7.5/10

Transparent

La nature humaine possède plusieurs défauts mais par-dessus tout elle est menteuse. Le mensonge fonctionne à plein régime pour des énormités ou pour un rien, pour limiter des conséquences, garder un secret ou enjoliver la réalité. Homme, femme, enfant... tous ont eu recours au procédé si bien qu'il en est devenu banalisé. Mentir n'est pas un crime, c'est une profonde habitude ancrée dans notre culture si bien que pour désigner notre société, certains parlent de « société du mensonge ». Alors le mensonge est-il un vice incontrôlable ? Faudrait-il revenir à plus de vérité envers les autres et de transparence vis-à-vis de nous-mêmes ? Réponse classique : « oui, je vais essayer » (et encore un mensonge) mais sachez que d'autres donneraient tout pour arriver à garder un secret, c'est le principe de Transparent de Makoto Sato...

Comme dans un livre ouvert

Transaprent
Transaprent
On dit qu'Einstein en aurait été un. Seul un être sur dix millions est affecté par cet état. A leur insu, les Transparents communiquent leurs moindres pensées aux personnes environnantes. L'inconscience de leur sort est une opportunité que les autorités se doivent de préserver, c'est d'ailleurs la fonction du bureau de surveillance des Transparents. Il est d'autant plus important de les préserver car ils naissent irrémédiablement géniaux et représentent donc un investissement déterminant pour les gouvernements du monde entier. Au Japon, ils sont six et vivent presque librement mais six, c'est déjà beaucoup car tout le monde autour d'eux est un danger potentiel. Car s'ils apprenaient leur état, leur vie serait ruinée. Plus d'intimité, plus de secrets, tout d'eux serait apparent et par conséquent ils seraient totalement transparents aux regards des autres...

Au-delà de ce que les minis scénarii sont, Transparent propose l'histoire d'une société hypocrite qui masque ses problèmes derrière le voile du mensonge. Les chapitres montrent l'étendue des capacités de ces individus et par conséquent l'impuissance des individus normaux, une césure qui ne cesse de se creuser sans discontinuer. En se mettant à la place des Transparents, le lecteur se rend compte que le manque d'intimité personnelle est un grave manque, on tombe rapidement en affection devant les différents portraits de courageux personnages qui nous font face.

Si les premiers volumes proposent des situations cocasses, les suivants tombent dans le drame avec plus d'intensité et plus de force narrative. L'univers met un peu de temps à s'installer mais l'immersion se fait progressivement pour comprendre un univers contemporain pas si simple qu'il n'y parait. En effet, car c'est de cela qu'il est question : apparence et transparence. Transparent ou non, l'ensemble des personnages joue sur les non-dits et les approximations. La preuve la plus flagrante est le couple Nishiyama/Komatsu composé d'un transparent qui ignore que sa petite amie est chargée de veiller à ce que son état actuel soit conservé. Parfois brillant, parfois lourd, tous les scénarii ne se valent pas mais contribuent à nous donner différents éléments de compréhension sur ces génies.

Six destins d'exception

Le point le plus marquant de Transparent est de réussir à montrer des personnages bourrés d'humanité et dont les plus grandes capacités sont de penser et d'anticiper, ainsi le lecteur ne devine que rarement vers quels thèmes les chapitres l'emmène. Globalement, le manga reste assez simple d'accès même si certains développements deviennent tortueux. Chaque destin des six Transparents que Makoto Sato nous fait suivre se révèle unique en son genre et débordant d'émotion si bien que la limite du sentimalisme est souvent approchée.

Les chutes des chapitres sont teintées de tous les sentiments : mélancolie, tristesse et plus rarement rire. Transparent est bien pensé mais pas toujours très cohérent, les réflexions sont extrêmement bien pensées mais elles sont beaucoup moins bien mises en scène, on a l'impression de tomber dans un sous-Truman Show. Le bureau de surveillance utilise des moyens tyranniques pour se faire respecter et pas toujours très orthodoxes, au point que certaines situations apparaissent totalement absurdes.

Sans être fantastique ni repoussant, le dessin est particulier mais il reste tout de même largement déficitaire devant son manque de précision et de nombreuses petites erreurs. L'impression première est que Makoto Sato ne se force pas à améliorer son trait au fil des volumes mais après réflexion, il impose le style nécessaire à décrire un monde qui se ment à et donc pas très sur de lui-même. Hésitant parfois mais relativement précis dans l'ensemble, le dessin du mangaka peut laisser circonspect (ce fut mon cas à la première lecture) mais l'impression voulue de froideur apparaît petit à petit. Résultat : Sato est tout de même bien meilleur narrateur que dessinateur.

Un manga proposant une idée de départ originale mais qui s'embourbe quelques fois dans ses travers, Transparent reste un succès inattendu qui a connu des déclinaisons en OAV et en film. Au final, on retiendra un manga bouleversant mais qui peine par la qualité de certaines histoires à se trouver une identité. Pour autant, Transparent mérite au moins un coup d'oeil. Reste une seule question : et si c'était vrai ?

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4 commentaires

  • Choucroot

    15/04/2005 à 05h26

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    Ah tien c' est étrange une note pareil. promis je lirai la critique, mais la il est trop tartot ( non mais regrdez moi cette heure ) pour ca.
    Un pote c est retrouvé a avoir ca chez lui, et me l a prété en me disant que ca pouvai etre utile a ma clture générale.et...heu... ben je saurai meme pas quoi en dire tellement je trouve ca nul, de A a Z en passant par les ù, *, £, # et autres ¤ de mon clavier absents de l' alphabet.
    Non ce n' est pas constructif du tout.

  • Castel

    15/04/2005 à 10h38

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    Je dois dire que quand mon frère s'est acheté le premier volume j'ai pas mal hésité, le dessin m'a rebuté je l'avoue.
    Mais en fait une fois rentré dedans la chose est plus que prenante, passionnante même. Je me demandais où cela pourrait nous mener avec un tel propos et en fait le choix de partir dans une description de leur vie quotidienne, comment gérer une vie ordinaire se révèle un excellent postulat. tous les destins ne se valent pas en intérêt mais franchement c'est une bonne surprise !

  • juro

    15/04/2005 à 14h02

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    Si on ne s'attache qu'au dessin, c'est sûr que Transparent n'est pas le meilleur choix de manga mais l'histoire se développe, apporte son lot de surprises et les destins des personnages prennent un sens particulièrement savoureux. Entre drame et comédie, les bonnes idées se multiplient. En fait, on peut traiter Transparent de tout sauf de manga conventionnel.

  • Anonyme

    15/05/2007 à 19h23

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    bonjour tout le monde
    ben moi j'ai lu que le premier tome mais ça m'a suffit parce que depuis, je n'arrète pas de me poser cette question existentielle qui est si bien mise en valeur a la fin de la critique "et si c'était vrai?" c'est pénible parce que comme je n'ai pas très confiance en moi dès fois il m'arrive de me dire que si sa se trouve, tout le monde entends ce que je pense et c'est horrible comme situation. Mais d'un autre côté c'est complètement absurde et pui il y a des côtés qui ne sont pas très réaliste. et pui un sur 10 millions, tant qu'a faire autant être le un sur 10 millions qui gagne au loto.

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