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Tengu-do

Un manfra qui ne paye pas de mine mais qui se révèle fort passionnant. si vous aimez les samouraïs et le fantastique...

La collection Seinen de Shogun s'étoffe de mois en mois nous offrant des surprises réjouissantes (Sanctuaire Reminded, Underskin…). Petit nouveau dans son genre, Tengu-do s'applique à dépeindre une vision fantastique du Japon traditionnel de l'époque des samouraïs. La collaboration de Rossetto et Nikolavitch débouche sur une œuvre intéressante mettant en scène l'une des divinités les plus représentatives de la mythologie japonaise.

Chasse au monstre

Niché au cœur de l'éternité se terre le Tengu, attendant que se présente le destin. Dans son village, le disciple apprend, cherchant sa place au monde, souhaitant la trouver. Sur les voies du temps erre le Rônin, tissant la fatalité. Et un vieux maître de sabre, sentant venir sa fin, médite sur la voie du Tengu, le chemin dont nul ne sort plus après y avoir posé le pied.

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Tengu-do (c) Shogun
On a déjà eu droit à quelques ouvrages parlant de la divinité au long nez (Tengu, Le Clan des Tengu). Cette fois-ci, l'intrigue se concentre sur la vengeance d'un jeune disciple inexpérimenté poursuivant un tengu à l'origine de la mort de son maître. Fougueux et décidé à s'offrir le scalp (ou le nez) du monstre, il part en croisade à travers un pays qu'il ne connaît pas en s'associant avec des compagnons voyages louches tout en se retrouvant embarqué dans des événements historiques le dépassant… Un vrai périple ! Et l'intrigue se révèle intéressante en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. La plongée dans un Japon aux prises avec les armées du grand Khan crée un contexte historique fort, dans lequel la quête du protagoniste prend une autre dimension, même si le scénario classique peut laisser un temps soit peu sur sa faim pour le moment. Le côté fantastique ajoute un intérêt supplémentaire pour le développement futur du contexte historique du Japon sur plusieurs siècles différents…

Tengu dodo

Tengu-do se révèle comme un des rares manfras de Shogun à traiter ouvertement du Japon d'un point de vue historique. Le récit de Nikolavitch est fortement imprégné de l'esprit et des valeurs propres au manga de genre. On a aussi parfois l'impression étonnante de se retrouver aussi dans Usagi Yojimbo lorsque le protagoniste évolue seul. La quête s'annonce passionnante, l'ambiance est installé, Tengu-do ne demande qu'à s'affirmer avec le temps… Le making-of complet du premier tome et tout un tas d'autres bonus (portraits, storyboard…) ponctue l'œuvre.

Graphiquement, le manfra n'est pas à plaindre avec un excellent travail. Les personnages apparaissent expressifs, bien détaillés sous toutes les coutures même s'ils restent parfois légèrement figés. Le cas est rare mais il existe. Le remplissage de Rossetto et les éléments classiques des décors nippons se présentent de manière typique. Un bon boulot justement récompensé par ce grand format qui complète la belle édition des Humanoïdes Associés dans le grand format classique auquel ils nous ont habitué pour la plupart de leurs sorties.

L'œuvre du duo francophone parvient à charmer et le début de Tengu-do laisse penser que le manfra de samouraï possède de beaux jours devant lui en dépit de quelques légers défauts à corriger. Qu'adviendra-t-il de notre héros au grand cœur ? Le chasseur deviendra-t-il chassé ? La suite dans les prochains volumes…

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