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Zatoïchi - le manga

La légende de Zatoïchi, masseur aveugle nippon, a franchi les âges sans discontinuité pour atteindre un nombre incalculable d'adaptations de toutes sortes. Une des plus récentes restant le film de Takeshi Kitano. Le manga n'a pas échappé au phénomène et c'est l'auteur de Satsuma, Hiroshi Hirata, grand maître de la période des samouraïs devant l'éternel, qui s'entiche d'une nouvelle version. Ô surprise ! Les superbes planches de Satsuma ont laissé place à un tout autre style bien plus épuré et gras. Passer la surprise, la démarche apparaît claire et nette : mettre en valeur la période violente et une intrigue rocambolesque aux yeux du lecteur. Et pour le verdict, le positif prime...

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

Zatoïchi
Zatoïchi
Dans le Japon médiéval, Zatoïchi est un voyageur itinérant allant de village en village pour prodiguer ses talents de masseur. Au cours d'un de ses séjours, il va devoir faire face à un clan de yakuzas terrorisant les paysans locaux. Défendant la veuve et l'orphelin ainsi que toutes les valeurs positives, le sabreur aveugle s'impose un challenge difficile : un contre tous...

One-shot comprenant deux histoires de même intensité, Zatoïchi reprend les caractéristiques des treizième et quatorzième films de la saga du samouraï aveugle. Hirsohi Hirata donne vie au personnage en l'adaptant librement. Sans concession mais sans trop déborder du cadre non plus, le gékigaka dépeint un pays ultra violent dans lequel l'honneur ne repose que sur les épaules d'un seul homme, son héros. Zatoïchi est omniprésent tout au long du manga, expressif derrière son masque impassible. Héros malheureux car mal récompensé de ses efforts non reconnus, il apparaît comme une sorte de paria. Le duel face à ces opposants apparaît néanmoins très manichéen comme dans de nombreuses histoires du folklore nippon. Les deux scénarios sont simples, sans réelle surprise mais propose un bon éclairage sur l'époque mais de manière bien moins détaillé que Satsuma.

Blind blade

Le scénario ne constitue pas un formidable travail de recherche comme le précédent manga d'Hirata paru en France. Zatoïchi est simplement un manga d'action où les sabreurs ne se livrent qu'un assaut avant le dénouement du combat. Précisons qu'il s'agit d'un gékiga et par conséquent un manga dont le réalisme est exacerbé, pas beaucoup de place à la fantaisie historique ou humoristique. Le ton est sérieux, correspondant à l'époque, toujours troublant par rapport à la production actuelle. Au niveau du trait, la comparaison avec Satsuma est sans équivoque. Zatoïchi ne montre pas ses fabuleuses représentations où les traits de construction se multipliaient mais un dessin plus gras, fait presque d'un seul tenant, bien moins clinquant à l'oeil mais très agréable tout de même. Quelques problèmes de proportions apparaissent et les personnages de jeune garçon sont contemporains de l'époque des débuts d'Osamu Tezuka. Le découpage est des plus classiques et le remplissage minimal. Les personnages ont parfois des visages un peu tordus sinon l'ensemble est de valeur.

En fin de volume, un dossier très intéressant sur l'origine du personnage, une biographie et un interview du gékigaka ainsi qu'un exposé à propos du mythe entourant le personnage. Akata fait les choses en grand en rendant un bon travail avec une édition de grande qualité comme pour l'ensemble de sa collection L'esprit du combat. L'encrage est bon, le papier d'excellence qualité dans la même lignée que l'impression.

Zatoïchi est un bon one-shot qui permet de se faire une première idée sur le Japon médiéval mais à bien choisir, il met surtout en valeur des scènes d'action au sabre rythmés et intéressantes, se rapprochant d'un titre comme Vagabond plutôt que Satsuma dans le ton. Une curiosité à découvrir comme un divertissement brut.

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