3.5/10

Spirale

Les mangas d'épouvante ont souvent un public précis : les jeunes femmes d'où le nom de kowaï qui sied au genre. Avant l'arrivée massive sur le marché des Ring, La Femme défigurée ou autres La Maison de l'Horreur, le marché était pauvre en titres, et surtout en titres de qualité, ce qui est toujours le cas d'ailleurs. Leur précurseur était Spirale (Uzumaki) de Junji Ito (Tomié) qui ne cesse de s'enfoncer dans un délire paranoïaque duquel seuls quelques adolescents prennent conscience. Une sorte de malédiction les entourent. Ami des phénomènes étranges, tu prendras ton pied à découvrir les mystères régnant dans le village de Kurouzu...

Un nanar pour la route

Spirale
Spirale
Kurouzu est un de ces petits villages japonais à flanc de montagne, enclavé entre bois et mer, un petit village comme un autre... ou presque. Ses habitants vivent paisiblement au bord d'un lac mais l'un d'entre eux, Shichui, proclame haut et fort qu'une ambiance malsaine va amener le village dans une spirale infernale et une malédiction qui ne tardera pas à s'abattre sur cette population mais personne ne le croit. Personne sauf Kirié, sa petite amie. Rapidement, le couple de héros va comprendre que les événements étranges se concentrent dans ce village devenu fou et dans lequel le symbole de la spirale prend une place prépondérante. L'étrange n'est que la première étape d'une malédiction qui débouchera sur l'horreur...

La croissance des événements étranges avec une héroïne féminine progressant vers l'horreur s'adresse avant tout aux jeunes filles en manque d'émotions alors le mangaka se doit de freiner ses ardeurs en ne présentant que des horreurs relativement « limitées » dans la forme. Le fond est tout aussi pauvre, les événements s'enchaînent à travers de petits chapitres peu convaincants et redondants, mettant Kirié à l'épreuve de sa raison dans un monde qui n'en a plus.

La spirale infernale

Le dessin est sûrement le point le plus positif de Spirale. Les personnages et les fonds sont représentés de manière à matérialiser une ambiance glauque et qui se dégrade progressivement. Les traits tirés, les yeux expressifs créent une ambiance qui marche un certain laps de temps en gardant des proportions raisonnables. Petit à petit, Ito parvient à nous faire comprendre que la désincarnation de ses personnages secondaires est un mal pour un bien : son trait s'embellit d'autant plus que son scénario prend la flotte de toute part...

Les personnages oublient constamment ce qui leur arrive ou n'arrivent pas à se l'expliquer, passons... Les ficelles scénaristiques sont grosses comme des cordes, passons... Après un bon premier volume, le mangaka semble avoir épuisé toutes les situations qui nous emmènent toujours un peu plus loin dans l'horreur et là, ça casse. En effet, les petits chapitres marquent une évolution progressive vers un horrible dénouement avec une succession de lamentables utilisations de classiques du genre. Un petit sursaut d'intensité redonne un peu d'espoir dans le troisième volume mais la fin laisse un vide profond, finissant dans un romantisme assez navrant de simplicité. L'imagination manque gravement de renouveau car si Ito montre une omniprésence de son signe fétiche, la spirale bien entendu, il exploite toutes ses compétences scénaristiques mêmes les plus ridicules (homme ressort, limaç'hommes ) pour terrifier le lecteur qui en rigole d'avance tellement les situations sont mal amenées. L'intrigue s'essouffle, perd de son poids entre les volumes, la surenchère est trop grosse, ratée.

Adapté en film, Spirale fut un nanar qui connut le succès de tout nanar et donc rapidement oublié mais rien qu'à lire le manga, on peut imaginer le rendu catastrophique des situations et des escargots démoniaques par exemple. Seules quelques scènes marquantes et le beau trait détaillé de l'auteur donnent des raisons de lire ce kowaï.

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Amakusa 1637

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