6/10

Yonen Buzz

Quand Soleil comprend que les licences manga nippones coûtent trop chers, il se tourne vers les autres pays où les influences manga ont été reprises. Après les Etats-Unis (Warcraft), ils s'en prennent à l'Allemagne avec Gothic Sports et Yonen Buzz. Pour le second, la très jeune auteur transpose sa passion de la musique dans un Nana-like où les personnages possèdent une dégaine grunge qui n'est pas sans rappeler quelques personnages connus du monde musical. Mais si la volonté y est, le copier-coller de l'oeuvre de Ai Yazawa est parfois flagrant...

Kurt Cobain revival

Yonen Buzz
Yonen Buzz
Jun, Sayuri et Atsushi, partagent une même passion : la musique. Avec leur groupe "Prussian Blue", qu'ils ont crée au lycée, ils espèrent bien accéder au sommet du show-business. Mais les trois jeunes gens sont aussi très occupés par leurs petits boulots, leurs études et leurs amours. Quel prix sont-ils prêts à payer pour réaliser leurs rêves...

Le scénario ne se diversifie pas dans plusieurs chemins différents et inaugure un bon gros parallèle avec l'univers de Nana. Si les ressemblances prennent un tour tout de même très semblable par ses thèmes, son ambiance, le destin du groupe et - forcément - l'histoire du couple contrarié par les aléas de la profession. Mais tout n'est pas identique. Yonen Buzz prend une dimension dramatique dès les premières pages et la success story musicale ne prend pas les mêmes allures immédiatement. L'histoire du couple ne prend pas les mêmes aspects malgré ses nombreux points communs avec des personnages qui ne cessent de se remettre en question de manière plutôt plaisante. On dénote une certaine maturité dans la narration par rapport à la masse de shojô provenant d'Orient et le manga est bien construit. Mais il manque cette étincelle qui permettrait au scénario de s'enflammer...

Buzz l'éclair

En dépit de ces points positifs, Yonen Buzz s'inscrit comme un shojô des plus classiques aux rebondissements limités et aux répliques toutes aussi faibles. Le côté musical est traité avec réussite, les personnages possèdent une certaine classe lorsqu'ils embrayent leurs instruments pour décocher un titre aux paroles simplistes et pas vraiment cohérentes. L'aspect nippon de l'oeuvre est par contre occulté ou mal apprécié de la part de l'auteur allemande qui ne rend pas beaucoup justice à la réalité du lieu d'action de son oeuvre. Les autres thèmes mis en place restent relativement discrets et ne méritent pas une plus grande part d'attention pour le moment. Seul un hommage appuyé à Kurt Cobain peut apparaître mais traité de manière superificiel, il est à prendre à la légère.

Christina Plaka nous sert du shojô avec ses caractéristiques les plus communes, délivrant e beaux éphèbes tout droit sortis d'une publicité Calvin Klein. L'allure désossée du chara design et les proportions fantaisistes ne dérogent pas à la règle mais l'ensemble est plutôt de bonne facture avec un gros effort sur le cloth design. Le découpage est une qualité intéressante de la bande dessinée de l'auteur avec toutes ces cases intermédiaires en SD qui assurent le brin d'humour nécessaire pour tirer le manga vers le haut.

Yonen Buzz serait donc un « manger », la contraction de manga germanique avec des qualités probantes dans la construction de son scénario et sa valeur propre d'histoire. Oui, mais voilà, là où le bât blesse c'est surtout le manque d'originalité de l'oeuvre qui ne s'inspire ni plus ni moins que du shojô marchant le mieux à l'heure actuelle avec de très fortes ressemblances. Et il semble bien impossible que la jeune allemande ait pu occulté Nana de sa mémoire pour créer son histoire. Dans la même catégorie, l'élève ne dépasse pas le maître. Et au rythme où l'éditeur délivre sa parution, le lecteur pourrait bien aller regarder ailleurs...

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Angel

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1 commentaires

  • Anonyme

    05/10/2008 à 09h54

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    je trouve ce manga genial 'ambiance super ^^ vivement le prochain tome =)

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