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Syndrôme 1866

Miroku est un jeune homme brillant... mais seul. Il a cessé de suivre ses cours à l'université et ne se présente plus à ses petits boulots. Survivant uniquement grâce au peu d'argent que lui fait parvenir sa sœur, il vit reclus chez lui, enfermé dans ce minuscule studio qui ne ressemble plus qu'à un dépotoir. Résigné, mais rempli de doutes, il se sent coupable d'avoir choisi de ne plus prendre part à cette société qu'il estime malade alors qu'une vie honnête mais banale lui serait si facilement accessible. Mais l'étude de la nature de l'homme, de ce qu'il peut produire de pire et son fonctionnement, accapare sans cesse son esprit. C'est son obsession.

Syndrôme 1866
Syndrôme 1866
A la lecture de Syndrôme 1866, on peut se poser la question du « pourquoi »sur cette adaptation très libre du livre de Fédor Dostoïevski, Crime et Châtiment. Peut-être pour donner une dimension psychologique au manga ? Peut-être pour partir d'une base intéressante ? Beaucoup de peut-être mais rien de profondément certain car si quelques comparaisons avec le personnage et la trame de l'histoire correspondent, le traitement s'avère tout autre. En replaçant le contexte de son intrigue dans le Japon actuel, le mangaka tourne son personnage en type profondément pathétique, imbu de lui-même et profondément solitaire... cela sonne comme plusieurs autres titres de seinen manga apparus jusqu'alors. Concernant le traitement psychologique du personnage, il demeure tout de même bien moins approfondi que dans l'œuvre de référence et on ne fait qu'effleurer la réflexion profonde de Raskolnikov. Le mangaka tente de paraphraser Dostoïevski mais se heurte de plein fouet à un gros problème : restituer des sentiments divers et variés compris sur des centaines de pages à quelques bulles sans y parvenir. On aboutit sur un manga correct mais qui possédait un potentiel beaucoup plus important...

Tout passe à la moulinette : l'enquête (sommaire), le traitement des personnages secondaires (cliché), la relation ambigüe avec la sœur du héros... Clairement, le manga est inspiré de Crime et Châtiment mais il n'en constitue qu'une redite reformulé sous forme de bouillie sans autre création que la réadaptation dans un nouveau cadre à une autre époque. Par ailleurs, le trait du mangaka peut avoir tendance à rebuter le lecteur par son manque de détails et un travail sur des trames très sombres. Quelques visages bizarres et un travail peu approfondi sur l'expressivité des personnages s'ajoutent à cela.

Akata propose un titre plein d'idées mais dont le traitement ne laisse pas augurer du meilleur pour rendre justice à l'œuvre originale. A lire toutefois comme une œuvre banale, Syndrôme 1866 est un petit titre de genre avec un scénario un poil plus élaboré qu'un seinen traditionnel mais qui aurait pu se révéler bien meilleur...

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