigu du découpage, Mari Okazaki arrive à faire vivre son manga sur ces acquis déjà largement aperçus auparavant (BX, 12 Mois). Pas d'innovation majeure dans celui-ci, juste une redite sans faute…

Shibuya Love Hotel se montre comme un regroupement cohérent de nouvelles à la qualité suffisante pour tenir en éveil sans pour autant qu'aucune d'elles ne se démarque réellement. Un manga de plus à inscrire à la liste cumulative de Mari Okazaki. Sans doute pas le meilleur ni le plus mauvais…

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