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Tennen, pur et dur

Une petite comédie spirituelle ne pourrait pas faire de mal entre deux lectures dramatiques surtout si elle est portée par les épaules d'un yakuza reconverti. Vous voyez d'ici le topo ? Comme un croisement entre GTO et le film Ghost, Satoshi Yoshida nous offre les aventures de Taiji, ex-voyou forcé de devenir apprenti moine pour se débarrasser de la gêne permanente occasionnée par ces visions de fantômes. Pour retourner à son état normal, il doit devenir un être sain et remarquable sans oublier son passé, il doit devenir Tennen, pur et dur. Eclats de rire en pagaille devant la cocasserie des situations assurés...

Nuamuamidabu Amida

Tennen
Tennen
Taiji Gokô est un voyou peu recommandable, chef d'une bande d'apprentis yakuzas. Il possède toutefois une étonnante singularité : il est capable de voir les esprits errants. Une faculté peu banale et dont il aimerait bien se débarrasser. Oui, mais comment ?! Dans un dernier souffle, son grand oncle Kunen, un moine, lui laisse entrevoir la solution : donner un sens à sa vie en embrassant la voie bouddhique. C'est désormais sous le nom de Tennen que Taiji va apprendre à se consacrer aux autres et à maîtriser ses mauvais penchants. Mais quand on a toujours vécu dans la rue, le cheminement vers l'accomplissement bouddhique est semé d'embûches, d'épreuves et de bagarres hilarantes.

Tennen, pur et dur fait parti de cette grande famille de sous genre contribuant à nous faire aimer les « racailles » doté d'un fort caractère, de mauvaises manières, de compétences pour la baston mais surtout d'une attitude totalement en désaccord avec sa personnalité. Dans la même veine que GTO ou Racaille Blues, les aventures du moine voyou vont de pair avec des valeurs orientées shônen comme la vertu, la solidarité et autres canons du genre. Rien d'affolant au premier abord mais un peu comme avec le prof Onizuka, on n'attend que la dose de rire pour apprécier le manga. Celle-ci se révèle plutôt réussi avec les multiples apparitions de fantôme commandant des missions insensées au moine qui mettra toute sa volonté sans aucune bonne humeur à l'accomplissement des tâches.

Les voies de Bouddha sont impénétrables

Il ne faut pas chercher plus qu'une comédie dans Tennen, pur et dur. L'essentiel du manga repose sur les épaules du personnage principal et de quelques personnages très secondaires, apparaissant sporadiquement, en plus des maigres répliques donnés par quelques autres (le disciple et le maître de Taiji). Les situations s'enchaînent bien, mettant à l'épreuve le personnage principal face à ses démons intérieurs du passé. Les débordements arrivent régulièrement et on redemande à force de voir des quiproquos insensés et plus encore, le moine s'évertuer à devenir « bon » et digne de chasser les fantômes l'entourant, la peur au ventre à chaque nouvelle apparition.

Avec un dessin comportant toutes les références à la comédie, Satoshi Yoshida rend un travail correct, clair, qui sans être un modèle du genre, se laisse lire avec aisance. Les têtes des personnages tombent facilement dans la caricature du yakuza, grimace à la clé avec un trait pas tout à fait stabilisé entre fin et mi-gras. Manquant régulièrement de détail et de remplissage, s'axant autour d'un découpage des plus classiques, Tennen, pur et dur ne fait pas d'étincelle graphiques mais n'en demeure pas moins plaisant à lire.

Pourtant, si Tennen, pur et dur était à rapprocher d'une oeuvre, ce serait sans doute à un moindre degré du superbe animé Hanada Shounen-shi, petite merveille d'humour et de drame. Le manga se révèle être une bonne petite comédie à travers une série courte dans une bonne édition. Bonne lecture et que Bouddha veille sur vous.

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