3/10

Shin Megami Tensei : Kahn

Adapter un jeu vidéo en manga est propice à la soupe à la grimace pour le rédacteur qui le reçoit entre les mains. Shin Megami Tensei : Kahn n'échappe pas au constat. Pâle développement d'un jeu dont la notoriété reste encore anonyme aux yeux du grand public, le manga ne représente pas plus qu'une énième lutte contre les démons pour sauver le monde dans un déluge de violence gratuite confondant stéréotypes de l'horreur et héros de bas étage pour un résultat peu reluisant. Simple, peut-être même trop. Ki-oon nous avait habitué à mieux...

Ultraglide in black

Nobu est l'un des deux seuls survivants de l'attaque démoniaque ayant frappé son ancien lycée. Traqué par les démons, le jeune homme est obligé de vivre constamment sur ses gardes pour éviter de trépasser. Il est le seul à percevoir le danger qui l'entoure. Danger imminent. Il est obligé de recherche Yumi, l'autre survivante, pour passer à l'action et soulever ce qui se cache derrière cette menace car cette fois-ci, il semblerait bien que les plus hautes sphères du pouvoir politique soient corrompues... Un complot gouvernemental pour livrer la Terre à l'assaut de démons... donc sauvetage du monde forcé aux plus profond des ténèbres. Une mission que ne peuvent effectuer que des héros déjà avertis à l'histoire...

Il n'est pas nécessaire d'avoir joué au jeu vidéo pour comprendre la simplicité de l'intrigue de Shin Megami Tensei : Kahn. Les deux premiers volumes suffisent amplement à s'en donner une très large idée. Tout sent le réchauffé. Du scénario à l'exploitation des thèmes horrifiques, le manga reste dans un registre sans envergure, suivant juste une ligne droite vers son dénouement qui s'annonce sanguinolent à souhait. Les personnages oublient de présenter un charisme intéressant, restant dans la convention du « c'est lui ou moi ! » typique du manga d'action basique. Sans finesse ni rebondissements d'intérêt, l'intrigue risque de se tenir bien vite. Surtout si le mangaka continue présenter des situations de fan service auxquels il ne manquerait plus que les tentacules pour donner une connotation hentaï.

Tirer le démon par la queue

Comment rentrer dans une énormité de scénario tel qu'il est présenté ? La narration pose un constat de départ affligeant qui ne peut que s'améliorer par petits bouts de flashbacks et l'arrivé de nouveaux personnages. Même si parfois le ridicule n'est pas loin. Les monstres ne sont que des tas difformes correspondant aux images préconçues dans la conscience collective. Bref, rien de bien concluant pour un manga dont les scènes d'actions sont pourtant plutôt bien organisées et trépidantes.

Côté graphique, le travail à l'ordinateur est nettement visible mais les personnages n'en ressortent pas plus grandi que cela. Au contraire, le chara design est plutôt peu aguichant. Le trait a beau être fin, les visages ne présentent aucune originalité, les personnages en arrivant même à loucher sur certaines planches. Le découpage est classique pour un manga d'action : super actif lors des scènes de flingage à tout va, plus simple autrement. L'édition est de bonne qualité et reste sans doute le meilleur point sur lequel Ki-oon peut se féliciter...

En attendant la suite (ou le début, je cherche toujours à comprendre) intitulé Shin Megami Tensei : If..., cette adaptation restera comme un petit pavé dans la boue, une sorte d'oeuvre à prendre en sandwich entre deux bons mangas pour constater la différence de niveau existante. Parce que là, sincèrement...

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