7.5/10

Sky Crawlers

Créer des guerres fictives pour distraire une population en paix qui s'ennuie. Voilà le sujet de base de ce film captivant, signé Mamoru Oshii.

Un futur où le temps n'a pas de signification, où il n'y a aucun repère, pas de début, pas de fin, juste un éternel recommencement. C'est dans ce cadre que prends place l'action de Sky Crawlers. Ce monde alternatif connait la paix, mais il s'ennuie. Et comment peut-on apprécier la paix sans connaitre la guerre ? C'est pour répondre à ces questions que le gouvernement crée des conflits de toutes pièces ayant pour but de distraire la population.

Yuichi, pilote de chasse talentueux et personnage principal de cet animé, est transféré dans une nouvelle base aérienne pour remplacer un pilote mort mystérieusement. On apprend bien vite que c'est Kusanagi, chef de la base, qui a mis fin a ses jours. Tous les pilotes de la base sont ce que l'on appelle des Kildrens : des enfants qui ne grandissent jamais, et qui ont été créés uniquement dans le but de faire la guerre, afin de divertir les humains que l'on pourra qualifier de « normaux ». Pour autant, ces Kildrens semblent ne pas réellement se soucier de tout cela. Ils pilotent et se battent contre des ennemis pas vraiment identifiés. Au fur et à mesure de l'histoire, ils commencent justement à se questionner : « Qu'est-ce que je fais là ? », « Depuis quand suis-je pilote ? ». En effet, dans ce film, tout n'est qu'éternel recommencement, on passe de la base, au ciel, puis à la base, et au ciel…


Yuichi

Il se dégage alors une sensation de mal être, où plutôt devrais-je dire une espèce de nostalgie permanente qui colle à la peau du spectateur du début à la fin. L'action est lente, mais plutôt étrange et surprenante, si bien que l'on ne s'ennuie pas. Les décors semblent infinis, et désespérément vides. Malgré cela, c'est visuellement très beau. Le mélange de dessin et d'images de synthèses est du plus bel effet. Le tout fait que l'on se retrouve dans un univers unique, simple, hors du temps, et complètement envoutant. On peut ajouter à cela des musiques, qui sans être transcendantes, conviennent parfaitement à l'ambiance générale.

A travers cet animé, Mamoru Oshii aborde des sujets très complexes comme la manipulation de la vie, ainsi que ses tenants et ses aboutissants. Yuichi en vient même à se demander, lors d'un vol, si telle ou telle chose est une raison suffisante pour continuer à vivre. On peut voir là un parallèle avec un certain malaise que peuvent connaître les jeunes dans la société japonaise. On notera finalement le monologue de Kusanagi vers la fin du film, qui parle de la guerre et de la paix, à travers de répliques réfléchies et profondes.

Conclusion

Sky Crawlers est un très beau film, profond et envoûtant. Vous ressortirez nostalgiques de ces deux heures de visionnage, qui au-delà du spectacle, nous ouvrent l'esprit sur de réelles pistes de réflexion. Une vraie réussite.

 

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Marine Hunter

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