9/10

Traversée du Temps (La)

Un film d'animation à voir de toute urgence tellement il surprend. Ne vous laissez pas avoir par l'accroche, La Traversée du Temps se révèle unique en son genre.

Ce n'est pas forcément mémorable mais Mamoru Hosoda est le réalisateur du film de Digimon. Ne fuyez pas. La suite est bien meilleure car avec La Traversée du Temps, il se rachète une conduite au combien réussie ! Lorsqu'une banale histoire de remontée dans le temps devient une tragédie admirable en tout point, c'est avec bonheur qu'on aime regarder sous toutes les coutures ce film maintes fois récompensé dans les festivals…

Time waits for no one

Makoto est une jeune lycéenne comme les autres, un peu garçon manqué, pas trop intéressé par l'école et absolument pas concernée par le temps qui passe ! Jusqu'au jour où elle reçoit un don particulier : celui de pouvoir traverser le temps. Améliorer ses notes, aider des idylles naissantes, manger à répétition ses plats préférés, tout devient alors possible pour Makoto. Mais influer sur le cours des choses est un don parfois bien dangereux, surtout lorsqu'il faut apprendre à vivre sans !

Mamoru Hosoda peut remercier son scénariste, Satoko Okudera. Si l'intrigue peut sembler simple avec cette histoire de voyage paradoxal temporel, de multiples mystères viennent s'y coller, pas du tout dans le côté fantastique quasiment occulté mais bel et bien dans un tissu de relations humaines complexes. L'enchevêtrement de situations passe du comique bon enfant avec ses gags faciles, sa bonne humeur et son rire facile. C'est la belle vie. Et l'héroïne en profite pour s'amuser et prendre ses rêves pour ses réalités avec réussite ! Cependant, comme dans Full Metal Alchemist, le principe de l'équivalence jouera dans le scénario et la suite sera beaucoup plus terne avec des prises de tête sentimentales criantes de vérité à tel point que le spectateur est plongé au plus près des pensées de Makoto. Ses dilemmes, ses histoires d'amour probables avec Chiaki et Kosuké, sorte de pseudo trio amoureux à la Adachi réuni autour du sport (Touch, Cross Game…) au premier coup d'oeil. Le twist final de la dernière demi-heure coupe l'herbe sous le pied à quiconque voudrait tenter d'en deviner l'aboutissement au départ. Le film présente tellement de facettes différentes que sa définition première sous le terme « shojô » se révèle bien obsolète à la fin.80764_10d9be0beb7a5e86b269cd1d90d5c3d3_250
Le saut avant la chûte

L'éducation sentimentale de la jeune Makoto passe à la moulinette des sentiments et les bons moments de rigolade se transforment en cruel dénouement. Les deux personnages secondaires de garçons accompagnent l'héroïne sur les pentes ascendantes et descendantes des derniers jours de classe. Les retours dans le passé deviennent alors un stratagème pour approfondir le background des personnages, un peu comme dans le film Un jour sans fin. La narration excelle dans le fait de mettre Makoto en proie à ses doutes avec un recommencement perpétuel pour des situations toujours différentes. Jusqu'au dénouement subtil…

Un jour sans fin

Yoshiyuki Sadamoto est de la partie. Le character designer de Evangélion et FLCL (entre autres !) apporte sa touche à l'œuvre avec des personnages élancés, possédant chacun leur originalité, magnifique de simplicité. Si Makoto rappelle par instants Hitomi de Vision d'Escaflowne, les autres personnages sont symptomatiques de la jeunesse en général, avec des portraits bien plus complexes que ce qui apparaît dans le premier quart d'heure du film. Si les codes du shojô transparaissent par ci par là, La Traversée du Temps ne souffre en aucun cas d'une comparaison possible avec les stéréotypes du genre.

L'animation est de bonne qualité, la fluidité avec laquelle les personnages se déplacent (même en roulé boulé) est surprenante d'aisance et le film passe très bien à tel point que le temps défile réellement très vite ! La musique se fait plus discrète, à l'exception d'un titre dont les paroles résonnent par rapport au comportement de Hitomi.

L'adaptation d'un nouveau roman de Yasutaka Tsutsui (après Paprika) se révèle dense, profonde et totalement jouissive. La Traversée du Temps se classe parmi ces nombreux films d'animation ayant reçu un accueil froid des grandes salles de cinéma et donc difficilement accessible. Gageons que la future sortie DVD de Kaze fera des envieux…

La traversée du Temps (c) Doki-Doki
La traversée du Temps
(c) Asuka
Le manga

Question scénario, aucun changement notable. Seulement Asuka nous offre une version accélérée du film à raison d'un début complètement zappé et d'une fille connaissant déjà ses pouvoirs. Les raccourcis sont rapides et l'intrigue en devinet moins prenante. Le mangaka passe extrêmement vite sur des points déterminants de l'intrigue oubliant notamment les passages avec l'horloge. Néanmoins, le trio de personnages conserve son charisme mais l'intrigue perd énormément de qualités par le passage papier au niveau des transitions entre scènes et des remontées dans le temps.

Graphiquement aussi. Rnmaru Kotone n'apporte pas sa pierre à l'édifice en se contenant de reprendre l'oeuvre initiaile pour la restituer dans ces moindres détails sans offrir rien de plus (excepté quelques pages bonus). Le design est sensiblement le même que celui de Sadamoto mais avec moins de détail. Bien heureusement, il reste l'intrigue principale pour se rendre compte que l'adaptation n'avait que peu à proposer au format papier...

Note : 7/10

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Shirley

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9 commentaires

  • Anonyme

    21/08/2007 à 21h50

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    Très bonne critique,très bien dit !


    de la poésie, de la profondeur , des sentiments pas simples très bien décrits et pas du tout gniangnian, des personnages consistants et un basculement de style à la fois surprenant et très bien maitrisé ... C'est un film révé!!!jcomprends pas qu'on en ai si peu entendu parlé!!


     la traversée du temps est vraiment un dessin-animé à voir, dépéchez vous ,il ne passe plus que dans quelques salles !(et en version française, malheureusement)

  • Anonyme

    07/02/2008 à 02h15

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    Tout simplement magnifique...20/20...c'est de l'animation parfaite : c'est beau et plein de poésie, et on se prend meme a avoir peur pour Makoto, l'héroïne! Maudit vélo...A conseiller absolument, c'est du pur bonheur! Et il évite le défaut de beaucoup, il ne tombe pas dans le sentimentalisme.


    J'ai tendance a ne pas comprendre non plus pourquoi on en a pas entendu parler davantage, il mériterai a être connu de tous!


    A mettre entre toute les mains!

  • Anonyme

    02/05/2008 à 22h43

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    Au début on se demande si on n'est pas entrain de visionner un mélange entre nicky larson et le collège fou-fou-fou mais très vite on dépasse cette impression pour rentrer dans l'histoire et se laisser transporter et... ne pas voir le temps passer.

  • Anonyme

    08/12/2009 à 18h12

    Répondre

    Toki wo Kakeru Shôjo, en japonais. Déjà, ne vous laissez pas rebuter par Shôjo; je sais, il y en a très peu qui sont réellement bien fait dans le monde du manga ( moi je distingue deux catégories : ceux qui ne peuvent plaire qu'aux filles fan de shôjô et ceux qui peuvent plaire à un public concernant tous les sexes et tous les goûts : Toradora!, Clannad... ), mais ici, le thème de l'amour est superbe, connaissant son apogée dans un final émouvant à en pleurer.


    La traversée du temps, c'est des fois beau, des fois triste, des fois amusant, des fois mystérieux... Le côté technique est irréprochable et les quelques musiques passent très bien. L'héroïne, Makoto, est hyper attachante et pleine de fraîcheur, ce qui va accentuer le pincement au coeur que vous ressentirez lors de la véritable partie du scénario. Kôsuke apporte la rationnalité dans le trio, Chiaki le côté décontracté. Bref, les personnages sont tous les trois attachants et intéressants.


     Il est impressionnant d'observer l'incroyable réalisme des mimiques des personnages ainsi que du dialogue. La réalisation est vraiment impeccable. Ici nous est décrit un Japon très réaliste : ses rues bondées, le sentiments des jeunes japonais à l'approche de leur examens d'universités. La Traversée du Temps donne vie à ses personnages.


    La Traversée du Temps est un film merveilleux qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Les dernières paroles du bien aimé de Makoto sont tout simplement ancrées dans ma tête et cette façon qu'a le scénariste de terminer son scénario par un pseudo cyclisme ne fait que vous marquer d'avantage.  À voir obligatoirement, en VOSTFR si vous en avez la possibilité.

  • Anonyme

    09/08/2010 à 10h05

    Répondre

    moi, la fin elle m'enèèèèèèèèèèèèèèèèèèèrve , elle a pas de sens!!!!


    attention spoil:


    j'ai dit attention!!


     yo vous savez lire?bref


    c'est quoi cette phrase à la rien à voir de chiaki "je t'attendrai"  ?? quoi dans le futur apocalyptique? et elle , elle veut construire une machine à avancer le temps? Puis lui il aurait pu rester avec la fille! heu c'est trop bête!


    enfin je suis rester sur cette fin perturbante ><!!!!


     

  • Anonyme

    30/12/2010 à 17h45

    Répondre

    oui!!!!! je me suis graté la cervelle pour y comprendre quelque chose à cet phraseXD


    Je me suis dit c'est sa grand mère, sa mère.... mais c' étais pas logique!


    Peut etre qu' il va revenir.... ( je serais au anges s' il y a un jour le 2, mais sa métonerais... )


                                                                Mika- chan

  • sweetlol3

    16/04/2012 à 20h02

    Répondre

    Ce film ne peut pas se terminer comme ça SE N'EST PAS POSSIBLE !!!
    On meurent tous d'envie de voir enfin Makoto et Chiaki ensemble (enfin moi j'en rêve ^^") et au final rien !
    Il FAUT faire un 2 !! :'(

  • el viking

    17/04/2012 à 14h03

    Répondre

    C'est qui tous ces gens?

  • OuRs256

    17/04/2012 à 14h34

    Répondre

    Très bonne question

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