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Walkin' Butterfly

Une success story made in Japan. Mode, jeune fille élancée et capricieuse, créateur imbu de lui-même... Walkin' Buttefly se montre tel un jôsei plein de bonnes intentions qui ne s'en sort pas trop mal...

Michiko a toujours considéré son corps comme une malédiction. Déceptions amoureuses, petite délinquance, la jeune fille stigmatise sa grande taille qui l'empêche d'être bien dans sa peau. Et à 19 ans, Michiko se désespère de ne pas trouver chaussure à son pied. De petits boulots en petits boulots, la jeune femme va se retrouver plongée contre son gré dans le monde de la mode, milieu dont elle ignore tous les codes, lorsqu'un des responsables d'un défilé la prend pour un des mannequins. Finalement démasquée, Michiko a une revanche à prendre : elle deviendra mannequin et défilera pour les plus grands. La mode sera sa révélation et la chrysalide deviendra papillon.

Walkin' Buttefly
Walkin' Buttefly
Walkin' Butterfly
prend place dans le monde de la mode, mettant aux prises une jeune fille paumée face à la réalité de sa condition. Sans aucune limite, Michiko évacue sa rage d'être une géante aussi bien sur des objets que sur ses proches. Son regard de braise en dit long sur sa rébellion mais montre surtout une façade de fille fragile, refusant de grandir dans sa tête et prête à gâcher son avenir si on ne lui montre pas la voie. Capricieuse et entêtée, Michiko refuse de s'adapter au monde adulte et seul un garçon, Nishikino, trouve grâce à ses yeux et lui apporte l'apaisement nécessaire... La découverte -par un pur hasard- du monde de la mode donnera à Michiko une raison de se surpasser en prenant comme motif la vengeance, un peu comme dans Skip Beat !. Dans la tradition des jôsei nouvelle mode, genre Moyocco Anno et compagnie, ce Walkin' Butterfly signé Chihiro Tamaki possède quelques sérieux atouts scénaristiques. En premier lieu, un recul sur elle-même du protagoniste a posteriori de ces crises de colère lui donnant une profondeur intéressante, intelligemment mise en parallèle avec des passages humoristiques bienvenus. Ensuite, un rythme soutenu, sans temps mort sur lesquels des personnages « humains » se distinguent.

Dessin épuré, personnages longilignes, expressivité décuplée, le manga trouve un écho favorable à la lecture. Dommage que les couvertures neutres et peu aguichantes gâchent un peu tout le travail d'édition. Walkin' Butterfly se montre sous un jour sympathique et même si le travail manque parfois de peaufinage et de détails, l'univers décrit par Tamaki prend ses ailes et s'envole.

Le titre s'étend sur quatre volumes, juste le temps de boucler correctement l'histoire. Si le titre ne possède pas la noirceur de Helter-Skelter, ni le côté sucré de Paradise Kiss, il aborde la mode sous un autre aspect, laissant de côté les paillettes pour se concentrer sur ceux qui sont vraiment derrière le rideau. Et même si on a bien du mal à croire à de quelconques ressemblances avec l'univers réel, la personnalité de Michiko est suffisante pour s'y intéresser.

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Nodame Cantabile

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Shin

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1 commentaires

  • sphinx

    08/11/2009 à 14h38

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    Je me suis régalée.


    Entre l'héroïne colérique (très loin de la
    fashion-victim), le styliste renfermé accro au boulot,
    l'ancienne mannequin alcoolo, et les autres...les persos sont très
    réussis.


    Je ne sais pas si le milieu de la mode est bien
    retranscrit (pas mon truc, néanmoins j'ai un doute) mais bon
    ça se tient. Certes ce n'est pas le scénario du siècle
    mais l'évolution surprend en cours de route et elle est très
    bien amenée, en synchro avec celle de Michiko.


    On a quelques moments
    d'atermoiement, pas mal de "piquages de crises" et quelques
    répliques bien sympas (not. référencés
    mangas). Le dernier tome est peut-être un peu plus gnan-gnan
    mais c'est très supportable.


    Quant au dessin, un très
    joli côté crayonné qui rend bien les expressions:
    très agréable.


    Bref, on ne s'ennuie pas,
    on enchaîne les tomes et on se régale.

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