7/10

Tree of Palme (A)

Qui peut bien être Takashi Nakamura ? Réalisateur de A Tree of Palme peut-être mais encore... Si le nom sonne creux au hasard du néophyte, le rappel de son film culte en fera bondir plus d'un : Akira. Une autre référence dans le même domaine : Nausicaä. Bam. Relevez-vous. Chefs d'oeuvres des chefs d'oeuvres du petit monde de la japanimation, les films ont surtout consacré leurs réalisateurs, même si derrière toute une bande de petites fourmis travailleuses avait consenti à produire une animation à la hauteur du récit. Sacrées références pour le monsieur... mais bien les seules probantes dans sa filmographie encore assez vierge. J'avais eu le plaisir de découvrir Fantastic Children il y a quelques temps et si la série n'avait pas laissé un souvenir mémorable à cause d'une intrigue en demi-teinte, le chara design de Nakamura était au centre de toutes les attentions par son originalité plutôt réussie. Animation et dessins au top, A Tree of Palme s'annonçait grand...

Palme yeah !

Palme est un automate doté de vie, un pantin sans ficelles manipulé uniquement par des sentiments contradictoires. Pas guignol pour un sou et à la limite de l'autisme, Palme est nostalgique de l'époque où sa chère maîtresse était encore en vie, n'ayant que son nom à la bouche. Pantin désarticulé, aux mouvements incongrus, son destin va basculer lorsqu'une inconnue au teint bleu va lui remettre l'oeuf de Soma, sorte de source d'énergie concentrée que le héros utilisera pour se mouvoir durablement... mais aussi source de convoitise de la part de nombreux amateurs que sa puissance attire. Palme se retrouve embarqué dans une gigantesque quête initiatique dans le monde d'Arcana dans le but de réaliser son rêve d'androïde : devenir humain. Parsemé d'embûches et de nouvelles rencontres, le voyage s'annonce grandiose...

Présenté seulement en festival en France, A Tree of Palme n'a pas connu la joie d'une sortie en salle qui aurait été méritée. Le long métrage possède des qualités au niveau de l'animation et du chara design original mais aussi une sublime 3D pour des passages incroyables de beauté du monde fantastique d'Arcana. S'il rappelle Pinocchio, le scénario met un petit moment à s'installer convenablement dans la durée mais il démontre une incroyable possibilité à charmer le spectateur par son importance et sa profondeur qui rappelle aussi l'univers de Nausicaä dans l'esprit. Le personnage principal fait évoluer l'histoire à travers son évolution progressive vers son but comme pour une marche sacrée, l'excitation monte, le suspense aussi. Les dernières minutes font atteindre l'apogée de la quête de manière assez formidable. Même si le reste des personnages apparaît un peu stéréotypés ou sous exploités, la densité est telle que l'adhésion à l'intrigue se fait sans réel problème.

Rêves d'androïdes

Mais voilà, A Tree of Palme pêche aussi par manque de rythme au milieu du film et un scénario qui s'effiloche à force de lenteur en dépit de sa splendeur. Les baisses de rythme sont fréquentes, les transitions parfois mal amenées et le nombre de personnages mis en oeuvres sûrement trop important pour développer l'oeuvre dans son intégralité. Seulement, difficile de faire plus, le film dépasse déjà les deux heures de visionnage. Néanmoins, ne pas rester en émoi devant la beauté brute de l'animation est difficile tellement celle-ci est somptueuse, Nakamura réalise avec grand soin et reprend le même trait qu'il avait choisi pour Fantastic Children, arrondissant les angles, le rendant plus enfantin. D'ailleurs, les personnages de la série ressemblent énormément à ceux du film aussi bien dans leur comportement que dans leur chara design. Et pour finir, l'OST est superbe.

A travers sa collection Asia Spirit, TF1 Vidéo n'hésite pas à placarder à tout va du « Akira » dans tous les sens pour vendre le film mais il n'en a pas vraiment besoin tellement A Tree of Palme possède ses propres arguments pour se vendre comme des petits pains. De plus, le spectateur est gâté au niveau des bonus avec un making-of, la bande-annonce, des galeries de croquis ou le storyboard. Asia Spirit fait mieux que certains éditeurs spécialisés dans le domaine. Une bonne licence bien exploitée pour un DVD qui se laissera apprécier à sa juste valeur.

A Tree of Palme devrait sortir avec les honneurs de l'anonymat dans lequel il est confiné à cause de la maison d'édition méconnue et peu conventionnelle pour les séries et films de qualité. Asia Spirit décroche la palme de la bonne surprise de début d'année 2006 pour la sortie de ce film inattendu et encore une fois prenant, c'est dit.

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