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Tamahagane

Voyage temporel, samouraï, vendetta et arme blanche, voilà les éléments qui caractérisent Tamahagane...

GCU n'avait pas marqué par sa qualité, son auteur ne s'était pas fait un nom. Aujourd'hui, Umetaro Saitani se rachète en nous proposant Tamahagane, un shônen plutôt conventionnel faisant appel à l'histoire nippone, aux armes et aux voyages temporels. Pas de quoi soulever des masses d'enthousiasme à première vue mais le traitement de l'intrigue suffisamment bien mené contribue à rendre intéressante cette lecture. Développement ici même...

Des lames et des larmes

Tamahagane (c) Doki-Doki
Tamahagane (c) Doki-Doki
Hayato est un lycéen qui pratique le kendô avec peu de ferveur, contrairement à sa voisine Sakura qui s'applique avec passion. Alors qu'ils découvrent un vieux sabre dans la remise de la maison de Hayato, les deux amis sont brusquement projetés dans le passé...
Et plus précisément en 1864, une période agitée dans l'histoire japonaise où se heurtent les partisans de l'Empereur et ceux du Bakufu (le gouvernement militaire). Dans ce milieu hostile où ils sont poursuivis par des tueurs, Hayato découvre que le sabre qui était dans sa remise n'est pas ordinaire et que lui-même détient une force hors du commun. Heureusement, car il en aura bien besoin pour tenter de regagner son époque...

Voyage temporel, samouraï, vendetta et arme blanche, voilà les éléments qui caractérisent Tamahagane. Le scénario semble tout droit tiré de la boîte de scénarios de jeunesse du mangaka tellement il se révèle simple du début à la fin mais le manga tire le parti d'un traitement assez sombre, accrocheur l'espace de trois volumes. La durée du titre en est la principale qualité car les propos sont concis, l'action omniprésente et le background des personnages quasiment inexistant. Un bien pour un mal certainement. Car les personnages se confondent dans le stéréotype le plus total. Aucun intérêt donc on se passera bien d'explorer leur passé et Saitani préfère se concentrer sur l'histoire du sabre recherché par son héros pour assouvir une vengeance à travers le temps. Dis comme ça, ça ressemblerait presque à une parodie de scénario. Et pourtant... A voir comment le mangaka se met en quatre pour faire croire à son histoire, on s'y laisse prendre. Un peu. Juste un peu...

Sabre de l'interdit

Mais alors un tout petit peu car le soufflet retombe rapidement avec des conclusions de chapitre souvent en demi-teinte et des tentatives d'humour profondément hors sujet. Saitani manque quand même de recul sur son histoire pour proposer autre chose qu'un dénouement linéaire, sans réelle surprise et manquant de piquant. Tamahagane reste un seinen minime (aux allures de shônen) par sa qualité et son intensité. Il existe beaucoup mieux ailleurs mais cela reste juste suffisant pour permettre d'y voir une lecture admissible.

Côté dessin, l'auteur éprouve son style à travers des combats plutôt bien réalisés qui servent bien son intrigue. Le manga demeure une œuvre louable juste pour voir les affrontements remplis de découpages mettant bien en valeur ces personnages ainsi que d'un coup de crayon mille fois plus intéressants que dans son œuvre première parue chez le même éditeur, Doki-Doki. A ce titre, celui-ci sert un manga de la même fournée que les précédents avec une édition plus que correcte pour un petit prix.

Tamahagane n'est rien de plus qu'une petite série courte pour laquelle on se laissera volontiers tentée. Si vous cherchez une bonne surprise, passez votre chemin, ici on fait dans le conventionnel...

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