8/10

Time Killers


On reconnaît bien Rin là, non ?
Time Killers n'échappe pas à la règle : comme dans tous les recueils d'œuvres de jeunesse, l'auteur s'excuse pour la "piètre" qualité de ses premiers travaux. Ici, elle le fait dans le petit mot sur la deuxième de couverture (parfois, c'est dans la préface). Pourtant, à la lecture de cette petite collection, je n'ai pas du tout eu l'impression que c'était mauvais. Il est vrai que certaines petites histoires restent totalement anecdotiques et qu'elles soient ou non dans le recueil ne change absolument rien mais il y en a certaines qui sont vraiment sympathiques et dont on regrette presque qu'elles n'aient pas été plus développées. La Voie du repentir par exemple, nous présente un père de famille vraiment très attachant mais la rapidité de l'histoire fruste un peu tant on aurait aimé en savoir plus sur ce personnage, sur ce qui l'a amené à faire ce qu'il fait. Le Lapin et moi est un autre exemple de personnages que l'on aurait aimé voir développés, en particulier le tueur à gages. Son passé aurait probablement été excellent à détailler et aurait presque pu donner lieu à un oneshot à lui tout seul.

Ce qui est très intéressant aussi, c'est de voir l'évolution du trait de l'auteur. Les nouvelles sont toutes plus ou moins datées et le petit bonus où Kazue Kato explique les circonstances de création de chaque nouvelle nous aide à y voir plus clair sur ses intentions. Son dessin à ses débuts me rappelle d'ailleurs un peu celui de Yuko Osada, avec des corps assez maigres, un peu comme des tiges mais qui permettent un dynamisme incroyable dans les scènes d'action, notamment celles avec des véhicules. Au niveau du scénario, pas la peine d'attendre de grandes choses, on voit que ce n'est vraiment pas très abouti. De nombreux clichés nous pendent au nez et cette manie de l'auteur à toujours utiliser des couples antagonistes comme personnages principaux ne fait pas mouche à chaque fois.

Outre son adoration pour les lapins qui se ressent parfaitement ici... et quand je dis parfaitement, comprenez qu'il y en a quasiment à toutes les pages (quand ce ne sont pas des lapins, ce sont des costumes de lapin...) mais certains sont classes, il faut l'avouer ! On pourra aussi admirer les superbes pages couleurs que Kazé a conservé dans leur intégralité. Après, ce qui est un peu dommage, c'est que les petites histoires "en couleurs" font entre une et quatre pages. Aucun vrai chapitre n'est dessiné donc le tout reste très rapide.

Si vous avez apprécié Blue Exorcist, vous apprécierez sans aucun doute ce recueil où se trouve une histoire considérée plus ou moins comme une des bases de la série phare du Jump Square (magazine où est prépubliée Blue Exorcist). Si vous n'avez pas aimé, il y a quand même pas mal de bonnes raisons de jeter un œil, ne serait-ce que pour la variété de sujets abordés. Quoi qu'il en soit, la lecture de Time Killers est vraiment agréable et on passe un excellent moment en compagnie des œuvres de jeunesse de Kazue Kato. D'ailleurs, elle le dit elle-même à la fin du volume, ces histoires sont des "passe-temps" et tout ce qu'elle souhaite, c'est qu'elles remplissent leur rôle de manière plaisante. Je serais tenté de dire : mission accomplie !

Partager cet article

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques