7.5/10

Tekken : Blood Vengeance

Tekken, c'est une série de jeux de cogne qu'elle est 'ach'ment bien ! Déjà parce que c'est du travail de pro et qu'on s'y amuse toujours, que l'on soit débutant ou joueur confirmé, et aussi parce qu'il y a toujours de chouettes séquences en images de synthèse.
Alors quand j'ai reçu une invitation signée conjointement de Namco Bandai et Kazé pour aller voir le film Tekken : Blood Vengeance au Max Linder, le mien (de blood) n'a fait qu'un tour et j'ai illico été lever le pouce sur les routes de France dans l'espoir de trouver une âme charitable (plutôt qu'un serial-killer, par les temps qui courent j'avais une chance sur deux) qui me mènerait aux abords de la capitale dans les temps pour ne pas rater le début de la projo.

Family business


Un Jin bien tassé (dans son fauteuil)
Pour être clair et net dès le début, Blood Vengeance est un fan film. Pas fait par des fans, mais bien pour les fans. Et même si les sempiternels conflits qui agitent la famille Mishima depuis le premier jeu vous indiffèrent comme l'an quarante...eh bien ce n'est pas bien grave ! Car tout l'intérêt de Blood Vengeance ne réside nullement dans son histoire (où il est en définitive question de la bonne vieille rivalité qui règne depuis toujours entre Heihachi le père, Kazuya le fils et - depuis Tekken 3 - Jin Kazama, petit-fils du premier et héritier direct du second, qui avait à l'époque du 2 une liaison avec Jun. Vous suivez au fond ?)
Non, l'intérêt de Blood Vengeance se situe dans le fait que l'on assiste à une gigantesque cinématique, pleine de clins-d'œil, de fan-service (parfois en culotte courte), de bastons pêchues, et même de boss abusés ! Et à l'arrivé ça fonctionne, même si Blood Vengance souffle parfois le chaud et le froid.


Rend-moi mon peigne !
Visuellement le film est chiadé. Pas non plus au niveau de l'excellence graphique d'un Final Fantasy VII : Advent Children (qui six ans avant plaçait quand même la barre très haut et qui a toujours pour lui de posséder des chorégraphies de combat et un montage des scènes d'action parmi les plus aboutis du genre) mais pas de quoi rougir, loin de là, notamment pour ce qui est du rendu des visages, assez impressionnant. Après tout Namco a une réputation justifiée de savoir-faire et c'est Mori Yoichi, réalisateur des séquences en C.G de Tekken 5 et Tekken 6 (Bloodline Rebellion) qui est à la barre aidé du studio Digital Frontier (Appleseed, Resident Evil Degeneration), et le résultat est là. C'est donc avec plaisir que l'on suit les premières minutes du métrage, qui démarre en fanfare avec un fight entre les sœurs ennemies Anna et Nina Williams, et tout y est : la beauté plastique, les coups des combattantes issus des jeux, la démesure gestuelle et visuelle propre à la saga. Que du bonheur pour l'amateur ! Puis le film enquille sur l'intrigue proprement dite, à laquelle on se rend vite compte qu'on n'y comprend pas grand chose, mais encore une fois ce n'est pas bien grave, car elle sert surtout de prétexte à mettre en avant le couple d'héroïnes principal, Lin Xiaoyu (dont l'entrée en scène avec Panda est un pur régal pour le tekkenophile) et Alisa la cyborg, nunuche et craquante à souhait avec sa chevelure rose et sa robe flashy qu'on dirait qu'elle fait rien que du cosplay toute la sainte journée (et qui fait soudain moins sourire quand il s'agit de filer des gnons). Les deux mignonnes, qui représentent ici une certaine forme d'innocence, vont servir de fil rouge au spectateur et également de balance par rapport aux reste du casting, composé principalement de personnages plutôt cruels et ambitieux dans leur quête de vengeance et de pouvoir absolu - à l'exception notable de Lee, ici en caméo dans le rôle d'un prof-dandy onctueux et comique à souhait, dont les rares incartades dans le film font systématiquement rigoler de bon cœur.

Nina Williams : le monde est à elle (et moi aussi
si elle le veut bien !)

Étonnamment Blood Vengeance ne privilégie pas la carte de la baston à outrance, et c'est peut-être ce qui le dessert le plus. Oh bien sûr il y a une jolie part d'affrontements velus, et surtout un combat final inter-générationnel qui fait dans la belle démesure, mais le film ne fait finalement intervenir que certains persos de l'univers Tekken, en laissant un paquet d'autres sur le carreau, et c'est bien dommage car on n'aurait pas craché sur le fait de voir des rixes d'anthologie avec Lei Wulong, Marshall Law ou encore Asuka Kazama.
C'est sans aucun doute parce que Tekken : Blood Vengeance est pensé comme une transition entre les précédents jeux et ceux à venir, et se doit donc de tenter de développer une intrigue pour tenir la distance du générique de début à celui de fin, intrigue qui n'a que peu d'intérêt puisque la finalité reste la justification d'idéaux plus ou moins bien intentionnés à grands coups de tatane dans le nez (en général, le scénar de TOUS les jeux de baston tient quand même sur un timbre-poste), et que du coup le film souffre parfois de quelques longueurs.


Bonne fête, papa !
Mais au final le bilan se révèle positif, car c'est bien réalisé, qu'il n'y a aucune prétention dans la réalisation autre que faire passer un bon moment aux fans de la façon la plus soignée possible, et surtout parce qu'il réussit son pari : rendre crédibles des protagonistes de jeu vidéo en tant que personnages de cinéma, sans trahir leur charisme initial ; mieux même, en le magnifiant à travers une mise en images stylée et respectueuse.
Rien que pour ça, Tekken : Blood Vengeance vaut amplement qu'on y jette un œil.

PS : le film sera disponible cet automne et sortira sous deux version. Une édition DVD chez Kazé et une autre du nom de Tekken Hybrid, qui comprendra Tekken : Blood Vengeance ainsi qu'une version HD de l'excellent Tekken Tag Tournament.

 

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1 commentaires

  • OuRs256

    05/08/2011 à 14h52

    Répondre

    Bah moi je suis plutôt convaincu, je me laisserai tenter quand ça sortira. Je ferais ptet même une critique du DVD (avec les bonus et tout) tiens !http://manga.krinein.com/tekken-blo ... 16809.html

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