5.5/10

Slasher

Le débarquement du manhwa continue à grands coups de parutions mensuels de qualité variable, chaque nouvelle sortie s'attend fébrilement pour découvrir des auteurs et des histoires qui se calquent souvent sur le déjà vu du voisin manga. Slasher n'échappe pas à la règle en proposant une intrigue de tueur en série qui rappelle vaguement MPD Psycho en moins gore pour se rapprocher plus précisément d'un mélange de films comme Memories of Murder et Le silence des Agneaux. Ces deux dernières références prestigieuses ne sauraient masquer certains défauts mettant en avant un goût pour la violence gratuite et des scènes de fan service qui auraient pu être évités. Mais place à la traque au serial killer car le duo de personnages principaux se révèle savoureux...

Tout est dans le titre

Au beau milieu d'une agglomération coréenne, une nouvelle femme a été découverte mutilée de toute part. Retrouvée au bord d'une ligne de chemin de fer, son corps est marqué de chiffres romains, la police coréenne et en particulier l'inspectrice Lee Sia, mènent l'enquête et se rappellent d'un cas similaire datant de quatre années. Cette ancienne affaire ressurgit du passé va effriter Lee Sia car ce n'est rien de moins que son professeur Kang Jehyong qui fut arrêté. La relation privilégiée et ambiguë entre étudiante et professeur avait pris une tournure démesurée est sur le point de... recommencer. Le prisonnier Kang Jehyong devient la seule aide possible pour résoudre l'affaire de son "copieur" inconnu et se trouve être obligé de faire équipe avec la jeune femme. Clarisse et Hannibal, Lee Sia et Kang Jehyong... Même combat !

Le scénario est un condensé de toutes les bonnes idées des slashers de ces dernières années tout en intégrant deux ou trois scènes chocs qui densifient l'intensité. La tension est de mise entre le « maître » manipulateur incarné par le méchant et l' « élève » qui recherche à le dépasser. Le couple fonctionne en grande partie grâce au charisme de Kang Jehyong qui se révèle être déterminant dans l'intérêt de l'oeuvre. Le reste ne présente pas beaucoup d'originalité avec des rebondissements qui ne nous entraînent ni dans des situations créatives ni dans les énigmes bidonnés. De l'action et de la tension uniquement...

La mémoire des agneaux

A quand des personnages féminins qui ne seront pas des bimbos lorsqu'elles s'occuperont des affaires policières ? Cette question ne trouvera pas sa réponse dans Slasher dans lequel l'inspectrice montre autant ses formes et ses lèvres pulpeuses que son flingue. Le cocktail usité à maintes reprises fait encore son effet et donc on le réemploie ! Passons ce détail pour se rendre compte qu'aucun personnage n'est véritablement original. Tous prennent leurs influences ou sont inspirés des mêmes films cités précédemment. La ressemblance est flagrante mais pas dérangeante car ce ne sont pas vraiment les personnalités des personnages qui sont développées mais bel et bien les relations entre eux. Beaucoup plus intéressant, certains passages s'avèrent savoureux comme les retrouvailles maître/élève...

Au niveau du trait, Chul-Hee Lee est performant et permet au manhwa d'obtenir enfin SON originalité avec un dessin fin et stylé caressant les personnages au niveau du visage, hachurant les scènes d'action, rendant les proportions justes, donnant une texture appréciable et particulière aux coupes de cheveux même si quelques cases sont peu attrayantes (plans de loin). Le remplissage est bon, un peu comme l'édition de Kami.

Pas désagréable mais assez convenu, Slasher est un bon manhwa de genre qui fera passer un moment sympathique à son lecteur sans pour autant marquer définitivement les esprits.

A découvrir

Zero

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques