7.5/10

Vision d'Escaflowne - la série

La dernière décennie du XXeme siècle a permis un important développement pour l'animation japonaise. Les années 90 resteront comme une période d'émancipation pour la 'sous-culture' nippone à travers le monde. Je pense que des séries de qualité ont grandement aidé à cette exportation. Vision d'Escaflowne en est pour moi un exemple parfait : un certain respect de l'animation traditionnelle, tout en innovant à la fois dans le fond et dans les ambitions à atteindre.

Hitomi est une étudiante ayant la réputation de pouvoir voir le futur. Elle ne se sépare jamais de son jeu de tarot et du pendentif de sa grand-mère, l'utilisant comme un instrument magique. Elle possède effectivement des pouvoirs extra-lucides dont l'étendue réelle ne nous sera révélée qu'au fil de la série.
Un soir, poussée par sa meilleure amie à déclarer sa flamme au séduisant Amano, Hitomi est très surprise de voir apparaître devant elle un jeune homme habillé en armure, et un dragon plus ou moins agressif. Une fois débarrassé de la perfide créature, le jeune homme disparait tout comme il est apparu (transporté par une colonne de lumière), en emportant cette fois la jeune fille avec lui. A son réveil, Hitomi ne reconnaît plus rien : elle est dans un monde féerique appelé Gaia, et le garçon qui l'accompagne est le prince du royaume de Famèlia. Ici, la Terre, que les habitants nomment 'la Lune des Illusions', est visible dans le ciel. Au fil de l'histoire viendront se greffer de nombreux personnages plus ou moins attachants, comme le très blond Allen Schezard, ou Merle, une femme chatte criarde.

Dans ce monde, la science et la magie ne font qu'un. Leur plus grand apport à la société est sans aucun doute le guymélef, une sorte de mécha possédant un "lien de sang" avec son pilote. Une fois unis, les deux êtres ne font qu'un, et le robot obéit à son maître par la simple volonté de celui-ci. Néanmoins, ces liens puissants requièrent du temps et de nombreux sacrifices pour le pilote, et ainsi, les vrais conducteurs de guymélefs sont rares. Le guymélef de Van est le légendaire "Escaflowne", bien qu'il ne le maîtrise pas encore tout à fait. Il aura pourtant l'occasion de se mettre à niveau, car dès le second épisode, le royaume du héros est détruit par un mystérieux ennemi invisible, qui se révélera plus tard être le peuple de Zaibacher, dont les volontés expansionnistes ont de quoi inquiéter. A la tête de ce royaume, le machiavélique Dornkirk, qui semble avoir pour ambition de contrôler le destin à des fins tout à fait honorables (le bonheur absolu). Seulement, la fin justifie t'elle les moyens?

La première chose qui frappe dans Vision d'Escaflowne, c'est le design très typé shojo. Nobuteru Yuki (designer des Chroniques de la Guerre de Lodoss, de l'anime X de Clamp, entre autres) a souvent été critiqué pour ce choix stylistique qu'il revendique pourtant comme délibéré. Les personnages ont des yeux énormes, qui transparaissent à travers leur chevelure, et possèdent des nez saillants qui sont depuis longtemps entrés dans l'Histoire de l'animation japonaise. Il faut savoir que pour l'adaptation cinématographique, Yuki se pliera à la volonté des fans (tout en gardant en tête que son style avait bien évolué depuis) et proposera un design plus classique, mais aussi plus fouillé.

Plus fouillé aussi seront les personnages principaux, qui dans la série ne brillent effectivement pas par leur originalité. Que se soit Hitomi, jeune adolescente en découverte de l'amour, Van le jeune prince intrépide, ou Allen, séducteur plus expérimenté, aucun des protagonistes de ce très prévisible triangle amoureux ne sauraient intéresser plus qu'une poignée de fans. Pourtant l'histoire d'amour est un sujet qui occupe une bonne moitié de la série. Mais il faut tout de même souligner que malgré quelques lourdeurs, les sentiments des personnages sont montrés du point de vue d'Hitomi. Les auditeurs ne reniant pas leur coté fleur bleue pourront s'identifier au personnage relativement inexpérimenté. Les autres, ma foi...

Mais c'est la que Vision d'Escaflowne frappe très dur. Derrière un aspect graphique désuet, une animation bien en dessous de la moyenne, et une histoire d'amour très présente, se cache un scénario d'une force incomparable. Un scénario tout en nuance, qui ne révèle sa puissance qu'après la seconde moitié des 26 épisodes. Alors on se rend compte que chaque détail, chaque élément anodin à un rôle à jouer. Tout est mis en place pour servir l'histoire, et l'on constate que les romances apparemment stériles se sont en fait des éléments très important du scénario. Avant même que l'on puisse réaliser quoi que se soit, un retournement de situation apparaît, de manière tellement évidente, d'autant plus que toutes les pièces du puzzle sont là, devant nos yeux, n'attendant qu'à être mises en ordre. Ici repose une grande partie du génie de la série : un scénario dont les bases sont parfaitement visibles, mais exploitées dans leurs moindres détails, avec une logique implacable, comme si le tout était prédestiné.

Profitant dès lors d'une ambiance hors du commun, et d'un scénario plus que solide, Vision d'Escaflowne aurait pu devenir un poids lourd de l'animation japonaise, au même titre qu'Evangelion ou Cowboy Bebop. La bande originale, signée Yoko Kanno, est à ce titre, d'une qualité impressionnante. Variée et envoûtante comme rarement, elle offre une puissance inexprimable à l'image, et fait presque oublier toutes les faiblesses techniques de l'anime. Les combats de Guymélefs se règlant souvent à coup de violents dialogues entre les personnages, puis avec deux coups d'épées, généralement cadencés à moins de 10 images par secondes (quand ce n'est pas sur plan fixe, avec bruitages derrière). Ajoutons à cela l'aspect très shojo, qu'un large public aura du mal à apprécier et un dernier épisode plus que décevant.

Sans ses quelques défauts, Vision d'Escaflowne aurait pu être une très grande série. Mais elle n'en reste pas moins géniale pour son ambiance (un doublage en français plus qu'honnête) et son scénario. Pour le reste, il faut savoir que les studios Sunrise rectifieront avec brio leur tir grâce au magistral film Escaflowne : A girl in Gaea, qui sortira en l'an 2000.

A découvrir

X - le manga

Partager cet article

A propos de l'auteur

10 commentaires

  • lolo the otsego

    21/12/2005 à 11h29

    Répondre

    super manga, les visions d'Escaflowne, le premier que j'ai vu et suivi, pour un coup que j'arrive pile au premier épisode, peut être un peu long, mais nécessaire a la mise en place de l'histoire, mais pour moi, un grand nom du manga.

  • abdessamad

    21/12/2005 à 23h46

    Répondre

    we j'ai vu sa a comme sur manga
    ca va c'est assez bien

  • schiste

    22/12/2005 à 01h21

    Répondre

    Escaflowne fait partie selon moi de ce que j'aime à appeller "la trinité des animes"... Pour moi il y a eu trois grands animes dans les années 90, et il en fait partie. Un chara et un mecha design vraiement bon, des personages attachants ( meryllllllllll Falken :love) et un scénario bien ficelé...

    On saupoudre le tout d'une pluie de musique majestueuse et on obtient ce genre d'anime parfaitement réussi et maitrisé

  • Djak

    22/12/2005 à 11h31

    Répondre

    Encore une fois ne confondez pas manga et anime.
    En particulier pour Escaflowne qui a une adaptation manga désastreuse.

  • Anonyme

    07/02/2008 à 20h29

    Répondre

    OK les épisodes du milieu son trop gangnan et l'animation bof-bof...on aime ou on aime pas... mais en revanche...ACHETEZ LA BO!!! (ou téléchargez la, hm....) C'est la bo qu'on rêverait de mettre sur Evangélion et de manière générale sur tous les animes vaguement fantasy ou SF...

  • Anonyme

    12/09/2008 à 20h56

    Répondre

    j'ai également vu quelques épisodes et j'ai pas mal aprécié

  • Anonyme

    13/05/2009 à 23h32

    Répondre

    moi cette serie je l'ai decouverte un peu tard(a la fin meme) j'en suis degouter telement j'adore, je kif, je love cette serie, j'ai une grande hate de voir le film et de revoir la serie si possible du debut cette fois si.

  • Anonyme

    20/05/2009 à 22h17

    Répondre

    trés bon mangas je l'ai aimé des le debut cependant je n'ai pas beaucoup aimé la fin c'était un au revoir sans lendemain je pensai que van irait réccuperer hitomi au lieu de ça lis se jurent de ne jamais s'oublier c'est pas une fin ça mais un super mangas

  • Anonyme

    28/06/2009 à 09h08

    Répondre

     Pour ma part, l'aspect Shojo me dérange pas, ça change un peu je trouve, mais c'est pas du Shojo même  pour moi, c'est à la limite si on peut dire..


     Ensuite, il est vrai que l'histoire est très bien construite,  chaque élément n'est pas là au hasard et aura une place importante dans ce que souhaite réaliser le fou de Dornkirk.


     Je n'ai qu'un reproche à faire à ta critique, hormis d'exposer beaucoup le négatif, c'est que tous les Guymelefs ne sont pas reliés à leur pilote par " un pacte de sang " il n'y a que Escaflowne, les autres pilotes eux par exemple, n'auront aucune blessure interne si leur guymelef est considérablement touché, pas avec Escaflowne par contre


    Voilà, en tout cas, bravo, beau pavé, mais bien trop négatif à mon goût, escaflowne reste une des plus belles séries Japonaises à mon goût, quoi que trop courte ( mais 26 épisodes en relation avec les cartes de Tarots je crois.. )


    Voilà, c'était trilition en direct de Fanélia ( ah bon, si loin que ça ? .. )

  • Anonyme

    03/05/2010 à 13h42

    Répondre

    cette série possède une jolie animaton en un design soigné pour son epoque et surtout de superbes decors que l'on ne trouve pas forcement partout même dans les séries recentes, le jeu des couleurs est vraiment tres beaux par moment (c'est une des derniere serie mise en couleur sur cellulo en plus!). mais il y a un mais le reste, oui, les personnages sont pas attachants ils sont caricaturaux au possible, le hero prince  tête brule, l'heroine est une cruche fini, apres on a le play boy qui est quant m^me assez laid qui possède son navire volant (oui les vaisseau vols)et ses sbires, la princesse elle aussi assez cruche et le gros mechant du pays ennemi dulandeau lui c'est un hysterique deranger ioi! donc la psycho de personnages ne cassent pas 3 pattes à un cannards le hero veut vengé son peuple c'est son seul objectif, l'heroine hesite entre lui et le cheveulu et se tire des cartes quel  dillemme -_- en sortant ces monologues de cruches"machin est plus adulte que truc nuche mais truc nuche m'a sauve..."pathetique et la princesse et rival de l'heroine car elle est amoureuse du chevelu qui lui se croit tellement beau et irressitible qui drague n'importe quel jupon à le ronde ioi! et son air chevaresque avec ses poses de manequin il est vraiment ridicule et devrait enleve sa perruque! donc les personnages sont de vraix caricatures que ça  en devient drole et navrant.., leurs relatons est très limites et le scenarios n'a pas de reels surprises sauf dilandeau ! tou est super figes, il y avait des possibilite mais rien n'est exploite ni approfondi tout reste superficielle et ennuiyeux comme les personnages, les combats sont tres decevants surtout apres avoir vu van lutte contre le dragon qui reste une des plus belle scene de par sa beaute sa violence et son rythm  le reste des combats tombent à plat! d'ailleurs les deux premiers episodes sont les 2 seules qui m ont impressionne! donc à voir à l occasion  mais ca reste tres limites surtout face à la richesse des series actuelles!

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques