8/10

Vampire Hunter D : Bloodlust

Vampire Hunter D: Bloodlust est le deuxième film mettant en scène le personnage de D, moitié vampire, moitié humain. Né de l'imagination du romancier Kikuchi Hideyuki, ce mystérieux héros est un chasseur de vampire, lui-même semi-vampire, à l‘image de Blade. Il est ici designé par Yoshitaka Amano. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose, mais sachez que cet artiste s'est fait connaître aux Etats-Unis notamment pour avoir designé l'oeuvre Sandman et exposé de nombreuses peintures. Les fans de jeux vidéo le connaissent pour sa contribution à la série Final Fantasy. Personnellement j'admire son travail pour Vampire Hunter D, dans la veine gothique et élégante que suivra le film.

A l‘animation, on retrouve une grosse pointure, Yoshiyaki Kawajiri (Ninja Scroll, l‘Animatrix ‘Program‘). Réputé pour faire de la très grande qualité avec quasiment rien, il a écrit le scénario, story-boardé le film et mis en scène le tout avec un brio remarquable. En effet, Vampire Hunter D est un projet américano-japonais au financement plutôt restreint, et force est de constater que le résultat rivalise facilement avec les grosses pointures du cinéma d'animation.

Dans un futur lointain, l'humanité doit faire face à son propre déclin et à la réapparition de monstres mythiques tels que les vampires et les loups-garous. Lorsque le film débute, ces créatures ont pourtant déjà vécu leur temps et sont chassées en masse par les hommes. C'est dans ce contexte que Meier Link, un puissant vampire, kidnappe la jeune Charlotte. Sa famille envoie aussitôt à sa poursuite de nombreux chasseurs de prime dont le sinistre D. Quelles sont les motivations de Meier Link, et pourquoi est-il protégé par les barbarois, une tribu de mercenaires surpuissants ?

Le scénario, qui n'est pas vraiment le point d'orgue de l‘oeuvre, recèle pourtant de subtilités très agréables. C'est surtout le personnage de D qui est mis en valeur. Refusant son héritage de vampire et rejeté par les homme, il mène une vie d'errance. Il ne laisse transparaître aucun sentiments, au point que l‘on se demande s‘il en a jamais eu. On ressent un certain vertige en essayant de concevoir quel genre d'existence cet énigmatique personnage à la puissance hors de proportion a bien pu suivre pendant des siècles, ou, qui sait, des millénaires. Une chose est sûre, tant par son design que par son caractère impassible, D est un personnage très stylé.

Il ne faut pas chercher de message quelconque dans ce film. Certains le trouveront creux, je le trouve quant à moi d'une qualité esthétique hors du commun, et surtout desservi par des personnages tous plus originaux les uns que les autres. La plupart des idées sont vraiment bien trouvées, et très bien exploités. J'ai particulièrement apprécié, entre autre, un barbaroi qui se déplace à travers les ombres et peut tuer en les transperçant. La mise en scène est sobre, efficace, se limite au nécessaire, et est souvent utilisée pour faire ressortir des trouvailles graphiques étonnantes. Quant à la bande-son, elle est dans un premier temps assez discrète , puis relativement violente dans la dernière partie, au fur et à mesure que l'on approche du mémorable final où la vraie nature de D est révélée.

Vampire Hunter D se déroule dans un très lointain futur. Des châteaux à l'architecture baroque côtoient notamment des véhicules motorisés au design assez étrange. C'est ce mélange des époques qui pourra déranger les fans habituels de créatures vampiresques. On sent que le réalisateur expérimenté qu'est Kawajiri tente ici une approche expérimentale du sujet et prend plaisir à mélanger les genres. D'où la présence de scènes en plein jour, dans un décor des plus luxuriants, en plein milieu du film, comme un mirage. On a même droit à une petite partie western ! De là à dire que le film part dans tout les sens, il n'y a qu'un pas... J'ai de mon coté un peu de mal à trancher.

A coté de tout cela, il faut souligner que le génie de la mise en scène ne couvre pas tout les soucis d'animation dû au budget. En effet, chaque affrontement est amené progressivement, et est un point décisif du film. Ainsi, on ressent une certaine frustration devant des combat soignés, mais courts et souvent indignes de la tension avec laquelle on les attendait (mention spéciale au combat final qui doit tourner à seize images par seconde). Au final, et contre toute attente, ce film ne s'adresse pas aux amateurs de films d'action, mais plutôt aux esthètes en herbe. Par ailleurs, je tiens à souligner que pour peu que les vampires “old-school” et le strict minimum de sang ne vous rebutent pas, ce film est parfaitement accessible à quiconque veut bien s'y intéresser.

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8 commentaires

  • Choucroot

    26/02/2005 à 18h51

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    J' avais deja entendu parlé de Vampire Hunter D, surtout parce que c' est Amano - dont j' admir enormement le travail, ff6 oblige - qui a dessiné les personnages.
    On me l' a prété, et a 6h56 du matin, apres avoir (enfin) quitté WoW, épuisé, je vois le DVD qui traine dans un coin de mon lit.
    Mhh. j' ai sommeil, j' ai mon appart' a ranger, c' est pas serieux, il est deja un peu "tard"...
    Ho allez, je mets juste le debut pour voir a quoi sa ressemble.
    Grave erreur, me voila irremediablement parti pour 2h de veillée en plus.

    Vampier Hunter D est beau. C' est tout bonnement magnifique.
    Amano est vraiment un dieu. Des les premieres minutes, je savais que ca allait être grand.
    Certes, l' histoire n' est pas super originale, mais l' univers ratrappe le tout, et comme l' a dit Jade, ca grouille de bonnes idées. Ca grouille tellement qu il y a des moments ou je pense qu' un "novice" serai un peu perdu tant ca part dans tout les sens.
    Bon, apres il y a le visuel. Non en fait, d' abord il y a le viseul.
    D est surement le personnage le plus classe, le plus stylé, le plus fascinant, que j' ai jamais vu dans un animé. Les traits d' Amano sont reconnaissables au premier coup d' oeil, et le tout est mis en mouvement avec brio. Ca va vite, tout bouge tout le temps, sauf quand on a droit a des plans époustouflants de beauté, de poesie.
    D' ailleur, je ne comprend pas vraiment ta remarque concernant les 16fps du combat final, ca m' a pas frappé... Bon peut etre qu' il était 9heures du matin, et que je devai etre en train de passer ma 10eme heure d' affilé devant un ecran .

    Enfin en tout cas, Vampire Hunter D a été une belle claque, une oeuvre dont j' ai envi de qualifier le visuel de Bon Goût Absolu, et je m' attele maintenant a en faire la promo autour de moi

    (ha et au fait, pourquoi le leader des chasseurs de vampires de la bande rivale, les frere marcus je crois, EST Jet de Cowboy bebop ?)

  • Jade

    28/02/2005 à 10h37

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    maintenant que tu le dis... C'est vrai que la ressemblance est assez poussée...
    En ce qui concerne les combats, prenons un exemple:
    le combat final, qui consiste en 2 coups d'épées, puis un face à face de 2 minutes où D et Meier Link se regardent avec plein de haine dans les yeux et font fondre leurs armes tellement ils les appuient l'une sur l'autre... Enfin tu vois de quoi je parle hein

    En fait tu t'attend plus à des combats bien violents, puis ça retombe toujours un peu au moment crucial. Un peu frustrant, mais bon...
    C'est cool que t'ai apprécié!

  • Choucroot

    28/02/2005 à 13h50

    Répondre

    Jade a dit :

    le combat final, qui consiste en 2 coups d'épées, puis un face à face de 2 minutes où D et Meier Link se regardent avec plein de haine dans les yeux et font fondre leurs armes tellement ils les appuient l'une sur l'autre... Enfin tu vois de quoi je parle hein


    Je l' ai revu avec des potes et effectivement, je vois tres bien ce que tu veux dire. Mais en matiere de combat qui tombe a plat, celui contre le loup garou est tres domage... un coup d' épée, une epitaphe, embalé c' est pesé
    Mais quand même... quelle classe ce D
    Et dans le même genre que "Jet" Marcus, je trouve que Meir Link ressemble beaucoup a Falken d' Escaflowne... ou pas ?

  • daria

    01/03/2005 à 11h58

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    moi je préfère largement ce genre de combats que ceux qui durent des plombes... franchement ça ne sert pas à grand chose à la narration que les épées s'entrechoquent pendant 5 à 10 minutes...

    Donc moi j'ai été contente

  • Choucroot

    01/03/2005 à 19h33

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    Oui mais quand meme, Bloodlust ne s' illustre pas par le genie de son scenario ou des dialogues, c' est quand même essentielement visuel. Et les combats sont pour beaucoup dedans, donc voir un affrontement reduit a un coup d' épée, c' est triste.

    Et puis honnetement, j' ai adoré Bloodlust entre autre parce que justement c' est de la baston d' esthète, violente et rapide, et que ca fait pas de mal de se remetre dans une ambiance "bourine" de temps en temps

  • sondern

    06/03/2006 à 01h24

    Répondre

    Si vous vouliez un film d'action bourrin et gore super-rythmé à la Ninja Scroll du même auteur (le génial Kawajiri) passez votre chemin !

    Les scènes d'action sont anecdotiques (les combats sont vraiment très brefs et le duel final entre D et le "méchant" en frustrera plus d'un ).

    Ici on laisse place à une vraie histoire d'amour (enfin, sans tomber dans la guimauve non plus hein ) entre Meir link et charlotte -ainsi qu'une plus discrète entre D et une chasseuse de prime qui donnera lieu à un épilogue déchirant.

    Le film est bizare dans l'ensemble : pas de baston déjà l'intonation gothique qui devrait donner de l'ambiance au film normalement - on parle de vampires, je vous le rappelle - de l'ensemble avec loups garous, princesses, malédiction, chateau forts est troublée par l'irruption impromptue d'un univers western même !!!

    Bref, j'ai été déçu en le voyant : c'est vraiment un film basé sur une histoire d'amour avec D en intervenant avec quelques scènes d'action alors que dans ninja scroll du même auteur c'était vraiment le contraire : 2 ou 3 scènes érotiques vite pliées pour laisser place à des combats dantesques !! Certes cette prise de position risquée est louable artistiquement de la part de Kawajiri dans ces temps de surenchères de violences dans les mangas et anime (où chacun va dans son trip gore pour attirer l'ado en manque d'hémoglobine pour cacher un scenario bancale par ex) mais les amateurs des aventures de D devront y repasser 2 fois avant d'acheter le truc. Je le dis

  • naweug

    20/04/2006 à 09h54

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    Est ce que par hasard cet animé serait adapté en manga ?
    Et si oui, est ce qu'il a été édité en France ?

    Merci (pour pouvoir faire un cadeau à un grand fan )

  • Djak

    20/04/2006 à 11h05

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    je dirais non aux deux
    je croi pas qu'il existe d'adaptation papier
    s'il est fan de kawajiri un coffret regroupant 3 films de jeunesse est sortie ya un mois chez dybex (critique de jade bientot)

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