Welcome to Hotel Williams Child Bird - Rihito TAKARAI n'a pas fait que du yaoi !

Dans la famille "Je vous ressors un article parce qu'un auteur est invité à Japan Expo par un éditeur", je demande la grande soeur ! Premier titre shôjo des éditions Ototo (souvenez-vous, c'était en 2012), cet excellent manga signé Rihito Takarai montre qu'elle peut faire autre chose que du yaoi ! (Texte original de Mimi0524 sur Krinein en 2012, retravaillé pour l'occasion).

Kizuna Etô, une jeune adolescente de seize ans, participe chaque soir à un « jeu » dangereux et peu reluisant avec ses copines. Son but : extorquer un maximum d'argent aux salarymen qu'elles abordent et séduisent dans les rues. Cependant, Kizuna n'a qu'une envie : arrêter ce jeu malsain, mais tout stopper irait à l'encontre des règles et cela lui est donc impossible. Son quotidien sombre bascule lorsqu'elle rencontre Yuki Inoue dans son immeuble, qui lui propose de devenir le modèle de son cousin : Yûsei Asai, un artiste peintre renfermé et nonchalant.

 

Welcome to Hotel Williams Child Bird, est la deuxième série d'Ototo Manga, petite soeur de la maison d'édition Taifu Comics. Cette œuvre, dessinée par Rihito Takarai (connue en France pour Seven days et Seule la fleur sait, deux titres yaoi), est une adaptation libre du roman de Yukako Kabei dont l'ambiance, selon l'auteure, est moins noire et étouffante que l'œuvre originale. Le style de la mangaka retient particulièrement notre attention avec une couverture et une première page riches en couleur. À première vue, le manga ne semble pas se démarquer des autres shôjo mais le début de ce volume nous révèle un univers bien plus complexe et sombre qu'il n'y paraît…

 

Volume 1 : Découverte d'une oeuvre grahique complexe.


Welcome to Hotel Williams Children Bird
 invite le lecteur à suivre la relation atypique entre un peintre et une jeune fille qui accepte de poser nue pour lui afin de fuir le quotidien malsain dans lequel elle s'était empêtrée. Kizuna, livrée à elle-même, ne vit que grâce à l'argent volé à des hommes qu'elle aguiche. Contrairement à ce que l'on peut penser au premier abord, le manga est dépourvu d'érotisme et cela va de même lorsque l'héroïne pose nue. On pense pouvoir se rincer l'œil mais encore une fois, on est leurré car on n'y voit pas grand-chose. Ces moments-là s'attachent plus à montrer l'état d'esprit de Kizuna. Si le modèle est au départ embarrassé et hésitant à se dévêtir, Yûsei est quant à lui, indifférent et uniquement concentré sur son travail, tel un véritable artiste. Il est d'ailleurs intéressant de voir comment est traitée la relation entre les deux personnages puisqu'elle se noue en toute discrétion. Les émotions sont à peine suggérées : on évite des scintillements dans les grands yeux de l'héroïne ainsi que des rougissements excessifs. Cela apporte une touche plus réaliste au manga et l'éloigne ainsi des codes esthétiques dushôjo.

L'action, quant à elle, se déroule tellement vite que la situation initiale de Kizuna, brouillée dans son « jeu », passe directement en second plan dès lorsqu'elle rencontre Yuki et Yûsei. Les événements ralentissent par la suite avec le quotidien de nos héros (les séances de peinture par exemple) mais celui-ci est subitement interrompu à la fin du volume. En effet, le ton du manga change et révèle une ambiance bien étrange qui complexifie le récit. Ce mélange insolite est repris par les décors qui retranscrivent finement les différentes tonalités de la narration. Contrairement à Seven days qui favorise des arrières plans vides, les décors dans WTHWCB (petit raccourci pour ce titre à rallonge) répondent présents, même s'ils ne sont pas si nombreux. Ainsi, on contemple en premier temps, les paysages nocturnes très réalistes de la ville, puis l'atelier bordélique mais chaleureux de Yûsei et enfin, l'étrange hôtel dans lequel habite nos héros.

 

Volume 2 : Découverte d'un passé décomposé.


Le passé de Yûsei commence à se révéler dans ce second volume. Le peintre s'enferme dans ses souvenirs et refuse de sortir de sa cage. Yuki, son désinvolte cousin, ne cherche qu'à le tirer de sa mélancolie et c'est pourquoi Kizuna a été embauchée. Face à cette vérité la jeune fille n'est pas prête à baisser les bras. Au contraire, cette dernière est bien déterminée à se démarquer de Minako. Mélancolie, frustration, sentiments amoureux : les émotions des personnages sont peintes avec justesse et vraisemblance. On est facilement entraîné dans ce récit à la fois triste, comique et à nouveau teinté d'étrangeté en fin de volume.

Ce second tome offre une lecture plus fluide et légère que le premier. L'histoire devient malheureusement trop classique mais elle n'en reste pas moins efficace. Le volume se termine sur un autre suspense et on peut saluer la mangaka qui maîtrise parfaitement l'art du cliffhanger. Avec une fin pareille, les lecteurs de WTHWCB ont bien évidemment été incapables de résister lors de la sortie du troisième et dernier tome... 

 

Volume 3 : Découverte d'une histoire.


Voici le troisième et dernier tome de Welcome to Hotel Williams Child Bird ! Que s'est-t-il passé, suite à l'accident ? On s'est attendu au pire mais rien de grave n'est arrivé à nos deux héros. Kizuna se rapproche de Yuki et laisse plus de tendresse s'immiscer entre eux. Le jeune homme l'embrasse sur la joue mais Yûsei, qui s'est rendu à l'hôpital pour prendre des nouvelles, ne l'a pas vu sous le même angle. Les jours passent et l'artiste, jaloux, continue de prendre ses distances avec son modèle jusqu'à ce qu'une panne d'ascenseur leur laisse le temps de se réconcilier…

On appréciait WTHWCB pour son aspect à la fois étrange et poétique. Dans ce volume, le premier critère disparaît complètement, laissant place à la romance. L'histoire, qui était plutôt complexe et sombre au départ, devient assez banale au final mais elle n'en reste pas moins sympathique. Cependant, l'action se passe très vite et certains passages nous paraissent confus, même artificiels dont la relation très inespérée entre Kizuna et son bienfaiteur. Ces moments ne demandent qu'à être développés mais cette gêne est le résultat d'une adaptation très difficile et pour en savoir davantage sur le passé de nos héros, Yukako Kabei nous invite à nous plonger dans l'œuvre originale.

 

Le premier tome avait tout pour plaire : un graphisme de qualité, des personnages charismatiques, un contexte intéressant et des émotions à peine dévoilées qui nous épargnent les longs passages mielleux typiquement shôjo. L'auteure parvenait tout de même à titiller notre curiosité et à nous inciter à lire la suite et c'est exactement ce qu'on a fait et sur Krinein, on a pas du tout été déçu. Malgré des petites maladresses, la finesse du dessin nous séduit toujours et on ne manque pas de féliciter les éditions Ototo pour cette belle couverture très colorée et lumineuse qui attire les gens comme des papillons ! On a passé un bon moment à lire cette petite série en trois volumes et on suivra de très près les prochaines œuvres de Rihito Takarai.

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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