4/10

SteamBoy

On y croyait. Enfin j'y croyais. Très fort même. Le papa d'Akira revient à la réalisation après avoir fait le scénario de l'éblouissant Metropolis. Steamboy, c'est le résultat de près de 10 ans de travail acharné pour produire la nouvelle référence de l'animation japonaise. Il faut croire qu'on devra attendre la suite de Ghost In The Shell car le résultat est très loin de mes espérances.

Otomo ne s'est pas foulé pour le scénario. Grosso modo, c'est un petit garçon qui tombe sur une invention fantastique qui risque d'être désastreuse si elle tombe entre de mauvaises mains. Cette invention ne peut vraiment exprimer son potentiel que dans une tour dantesque. Oui, cela ressemble beaucoup à Metropolis aussi bien dans l'idée que dans le déroulement. D'ailleurs les deux films parlent des mêmes thèmes : les dangers de la science, la science élevée au rang de divinité... Steamboy rajoute en plus des affrontements père-fils étant donné que les trois protagonistes principaux sont respectivement le héros, son père et son grand-père, la famille Steam qui comme son nom l'indique marche plus à la vapeur qu'à la voile. (Hum...).

On pourrait attendre des personnages très complexes et il n'en est rien. Aucun n'a vraiment de charisme et il y a même une petite fille qui est là on ne sait trop pour quoi mise à part nous casser les oreilles et représenter l'élément féminin du film. On est très loin de la mystérieuse androïde Tina et de la magie qui en émane.

Voilà ce qui manque beaucoup à ce film, de la magie, surtout après les dernières attaques miyazakiennes. Certes, le film est une tuerie graphique et l'univers proposé est vraiment excellent. Imaginez une Angleterre en pleine révolution industrielle, remplie de machines à vapeur et de bâtiments superbes. Vapeur, rouages, pistons,... les vieux routards de la SNCF vont adorer. Rajoutez-y quelques anachronismes et de la démesure très « Otomienne » et vous obtenez un délire visuel éclatant qui arrive presque à faire oublier que le gris et le marron étaient les couleurs dominantes de l'Angleterre victorienne. Au niveau technique, il n'y a rien non plus à redire. Mêlant 2D et 3D à merveille, le film est éblouissant à chaque plan, offrant en plus une qualité d'animation inégalée qui donne beaucoup de dynamisme à un film qui n'en manque déjà pas.

Mais cela ne change rien à la déception ressentie devant ce film. On n'arrive pas à accrocher et on a même plutôt tendance à décrocher au fur et à mesure tellement le film est prévisible et classique. On s'émerveille assez souvent devant la maestria technique d'Otomo mais au final, on ressort avec la même réflexion que sur mauvais film de SF : les effets spéciaux étaient bien, mais pas suffisamment pour cacher la pauvreté du reste.

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Oh-Roh

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    5 commentaires

    • Jade

      04/10/2004 à 00h00

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      Steam Boy, c'est avant tout un film attendu par des hordes de fans, qui esperent un film tout aussi grand qu Akira. Mais c'est aussi la cause du deficit budgetaire de plusieurs milliards de yens de Bandai d'il y a quelques annees.
      Steam Boy est tres loin d'etre la revolution attendue. On sent qu'Otomo a subi de lourdes contraintes de la part des producteurs. En ressort un film tres grand public, agreable, mais certainement pas digne du realisateur.
      Le script est banal, un comble pour Otomo, qui semblait en pleine forme sur Metropolis, et il ne reste que la tres impressionnante mise en scene, ou l'on voit bien les milliards perdus de Bandai faire des miracles.
      Au final, on retiendra des plans plus impressionnants les uns que les autres, mais aucune tension quelconque pour leur donner une valeur autre que technique.

    • nazonfly

      14/12/2004 à 22h42

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      Je vous trouve bien durs avec ce film...

      A peine une semaine après avoir vu le deuxième opus de Ghost in The Shell, j'ai pu voir Steamboy. Et j'ai pu comparé la différence entre ces deux animes.

      Déjà au niveau des dessins, là où GITS2 semble vouloir nous épater avec des CGI incrustés parfois presque à la va-vite, peut-être pour faire "nous aussi on sait maitriser l'ordinateur" (je pense notamment à un bouton de porte au début du film), Steamboy nous propose une parfaite intégration de ces effets qui apportent un effet de mouvement et de complexité qu'il aurait sans doute été difficile à réaliser en dessin traditionnel. Les meilleurs effets sont ceux qui passent presque inaperçus...

      Ensuite l'histoire de Steamboy est largement plus originale. Entre l'affrontement des 3 générations de la famille Steam et une réflexion sur l'utilisation que l'on peut faire de la science, je trouve que Steamboy sort un peu des sentiers battus (je n'ai certes pas vu Metropolis, honte à moi). A l'opposé, GITS2 nous sert une nième version de la Matrice vs la réalité. Certes certains auront plutôt vu une réflexion sur l'existence de l'âme chez les machines, mais c'est un thème qui était déjà abordé dans le premier GITS.

      Sur le point de l'action, Steamboy encore l'emporte sur GITS2. Quand GITS2 est parfois fouilli, difficilement lisible, celle de Steamboy est plus traditionnelle et par conséquent largement plus claire sans pour autant perdre de complexité.

      Un autre point m'a beaucoup plû dans Steamboy. C'est le gigantisme et la démesure des dessins, des machines que l'on peut retrouver dans Akira (la démesure organo-biologique est remplacée par les rouages et la vapeur) ou encore dans Robot Carnival. La reproduction de Londres et de l'Exposition Universelle sont tout simplement magnifiques, terriblement gigantesques et belles, comme d'ailleurs la cathédrale dans GITS2.

      Bref à mes yeux s'il faut choisir entre Steamboy et GITS2, pour moi le choix est tout fait...

    • Aliak

      19/12/2004 à 16h56

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      Moi ça me gêne un peu de comparer les deux films, mais bon.

      Sur le point de l'esthétisme, comme tu l'as dis, SteamBoy m'avait cloué le bec sur l'intégration de la 3D. GITS (aussi ^^ ) parait un peu plus contrasté, mais c'est probablement du à une approche différente de son utilisation. Bien que l'on sent la 3D, l'atmosphère du film n'en patit pas, et même au contraire elle rajoute bien quelque choses au film.

      Tu vois après ce que tu dis sur le scénario me dérange, c'est du cinéma, on n'en a pas tous les même perceptions. Ainsi, je n'ai pas trouvé l'histoire de SteamBoy palpitante et je rejoins l'avis de Jade sur le pourquoi de cela. Je n'ai pas trouvé également les personnages de Steamboy charismatiques etc. Tout ça je l'ai trouvé dans Innocence. Mais là, c'est bien une question de goût.

      Et pour finir, je précise que j'ai bien aimé les deux

    • Choucroot

      23/02/2006 à 23h40

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      Je viens de voir Steamboy ( tres en retard certes ) et je passe donner mon avis a chaud: quel malheur. Quel accablant malheur que de voir un spectacle aussi fade venant d' Otomo. Je prefere - en tant que fan d' akira - attribuer ceci a "la production" et aux contraintes pour le rendre tout publique, mais quand meme.
      Grand publique. Mouai... c' est evident que ca n' aurai pas du l' etre. Entre coup flingue a bout portant qui ne laisse pas de trace, himmeubles écrabouillés sans qu' il n' y ai personne dedans ( enfin on suppose ), et visages brulés un peu trop proprement, cela pose déja un gros probleme de crédibilité.
      Bon c' est un détail, mais ce genre d' impression enveloppe tout le film, une espece d' asséptisation qui fait tache, tout comme un personnage principal qui joue affreusement mal et sa copine a la personnalité odieuse... et le tout pour un générique de fin qui arrive quand on se demande quand la vraie histoire commence, alors qu' on s' ennuie déja depuis un bout de temps, et qui confirme ne bancale de la chose en montrant l' apres, qui en 8 images semble déja plus consequent que le long metrage entier )
      Bon alors apres, il est vrai que la technique est impressionnante, avec un desing particulierement réussit et bourré de détail, et une intégration de la synthèse absolument invisible. Mais encore une fois, a quoi bon ? La bande son est... pff aucune idée de ce qu' elle est, aucune musique ne s' écoute, ce n' est qu' un bruit de fond plus ou moin constant, typée musique grandilocante de super prod américaines.
      ca me fait de la peine a ecrire, mais pour moi, Steamboy ne vaut pas mieu qu' un Wonderfull days....
      Et dire qu' il y en a pour le comparer ( et le préférer ! ) a Innocence... non mais vraiment, ou va le monde ?

      edit: choc soudain:
      J' ai pris plus de plaisir a regarder le film FullMetal Alchemist ...
      Moin beau, mais bien plus clair et divertissant. Accablant

    • Anonyme

      20/02/2009 à 17h06

      Répondre

      En effet une histoire et des personnages bien fades.


      Je crois que le Film est un malheureux compromis entre l'idée originale d'Otomo, et les pressions des producteurs.


      Dommage.


      PS: Pour l'anecdote: c'est Jean-Pierr Dionnet qui a suggéré à un des producteurs japonais que la fille ait un role plus important dans l'histoire:


      http://www.animeland.com/articles/voir/ ... re-Dionnet

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