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Voix des Fleurs (La)

Avec La Voix des Fleurs, Natsuki Sumeragi nous livre un jôsei faisant appel à la Chine traditionnel et une époque révolue au sein de laquelle les sentiments amoureux des personnages se montrent justement à fleur de peau. Histoire d'amour fou, d'amour impossible, d'amour contrarié ou d'amour incestueux, le thème principal de ces quatre nouvelles n'a pas besoin de beaucoup plus de développement pour intéresser une catégorie de lecteurs très ciblée.

Ikebana

La Voix des Fleurs
La Voix des Fleurs
Les amours d'un mandarin et d'une pivoine, la tendre histoire du garçon qui s'éprit d'un papillon, la surprenante aventure du tigre providentiel ou l'étrange sanctuaire de la princesse serpent... Autant de légendes superbement mises en images dans ce recueil de 4 nouvelles (inspirées de la Chine et du Japon médiévaux) s'articulant autour des relations complexes entre l'homme et les esprits de la nature.

Entre ces quatre nouvelles, les romances sont bien évidemment au centre de toutes les attentions. Les personnages masculins apparaissent comme les protagonistes confrontés à des déesses - à tous les sens du terme - qui soulèvent leur coeur pour s'en emparer. La dose de fantastique s'ajoute au côté traditionnel chinois. L'absence de ton japonisant dans la narration est claire et nette avec une évocation naïve des valeurs de l'époque : courage, amitié, éternité... Tiraillés entre leurs sentiments, les personnages sont souvent amenés à emprunter beaucoup de chemins détournés avant de prendre la décision qui les satisferont. Comme dans tout manga. Mais dans La Voix des Fleurs, les dénouements sont trop gros, mal sentis, sans véritable suspense, ni rebondissements imprévisibles. Assez plat.

Entre les pétales

Pour autant, la qualité du manga emprunte à de nombreux contes chinois et nippons amenés avec beaucoup de respect, sans dénaturer le contexte. Si ceci constitue un point éminemment positif, Natsuki Sumeragi s'y enferme désespérément. Concentrée sur ses histoires avec le respect de la tradition en ligne de mire, elle oublie véritablement de donner un développement digne de ce nom à ces histoires qui se retrouvent confinées à une situation de départ et un dénouement trop rapide. Psychologiquement, les personnages se rassemblent un peu tous et le drame est souvent la conséquence directe de leurs agissements égoïstes.

Côté dessin, on tomberait dans d'intéressants relents anciens avec ces visages expressifs comme jamais. Un peu comme dans L'Opéra de Pékin, les habits flottants des personnages jouent certainement pour beaucoup dans l'impression romantique donnée par l'ensemble. Un ensemble qui est donné par un trait fin, aux visages doux et bien évidemment dans lequel la floraison apparaît comme un élément essentiel. Les débuts d'histoires ressemblent à des paysages en peintures traditionnelles avant de proposer un découpage actif et intéressant, mêlant pages noircies et blanches remplis avec constance. Pour le culte du beau...

Si La Voix des Fleurs ne s'impose pas comme un titre exceptionnel par son scénario ou son thème, le dessin se laisse admirer comme il se doit. Un petit one-shot sans prétention pour amateur de jôsei en attendant mieux...

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