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Warrior

Le mélange de substances illicites, d'alcool et de caféine regroupés dans le même pot pourri en intraveineuse est dangereux pour la santé. Malheureusement, c'est certainement une composition sensiblement similaire que semble s'administrer Lee Tae-Hang pour l'écriture de son scénario de Warrior. Partant dans une science-fiction délirante à tel point qu'il serait qualifiable de bande dessinée comique lorsqu'elle est prise au second degré, cette oeuvre est à ranger dans la catégorie nanar avec tous les éléments à rapporter au genre. Mais alors vraiment tout. Jusqu'à l'overdose...

« Enculé de lapin, nous faire flipper ainsi ! »

Guy est militaire professionnel. Il a été choisi pour participer à une mission de sauvetage. Mais de curieux pièges se dressent sur leur route, et tous ses coéquipiers perdent la vie, tour à tour... Seul survivant, il est alors utilisé comme cobaye : une puce expérimentale lui est implantée dans le cerveau afin qu'il devienne LE robot parfait. Même si toutes les possibilités technologiques n'ont pas été explorées, cette puce réduit la durée de vie du porteur... Guy parvient à s'enfuir... mais devient ainsi la proie de ses créateurs. Pour eux, une seule priorité : l'éliminer ! Leur expérience doit demeurer secrète... Guy échappera-t-il à ce destin funeste ?

« Pourquoi vouloir nous tuer après nous avoir piégés ? »
.....
« Tu crois vraiment qu'on va se faire sans réagir ? »
....
« Moi aussi j'ai un corps qui ne craint pas la mort »
...
Est-il besoin de continuer ? Ce premier panel suffit à se rendre compte de la poésie référent à Warrior. Rien mais absolument rien de séduisant dans les dialogues ne permet d'apprécier le manhwa. Reste les scènes d'action mais celles-ci sont tellement empilées les unes sur les autres que finalement, on n'en vient à se demander si on ne préférerait pas les dialogues. La triple dose du mélange personnel de l'auteur laisse dubitatif sur l'orientation donnée au manhwa à part une très simple histoire de vengeance bateau accompagnée d'une quête d'identité supplémentaire. Quitte à se retrouver dans un « scénanar » d'action explosif, autant ne pas trop développer ce qui pourrait enlever des pages de poursuite de voitures ou de baston généralisée avec un vague complot militaire là dessous. Et de même pour la pseudo histoire d'amour. Bref, du bon gros charabia sorti de la première inspiration venue. Et puis sinon, rien.

Le cyborg et moi

Le personnage du cyborg s'avère détestable dès sa première apparition par son manque flagrant d'intelligence et de charisme à foncer droit dans le tas sans hésitation ni réflexion quelconque. On croirait ce cyborg tout droit échappé du film du même nom avec le prophète Jean-Claude. Mais si Monsieur Muscles avait le don de nous faire rire par son côté triomphant, ici on tomberait plus dans le mauvais Chuck Norris. Le genre de truc sans émotion, insipide au possible entre deux scènes d'action aux répliques cultes (comme vu plus haut).

Rien de plus glorieux côté dessin avec des personnages disproportionnés selon les cases et forcément très stéréotypés à cause du scénario manichéen. Oubliez la couverture qui pouvait ressembler à quelque chose, on est vraiment en droit d'attendre autre chose lorsqu'on achète un manhua. Car même l'aspect pop-corn ne prend avec Warrior et le design simpliste des personnages ne laisse aucune chance à l'intrigue de se rattraper. Alors au final, les pages défilent, on s'ennuie pas mal (pour ne pas être plus grossier) et on a plutôt hâte d'en finir car même les cases demeurent vides de remplissage et sans émotion aucune. Passez votre chemin...

Un nanar de plus dans sa collection et un vrai de vrai pour le coup. On attend l'adaptation cinématographique avec impatience. Mais si vous aimez, je vous conseille de laisser Warrior au fin fond de votre bibliothèque, planqué entre deux tomes d'encyclopédies afin d'éviter les quolibets de vos amis.

A découvrir

Mlle Ôishi

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