4.5/10

Vilain Petit Canard (Le)

Il paraît que c'est avec du vieux qu'on fait les meilleures nouveautés. Et c'est aussi bien connu que les histoires s'inspirant d'anciens contes, mythes, ou légendes font souvent recette avec le minimum syndical d'ingrédients. Malheureusement, confier le célèbre conte du Vilain Petit Canard à Ai Moriyama n'était vraiment pas la chose la plus maligne à faire.

Le Vilan Petit Canard
Le Vilan Petit Canard
On s'en doute bien, la ligne majeure scénaristique du vilain petit canard, est "une mocheté qui va devenir une beauté". Et pour une fois, ce n'est pas une fille qui porte mal ses lunettes ou une coiffure ringarde, mais Rei-ichi Shiratori, lycéen binoclard, mesurant environ un mètre et coiffé de la célèbre coupe au bol. Évidement, il n'a d'yeux que pour Yumiko, aussi jolie qu'inaccessible, qui est d'ailleurs la seule élève à daigner lui parler. Mais pas de chance pour Rei-ichi, il découvrira bien vite que si sa belle avoue le trouver "mignon" c'est uniquement parce qu'il ressemble à son chien, Mister. Pas rancunier pour un sou d'avoir pour rival un clébard, Rei-ichi ira même le sauver d'une mort certaine en se foutant volontairement sous les roues d'une voiture. Un an de coma après, Rei-ichi se retrouve à son réveil, métamorphosé en magnifique bellâtre. Son voeu le plus cher a finalement été exaucé ! La question maintenant est : va-t-il enfin pouvoir conquérir le coeur de Yumiko ?

Franchement, la réponse à cette question paraît évidente, mais bon. Ce qui semble moins évident pour le lectorat féminin c'est de remarquer toutes les imbécillités dont le manga regorge. Oui, avouons-le, dès qu'un beau gosse pointe le bout de son nez, on a tendance à perdre un peu nos neurones. Et même si le thème du vilain petit canard avait de quoi séduire à la base (surtout grâce à sa couverture particulièrement... attrayante) Ai Moriyama loupe son coche et signe une oeuvre de très mauvais goût. Parodiant à l'extrême les "moches" qui sont dépeints ici comme des boulets de la nature, tant au niveau moral et physique, l'auteur veut nous faire croire qu'elle a de l'humour. C'est raté car au lieu de rire, on baille et on soupire devant la pauvreté scénaristique évidente.

C'est franchement dommage car le dessin de la mangaka n'est pourtant pas si mauvais que ça bien qu'un peu faiblard et dépourvu de personnalité. Si les couvertures sont très attrayantes, en revanche lorsque l'on feuillette le manga, l'impression est tout autre. Loin d'être rebutant le dessin donne néanmoins une forte impression de déjà vu. Mis à part quelques rares planches, aucune émotion ne s'en dégage et le tout paraît finalement très pâle. Ce n'est en revanche pas le cas de l'impression et de l'encrage de l'éditeur qui fait souffrir de nombreuses planches d'une noirceur peu esthétique. Tonkam se rattrape en revanche sur la traduction qui apparaît suffisamment claire pour une oeuvre de ce genre. Rien d'autre à dire sur l'édition de l'éditeur qui fait un travail équivalent avec les qualités et défauts habituels.

Le Vilain Petit Canard a longtemps été annoncé comme le shôjo référence de l'année 2005. Ahem. S'il l'était vraiment, personne ne serait passé à côté de cette soi-disant petite perle comme c'est le cas ici.

A découvrir

Dororo

Partager cet article
A voir

Chrno Crusade

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques