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Yaiba

Servir le samouraï aux jeunes lecteurs, presque une convention au pays du Soleil Levant. Un grand paquet de maîtres mangakas en shônen est passé par cette case obligée pour atteindre le succès. Gosho Aoyama, l'auteur de Détective Conan y a fait ses armes avec Yaiba. Rien de bien nouveau, un pur divertissement bourré d'humour qui laissait présager bien mieux avant de basculer dans une intrigue des plus communes avec quelques références à l'Histoire nippone.

Yaibaba

Yaiba
Yaiba
Yaiba est un jeune garçon que son père prépare à devenir samouraï. Tous deux vivent dans la jungle du sud-est asiatique et Yaiba n'a jamais rencontré d'autres humains ou ne s'est approché du monde moderne. Gaffeur et farceur, après avoir énervé quinze gorilles d'un coup, il rentre précipitamment au Japon par inadvertance avec son père et ses deux animaux domestiques, un tigre et un faucon apprivoisés... cachés dans une caisse d'ananas ! La grande aventure ne fait que commencer...

Les débuts du manga sont complètement délirants et exposent un décalage entre la vision d'un jeune garçon qui ne connaît rien à rien excepté le combat. Amusant sans être révolutionnaire, la série prenait un parti pris comique faits d'un humour de situation des plus basiques mais avec un rythme suffisant pour arriver à tenir en haleine son lecteur. Mais patatras ! La fin du premier volume bascule dans une histoire au long cours manichéenne. Simple, efficace mais sans originalité, seules les touches d'humour viennent apporter un petit plus au shônen manga. Truffé de références en tout genre au folklore et l'histoire japonaise (Miyamoto Musashi, Fujin et Raijin, etc...), Yaiba présente un duel mettant aux prises l'apprenti samouraï face à un de ses camarades lycéens dont l'esprit a été perverti par les démons, Onimaru. Classique parmi les classiques, on reconnaît l'esprit de la fin des eighties dans l'intrigue de Aoyama. La référence à Dragon Ball paraît plus qu'évidente.

Comédie à sabre

L'auteur ne se lasse pas de planter un parcours initiatique complètement balisé, bourré de codes et de leçons moralisatrices avec des pointes d'humour plutôt réussies. S'il est le grand frère de Détective Conan dans l'esprit, Yaiba ressort les mêmes arguments et personnalités. Un héros courageux en bien plus bébête, une demoiselle plus âgée se trouvant à la confluence de la beauté et d'un fort caractère, des personnages annexes aux rôles anodins. Oui, oui, Yaiba est drôle mais seulement relativement, les gags ne volant jamais très hauts et ressassant une certaine répétitivité.

Pour le mangaka, cette première oeuvre à succès a été l'occasion de former son style et ne plus jamais s'en démarquer. Imposant sa griffe retrouvable dans ses autres oeuvres, le trait d'Aoyama disproportionné aux contours polygonaux fait un peu penser à du SD en permanence. Loin d'être le plus abouti des graphismes, il s'avère efficace et collant au genre du shônen. L'édition de Soleil assez basique ne mérite pas de plus amples commentaires.

Yaiba amusera, divertira mais ne restera pas plus profondément dans les esprits. Simple et efficace. Un résumé globalement positif pour cette oeuvre manquant d'originalité et de personnalité.

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