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Yamikagishi, le maître des clefs

Un titre tout à fait dispensable sur l'univers des monstres nippons. Et d'un serrurier maître des clefs. Quand le Passe-Partout de Fort Boyard influence le manga...

Le shogounat installé par les Tokugawa fait régner l'ordre, le peuple vit dans la paix et dans une relative prospérité. Pourtant, la part sombre du cœur des hommes ne cesse d'exciter leur cupidité : elle est la porte d'entrée idéale pour tous les démons qui, en prenant possession des humains, cherchent à passer dans leur monde. Exorciser ces démons, c'est la mission de Jônosuke, le maître des clefs. Connu pour être le meilleur serrurier d'Edo, Jônosuke use de cadenas un peu particuliers pour mettre sous les verrous les esprits malfaisants. Avec l'aide de l'envoûtante O-kin, divinatrice aux méthodes peu orthodoxes, Jônosuke va, au cours de sa chasse aux démons, rencontrer des notables de son temps, qui s'avèreront des alliés précieux lorsqu'il s'agira de faire face à un complot visant les plus hautes sphères de l'État...

Yamikagishi
Yamikagishi
Mettre les démons sous les verrous, c'est le boulot de Jônosuke. Cet honnête serrurier combat le Mal en enfermant des humains qui ont cédé à leurs démons dans des cadenas scellés par des incantations magiques. Je vois qu'à vos têtes, vous ne demeurez pas convaincu et pourtant Yamikagishi, le maître des clefs recèle bien des qualités derrière sa couverture et sa présentation sommaire. Tout d'abord, il présente avec brio l'ère des Tokugawa en décelant les enjeux politiques et les luttes de pouvoir. Cependant, le manga va plus loin en faisant d'une pierre deux coups. En se servant de ce contexte, le titre développe un côté fantastique non négligeable avec la mise en avant du bestiaire démoniaque et folklorique nippon autour de quelques intrigues distinctes mais avec comme point commun, des monstres horribles voulant boulotter de la chair fraîche. Ceux-ci ne sont en fait que des humains dévoré par leurs défauts et se transformant en de redoutables yokaï. Et bien évidemment, seul un héros comme Jônosuke peut s'en occuper.  Les principales qualités du titre sont une ambiance particulière dans le Japon du changement, entre tradition et modernité européenne relatives àl 'Histoire, détaillé par un connaisseur du théâtre kabuki, Kazuki Nakashima. Pourtant, à la différence de nombreux titres sortis jusqu'à maintenant, sur le sujet (Le Pacte des Yokaï entre autres) ce titre présente une noirceur suffisamment glauque pour représenter un seinen qu'il faut regarder à deux fois avant de jeter.

Pourtant, le bestiaire est tout de même assez faible et en deçà de ce qu'on pouvait s'attendre pour un duo d'auteurs comme celui-ci. On reste quand même interpellé par le remplissage et un découpage assez imposant que s'évertue à mettre en oeuvre Shû Akana. De même, l'auteur sert un chara design appréciable avec de belles plantes... En fait, bizarrement, seul le héros ne parvient pas à se détacher du lot avec son air neutre et sa clef immense en gage d'arme de défense.   

Yamikagishi ne constitue qu'un petit titre supplémentaire au catalogue bien fourni de Doki-Doki. Ce ne sera certainement pas celui qui attirera le plus les foules mais les amateurs de tradition et de monstres nippons pourrait y trouver un substance intéressante en attendant celui d'une série avec un bestiaire bien fourni. Berserk, par exemple ?Mais bon, quatre volumes...

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